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San Finna N°436 du 22 au 28 Octobre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

AUTOUR DE LA DECENTRALISATION BURKINABE
LE CHERCHEUR SALAM KASSEM, CONTACTE,
NOUS DONNE SON POINT DE VUE

Le Chercheur (en sciences politiques) Salam Kassem a accepté de répondre à nos interrogations autour de la décentralisation telle qu’elle se pratique au Faso. Lisez plutôt.

«La décentralisation, tout comme la déconcentration est un mode d’administration d’un Etat unitaire comme le Burkina, on peut la définir comme le mode d’administration qui consiste à confier à des entités locales le pouvoir de s’auto administrer et les responsables de ces entités sont élus par les populations à la base. Et le Burkina Faso a consacré dans la Constitution de la 4ème République, cette modalité de gouvernance.

Dans la pratique, la décentralisation peut être fonctionnelle. Dans cette hypothèse, l’Etat cède à un établissement public la gestion d’un service public. C’est le cas par exemple de l’Université de Ouagadougou. Ainsi, les autorités universitaires administrent-elles librement les ressources qu’on leur octroie, à charge de rendre compte à leur autorité de tutelle.

Elle peut également être territoriale. C’est le cas notamment des communes urbaines et rurales. Depuis les élections municipales, on est passé au Burkina, à une décentralisation intégrale. On a ajouté aux 49 communes qui existaient, 302 communes rurales.

Pour ce qui concerne les critères, il faut que les autorités de ces localités soient élues à la base par les populations, dans le strict respect des conditions d’intégrité et de transparence des élections. A ce sujet, aux dernières municipales, il y a eu des problèmes dans des communes, notamment celle de Pô où il était question de fraudes.

Un deuxième critère important est que le code des collectivités locales en son article 5 dit que la décentralisation doit être progressive et doit respecte le principe de subsidiarité. L’aspect progressif et subsidiaire sous tend que l’Etat doit céder les compétences d’auto administration aux collectivités au fur et à mesure que celles-ci sont aptes à gérer telle ou telle compétence.

Aujourd’hui au Burkina Faso, 11 compétences ont été transmises aux collectivités. Ce sont entre autres : la gestion de l’éducation préscolaire, l’éducation de base, la gestion du terroir, l’aménagement du territoire, la gestion de l’eau, de l’électricité… Mais à l’évidence, les communes ne sont pas en mesure de tout gérer. Ainsi, la gestion de l’eau et de l’électricité dans la mesure où il s’agit de domaines gérés par des sociétés d’Etat.

En ce qui concerne l’éducation qui est de compétence également transférée, il y a la question de la mise à disposition du personnel et des ressources.

En outre, quand on sait qu’à l’origine, c’est l’Etat qui gérait toutes les questions relatives au développement, avec la décentralisation, l’Etat n’aura plus qu’à superviser l’administration des collectivités locales. C’est ça la subsidiarité.

Aujourd’hui, la décentralisation burkinabé pèche du point de vue du transfert des ressources et de la compétence. Les maires sont soit analphabètes, soit loin des collectivités qu’ils dirigent. Ce qui fait que souvent, les populations ou les autorités locales pensent que la décentralisation est une technique que l’Etat utilise pour se décharger ».

Propos recuellis par Swonty Koné






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