San
Finna N°437 du
29 Octobre au 04 Novembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
QUETE
D’INFORMATIONS DETAILLEES SUR LES INONDATIONS
C’EST LA CROIX ET LA BANNIERE !
Les
pluies diluviennes qui se sont abattues sur l’Afrique
n’ont pas épargné le Burkina Faso,
loin de là. Les chiffres à cet égard,
sont on ne peut plus impressionnants : 92.794 sinistrés,
8968 maisons détruites, 17.000 hectares de
cultures inondées, 2344 greniers de vivres
emportés, 50 décès et plus d’une
centaine de blessés. Ce bilan, qui n’est
pas encore exhaustif, a été enregistré
dans 12 régions de notre pays. Dans ce lot
des sinistrés, il faut noter que des 16.995
ménages concernés, près de 50
% vivent dans une situation d’extrême
vulnérabilité.
Les dernières
données datent du 22 octobre passé et
celles-ci, nous les avons obtenues après des
jours de galère, des heures et des heures à
faire le pied de grue au Ministère de l’Action
sociale et de la solidarité nationale qu’occupe
à son plus haut niveau Mme Pascaline Tamini
et au Conseil national de secours d’urgence
et de réhabilitation (CONASUR). Si nous n’avons
pas pu rencontrer Mme Tamini jeudi dernier (qui était
en partance pour l’Espagne), le directeur de
la communication du MASSN nous a tout de même
promis que ce n’était que partie remise.
Mais
par contre, pour dire vrai, au CONASUR, où
les choses concrètes se passeraient,
nous avons vu, chose curieuse, les portes se
fermer à notre nez.
Les voies du CONASUR sont impénétrables,
dirions-nous, puisque plus d’un mois de
va et vient ne nous aura donc pas permis d’avoir
le moindre des responsables au niveau de ce
département pour répondre à
nos questions, le Secrétaire permanent
que nous avons essayé de contacter
Logo
du CONASUR
trois
fois de suite, est resté silencieux, sauf à
avancer cet argument incongru qu’il s’agit
d’une question politique et qu’il n’y
a que la ministre qui puisse être habilitée
à répondre.
Le Secrétaire permanent nous fait donc comprendre
qu’au Burkina Faso, quand il s’agit de
choses publiques, il n’y a qu’une trentaine
de personnes (les ministres) qui peuvent parler. Nous
en prenons acte mais pensons que sur un sujet aussi
important que les conditions de vie de près
de 100.000 personnes sinistrées, les langues
pourraient facilement se délier. Pourquoi la
seule Ministre ? N’est-ce pas le CONASUR qui
s’occupe des dossiers des sinistrés ou
est-ce la ministre seule ? Ne sommes-nous pas dans
un Etat de droit démocratique où l’information
sur le fonctionnement des services publics est en
principe un droit pour le citoyen ?
En tout cas, « tintin » pour nous car
nous ferons notre deuil des informations fouillées
que nous désirions sur l’état
des sinistrés et sur les différentes
aides apportées à ces derniers. Si c’est
uniquement ces aspects que notre monsieur craint d’évoquer
avec nous, c’est qu’il y a peut-être
anguille sous roche.
Autre aspect : en tout lieu, on reproche souvent aux
journalistes de ne pas aller à la source pour
avoir la vraie information, d’écrire
à tort et à travers, de manquer de professionnalisme.
Mais la preuve est apportée là qu’on
refuse de nous recevoir et de répondre aux
questions qui intéresseraient fort notre lectorat.
En tout cas, le directeur de la presse ministérielle
que nous avons rencontré nous aura, au moins
pour sa part, montré une certaine disponibilité,
ce dont nous le remercions ici.
Ainsi donc, il éclairera notre lanterne par
les éléments suivants.
Concernant par exemple l’occupation de certaines
écoles pour l’hébergement des
sinistrés, il nous a assuré que les
différentes écoles ont eu une rentrée
sans problèmes du fait que certains sinistrés
ont été hébergés dans
des familles et d’autres dans des tentes appropriées.
30 % de nos sinistrés auront besoin d’une
assistance jusqu’à la prochaine récolte.
Pour une éventuelle reconstruction des maisons
des sinistrés, le Directeur de la presse ministérielle
répondra que madame la Ministre aurait assuré
qu’il sera élaboré un programme
de secours et de réhabilitation. Voilà
qui viendra peut être aider certaines personnes
à retrouver un goût à la vie !
Mais
des questions, nous nous en posons toujours cependant,
en accord avec l’opinion, et nous espérons
que si chose promise est chose due, madame la Ministre
y répondra. Ces questions sont notamment les
suivantes.
Comment se fait-il qu’on soit passé en
un tour de main, de 40.000 sinistrés à
près de 100.000 ?
Les écoles ont-elles vraiment été
toutes libérées quand notre confère
du quotidien Le Pays a rapporté dans son édition
du 26 octobre dernier, que ce n’est pas le cas.
Il faudrait donc que le ministère confirme
la nouvelle qu’il nous a donnée car elle
est importante.
Les sinistrés ont-ils réellement suffisamment
à manger ? Sont-ils totalement pris en charge
au niveau de l’habillement, des soins de santé
et leurs enfants sont-ils tous scolarisés gratuitement
?
Les sinistrés seront-ils autorisés à
reconstruire dans les bas-fonds ? Quelle forme prendra
cette aide promise par le Ministère pour la
reconstruction ?
Les dégâts matériels ont été
chiffrés et si oui, à combien s’élèvent-ils
?
Un autre point important puisque c’est le nœud
de la guerre, pourrait-on dire : quid des aides et
dons apportés par tous ou promis pour ces sinistrés
? Peut-on nous en faire un état et surtout
connaître le dispatching ? On a tous noté
les nombreux gestes effectués et les promesses
d’aide ; pour cela, il suffit de lire les journaux
chaque jour pour voir que la solidarité n’a
pas fait défaut !