Mise à jour le 28/10/2007
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San Finna N°437 du 29 Octobre au 04 Novembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Au courant de la plume

L’ACCORD DE OUAGADOUGOU
UN CONSENSUS DYNAMIQUE QUE MEPRISE L’ONU ?

Quand la crise ivoirienne battait son plein, l’empêcheur de tourner en rond pour ne pas dire plus, c’était Laurent Gbagbo soutenu par le FPI. Lui et son camp étaient les xénophobes, les « Ivoiritaires », les autocrates assoiffés de sang venus pour pomper les richesses de leur pays et plonger la sous région dans l’instabilité la plus totale. Ils avaient contre eux la plupart des Etats, des organisations internationales (CEDEAO, Union Africaine, Organisation Internationale de la Francophonie, Union Européenne, Nations Unies).

On leur imputait l’échec de tous les accords conclus à l’étranger parce qu’ils freinaient des quatre fers pour ne pas aller à des élections qu’ils savaient perdues d’avance.

Et puis les choses ont changé du tout au tout avec le déclic du dialogue direct qui a produit l’Accord de Ouagadougou. Comme le vent du bannissement de Laurent Gbagbo s’était levé, il est tombé. Aujourd’hui, il y a un consensus incontestable autour de l’Accord de Ouagadougou. Par la vertu de cet acte, on voit des ententes se réaliser entre des adversaires les plus irréductibles, les plus divers, entre Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré, entre Forces Nouvelles et Loyalistes, entre opposition institutionnelle ivoirienne et pouvoir.

Le 28 Octobre prochain, une grande rencontre symbole aura lieu à Abidjan ; elle réunira autour de Laurent Gbagbo, les Burkinabé dans toute leur diversité, qui viennent lui exprimer leur soutien à l’Accord de Ouagadougou quand on sait que les refondateurs ont été accusés d’avoir déclenché la crise en mettant notamment en œuvre une espèce de nettoyage ethnique à l’encontre des Burkinabé. Aujourd’hui, ce sont les Burkinabé et les Ivoiriens, hier encore en querelle, qui se donnent la main, qui expriment leur commune adhésion à l’Accord de Ouagadougou. N’est-ce pas alors l’armistice par excellence ?

Ce consensus est également remarqué au niveau des institutions internationales africaines. La CEDEAO et l’Union Africaine n’ont pas fait qu’endosser l’Accord de Ouagadougou, elles ont pris acte des avancées qui en ont été la conséquence pour demander la levée immédiate des sanctions individuelles frappant des acteurs de la crise ivoirienne et l’autorisation pour la Côte d’Ivoire d’importer des armements légers nécessaires au maintien de l’ordre et de la sécurité publique (Fraternité Matin, dans son édition du 26 Octobre 2007). Que de chemin parcouru, n’est-ce pas ?

Mais alors qu’on devrait se confondre en encouragement, en soutiens de toutes sortes aux frères ennemis qui se sont réconciliés, et que pour cela les Nations Unies devraient être les plus empressées, voilà qu’elles nous offrent l’image surprenante de bouder le processus. Incroyable !

Faut-il croire qu’effectivement, le Conseil de Sécurité n’est pas satisfait que les protagonistes aient marché sur ses platebandes pour enclencher le processus de la pacification à sa place ? Déjà, la rumeur se répand, corroborant les accusations depuis longtemps portées contre lui de vouloir mettre la Côte d’Ivoire sous coupe réglée pour satisfaire aux besoins de certains puissants qui gouvernent le monde. Il ne lui reste plus qu’à se ressaisir. A défaut d’avoir pu faire avancer par lui-même les choses, que l’organisation des Nations Unies fasse la partie du boulot qui lui incombe et que relevait fort à propos en ces termes, le représentant spécial du facilitateur Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire, Boureima Badini : «Je pense qu’il que faut les Nations unies puissent effectivement aider les acteurs de cet accord (Accord politique de Ouagadougou. Ndlr) à pouvoir le mettre en application, par les conseils et essentiellement par la mise en place de logistiques et aussi des moyens ; parce que vous savez très bien que l’exécution de ce genre d’accord exige beaucoup de moyens. Nous attendons donc que les Nations unies donnent les moyens nécessaires pour que la Côte d’Ivoire puisse mettre en application cet accord-là» (Fraternité Matin du 25/10/07).

Il faut espérer qu’il ne s’est agi ici que d’une posture pour booster encore plus les efforts en vue de sortir définitivement de la crise. Pour autant, la CEDEAO et l’Union Africaine devraient réitérer leurs demandes parce que la position isolée du Conseil de Sécurité est tout à fait anachronique, n’est pas seulement indélicate vis-à-vis du peuple ivoirien, de ses autorités, du facilitateur mais aussi de ces organisations internationales africaines.

La Rédaction






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