IL
ETAIT UNE FOIS, LA TENUE DE DEUX « 7ème
FORUM» SUR LA GOUVERNANCE AU BURKINA FASO
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du PNUD |
Imitant
la fable, on peut dire qu’il était
une fois, deux réunions qui se tenaient
au Burkina Faso. La première, le 7ème
Forum sur la gouvernance en Afrique, était
pilotée par le PNUD et se tenait dans
les salons feutrés de Ouaga 2000, sur
le thème «Renforcer les capacités
de l’Etat en Afrique ». La seconde,
le 7ème Forum de communication alternative
(FOCAL) était pilotée |
par l’Union Nationale pour la Démocratie
et le Développement (UNDD) et se tenait à
Kombissiri dans le modeste Secteur 3 de la ville,
sur le thème : « Septième Forum
africain sur la gouvernance : un échec programmé
dont la responsabilité est partagée
entre les partenaires et les Etats ».
La 1ère manifestation a réuni le gotha
international, bénéficiant de la participation
de Paul Kagame, Président du Rwanda et du 1er
lauréat du Prix Mo Ibrahim, Joachim Chissano,
et on en a parlé en long et en large dans les
médias nationaux et internationaux. Seulement,
les peuples du Burkina Faso et de toute l’Afrique
ont vaqué normalement à leurs occupations,
ignorant que dans ce lieu, on parlait de son destin.
La seconde n’a pas drainé de personnalités
prestigieuses, seulement quelques responsables et
militants du parti et le bas peuple. On n’en
a pas beaucoup parlé sauf dans quelques organes
nationaux, mais ce qui s’y est dit correspond
à l’attente de la majorité des
peuples d’Afrique.
Après le résumé de la manifestation
de Ouaga 2000 qui a duré 3 jours, vous lirez
un résumé des échanges que l’UNDD
a eus à Kombissiri sur la gouvernance.
FORUM A OUAGA 2000
Le
7è Forum africain sur la gouvernance s’est
bel et bien tenu dans la Salle de Banquets de Ouaga
2000, présidé par les deux Chefs d'Etat,
Blaise Compaoré du Burkina Faso et Paul Kagame
du Rwanda. Les invités provenant d’une
trentaine de pays ont participé aux travaux
avec évidemment des « forumistes »
burkinabé.
Ce fut l’occasion de faire l’état
des lieux de la bonne gouvernance. Là-dessus,
l’unanimité s’est faite sur la
difficulté persistante que rencontrent les
Etats à faire face à leur développement
économique, politique et social. Ces difficultés,
les pays les traînent comme un boulet depuis
les années 60. Les causes tiennent à
plusieurs facteurs : la faiblesse des capacités
institutionnelles et humaines des pays africains.
Que faire pour que les choses bougent enfin ?
Sur cette question, le consensus s’est fait
autour des actions à mener telles que le renforcement
du processus d’institutionnalisation et l’accroissement
de l’ investissement dans les capacités
humaines. C’est cela qui permettra de remettre
à niveau le fonctionnement du secteur public,
d’affirmer la légitimité de l’Etat
et de favoriser le développement des capacités
de leadership. Mais les actions à entreprendre
ne doivent pas concerner uniquement le domaine central.
Au niveau local, on doit poursuivre le même
objectif à travers la décentralisation.
Toutes ces actions devant être suivies d’une
politique de genre efficace.
Augmenter les capacités de l’Etat, c’est
le rendre en mesure, selon les « forumistes
», de travailler à l’amélioration
des processus et systèmes électoraux,
du système judiciaire et de l’Etat de
droit respectueux des prérogatives de l’organe
judiciaire.
C’est là, la synthèse des travaux
de ce 7ème Forum.
FORUM
A KOMBISSIRI
A
Kombissiri, l’UNDD a aussi tenu la 7ème
édition de son Forum de communication alternative
(FOCAL), au Secteur 3 de Kombissiri le 23 octobre
2007.
Le constat qui a été fait, c’est
« que la bonne gouvernance n’est pas au
rendez-vous en Afrique » malgré toutes
ses richesses. Et si c’est ainsi, diront les
«forumistes », c’est parce que «
les pouvoirs en Afrique optent pour la démocratie
de forme et pratiquent avec plus ou moins de subtilité,
l’oppression ».
Les membres présents ont expliqué par
exemple qu’au Faso, « tout est dans
les mains du pouvoir qui fait ce qu’il veut,
nomme ses préférés comme députés,
donne des marchés à qui il veut, juge
ceux qu’il n’aime pas et laisse les autres
tranquilles ».
Il est ressorti des discussions que si les pays riches
insistent sur cette notion de bonne gouvernance, c’est
parce qu’il y a des phénomènes
globaux qui sont là et qui risquent de les
toucher, dans leur tranquillité de riches.
Donc, ils veulent que les choses s’améliorent,
surtout pour ne pas être envahis par les hordes
d’Africains.
Pour les membres de l’UNDD réunis à
Kombissiri, c’est simple : pour qu’il
y ait bonne gouvernance : il faut avant toute chose
une démocratie vraie où on laisse les
gens libres de voter qui ils veulent, où on
ne les achète pas. La Commission électorale
doit être une vraie structure indépendante,
la Radio, la télévision ne doivent pas
être seulement là pour les gens du pouvoir,
l’Etat doit promouvoir la croissance équilibrée
de tous les Burkinabé et pas seulement de ceux
qui sont du clan au pouvoir, à Ouaga 2000 ou
dans les cités de l’impunité.
Les participants diront aussi qu’il faut faire
preuve de meilleure gestion car les dépenses
ne sont pas toujours justifiées. Il faut prendre
l’habitude de dire avec quoi on fait des actions,
des manifestations, et ils diront justement qu’il
y a trois exemples tout récents qui montrent
qu’on n’en est pas là au pays des
hommes intègres. Les voici tels que repris
par le parti :
« - Quand le pouvoir organisait ses 20 ans de
renaissance démocratique, un journaliste a
voulu savoir le montant du budget et on a damé
sur lui.
- L’autre fois, à Ouaga 2000, Issa K.
Barry de l’Observateur Paalga a expliqué
que les journalistes ont voulu savoir le budget du
7ème forum africain et qu’ils sont restés
sur leur faim. Le coordonnateur du forum refusera
de dévoiler le budget du forum en disant :
« Je n’ai pas l’habitude de donner
des chiffres » .
- Troisième exemple : c’est le cas de
cette route Koudougou/Dédougou qui fait tant
parler. Le Père blanc Jacques Lacour était
tellement outré de ces travaux mal faits et
financés à grands frais par l’extérieur
qu’il dira toute son aigreur sur la façon
dont le pays est géré, dans Le Pays
du 23 Octobre 2007 : ‘Certains voudraient nous
faire croire que nous célébrons ces
jours-ci 20 ans de renaissance démocratique
! Eh bien moi, je dis non ! S’il en est ainsi,
nous célébrons ces jours-ci 20 ans d’accaparement
de l’Etat et des ressources nationales par un
groupe semi-mafieux qui ne pense qu’à
son enrichissement personnel et qui gère le
pays au profit d’une minorité’
».
Les participants ont dit aussi qu’il faut reconnaître
que le NEPAD ne marche pas comme le Mécanisme
d’évaluation par les pairs.
Le parti réuni en conclave à Kombissiri
a conclu « qu’il faut dire la vérité
d’abord, accepter de sanctionner les pays qui
ne font pas la vraie démocratie, ceux qui refusent
l’alternance démocratique et qui pratiquent
l’impunité ». Mais le parti de
la panthère s’est montré plutôt
sceptique sur les possibilités de changement
car même pour les partenaires, il est difficile
de résister aux égoïsmes, aux intérêts
particuliers, aux « faiblesses et appétits
divers pour agir ici et maintenant ».
CY