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OPTIQUE AU BURKINA FASO
POLEMIQUE AUTOUR D’UNE CIRCULAIRE DE LA SONAR

Tout est parti d’informations régulières que nous avons reçues à notre Rédaction et de praticiens de l’optique qui relatent qu’une Circulaire du 24 Juillet 2007 émanant de la Direction de la Société Nationale d’Assurance et de Réassurance (SONAR) obligerait tous les bénéficiaires d’une couverture santé Sonar à se présenter à Optic Alizé pour l’achat de verres correcteurs. San Finna a cherché à en savoir plus sur cette grogne.

Après quelques informations ça et là recueillies, et une visite chez quelques opticiens de la place, nous sommes allés à la source, c’est-à-dire à la SONAR où nous avons été accueillis convenablement et reçu des explications sur cet état de faits.

Mais commençons par les plaignants. A Optical Design où nous nous sommes rendus, nous avons rencontré Monsieur Traoré Yacouba qui n’est pas passé par quatre chemins pour nous dire ce qui suit : « Par rapport à ce que je sais, je ne suis pas du tout d’accord avec ce que fait la SONAR. Ce genre de faits, nous devons les combattre avec la dernière énergie ». Il dira par ailleurs -comme d’autres opticiens de la place- que cette pratique est un frein au développement de l’optique au Faso :

Yacouba TRAORE lisant la Circulaire de la SONAR

« L’optique est universelle et tout le monde est libre de faire appel à l’opticien qu’il veut », dira en substance Monsieur Traoré.

A la question de savoir si la lunetterie a été victime de la décision, monsieur Traoré nous dira ceci : « Je peux affirmer en tout cas qu’il y a un certain nombre de clients qui venaient et que je ne vois plus, et même quelques messieurs de la SONAR. Je peux comprendre alors que cette note-là a fait ses effets ».

Poursuivant, il dira que les opticiens devaient s’organiser sur le terrain pour contrer cette situation : « On dit que l’union fait la force et depuis nous sommes en train de nous organiser pour avoir un bureau digne de ce nom afin de pouvoir défendre correctement la cause des opticiens ».

Monsieur Traoré sera prolixe sur la question qui visiblement lui reste en travers de la gorge, et c’est peu dire.

A Nova Optique, Mahamoudou Sanogo nous dira que « si toutes les sociétés doivent agir comme ça et qu’un seul individu s’empare de cela, ça peut être grave pour la survie de l’optique au Burkina ». Il se demandera pourquoi la SONAR n’a pas mis en concurrence les autres sociétés d’optique afin de comparer les prix avant de sortir sa circulaire.

Mais revenons du côté de la SONAR, l’accusée. Là, nous avons été reçu par le directeur de la production et par celui chargé des Assurances Santé. De notre entretien, il est ressorti que la SONAR n’a jamais enregistré une plainte liée à cette note circulaire. C’est, nous diront-ils, juste un « plus » que nous faisons à nos clients qui, au niveau d’Optic Alizé » auront droit :

- A l’entretien et le nettoyage des verres gratuitement
- A une garantie de 12 mois avec franchise sur les casses de 50 % à compter de la livraison.

Comme il y en a qui soutienne que cette pratique fait une publicité gratuite à une boîte et fausse la concurrence, nous avons demandé si elle était légale. Réponse : Nous « Nous travaillons en réseau et c’est aussi pour une question de maîtrise des coûts ». Ils rajouteront : « C’est aussi ça la loi du marché ». Ils diront « nous sommes des économistes ».

Mais en plus de ce qui précède, ils diront que la note circulaire n’oblige pas les clients de la SONAR à prendre la direction de telle ou telle autre boutique. « Ils (NDLR : les clients) sont libres d’accepter ou de ne pas accepter ».
En substance, ils ajouteront qu’à cause du contrat avec les clients, même si ces derniers ne vont pas là où elle l’indique, la SONAR est obligée de rembourser.
Cela suffira-t-il à rassurer les opticiens de la place dont la crainte est qu’un individu ait le monopole dans ce domaine ? Certains diront que les craintes sont apaisées avec cette explication verbale de la SONAR ; d’autres rétorqueront qu’il faudrait matérialiser à tout le moins cette explication (par une nouvelle note ou par un communiqué) afin d’éviter les méprises et le sentiment chez les clients qu’ils sont obligés d’aller uniquement à Optic Alizé.

La fausse note rencontrée dans nos démarches pour avoir un peu de lumière dans cette affaire vient d’une personne (qui se reconnaîtra parce que, qui se sent morveux, se mouche) que nous avons essayée de contacter pour les besoins de la cause et pour un souci d’équilibre dans l’information. Après une brève communication téléphonique, cette dame puisqu’il s’agit d’une femme (suivez notre regard) nous rappellera et tiendra en substance ces propos : « C’est vous qui paraissez tous les dimanches et qui écrivez du n’importe quoi sur les gens-là ? Je ne veux pas voir mon nom à quelque part ! J’espère que je me fais comprendre. Ce n’est pas des menaces mais je vous préviens ».

Sot comportement, dirions-nous. Entre personnes majeures, il ne faut pas se croire tout permis parce qu’on est du sexe faible ou qu’on a les bras longs. Nous n’avons fait qu’essayer de savoir, et poliment, ce qui se passait dans le milieu, sans plus.

Et si demain d’ailleurs, les craintes des opticiens étaient apaisées par des éclaircissements et des mesures sans équivoque, nous n’aurions pas soulevé le lièvre pour rien ! Alors Madame, qui vous comportez comme si vos confrères opticiens avaient raison, vous auriez dû courageusement vous exprimer au lieu de donner l’impression que vous avez quelque chose à cacher. En tout cas, nous n’allons pas prononcer votre nom parce que nous ne voulons pas jeter de l’huile sur le feu mais si vous voulez nous montrer que vous êtes puissante, nous sommes là. Ce n’est pas une menace mais nous ne fuirons pas le débat, nous.


Bala Sibiri






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