| L’ARRESTATION
DE MOUSSA KAKA EST SANS BASE LEGALE
Pour arrêter quelqu’un et le jeter en
prison comme on l’a fait de Moussa Kaka, il
faut en premier lieu qu’existe une loi qui
punisse un fait et que celui qu’on arrête
ait enfreint cette loi. Dans le cas de Moussa Kaka,
on a beau fouiller, refouiller, on ne voit pas (même
s’il existe une loi qui réprime les
faits qui lui sont reprochés) une quelconque
trace qui montre que ce journaliste s’est
rendu effectivement coupable du crime de complicité
de complot contre l'autorité de l'Etat qu’on
lui reproche et pour lequel il encourt rien moins
que 30 ans de prison. Si, comme on le laisse entendre,
il avait été pris la main dans le
sac, c’est immédiatement qu’on
l’aurait jugé, et depuis longtemps,
l’affaire aurait révélé
ses dessous cachés et tout le monde serait
en mesure d’apprécier si oui ou non,
il était fautif. Mais on n’en a rien
fait alors qu’on sait que le régime
nigérien, habituellement ne s’embarrasse
pas de procédure et de tralala, surtout lorsqu’il
a raison. On a préféré adopter
la longue voie de l’instruction. Pour gagner
du temps mais aussi pour fouiller et trouver quelque
chose à lui mettre sur le dos. C’est
le constat auquel on est arrivé après
un mois d’incarcération. En effet,
depuis que Moussa Kaka est sous main de justice,
il a pu constituer un avocat qui a eu accès
à la procédure. Eh bien, ce dernier
le dit haut et fort : il n’y a aucun élément
à charge crédible dans le dossier,
à l’encontre de son client. Celui-ci
n’a fait que son travail. Un journaliste,
un vrai de vrai, va à la source, au contact
avec les acteurs ; il lui arrive même d’essuyer
le feu avec eux, et d’y perdre la vie. «
La chronique du jour », via Jérôme
Carlos, l’a bien expliqué : «
L’arrestation et le maintien en prison de
Moussa Kaka sont ainsi à mettre sur le compte
d’un coup de colère, d’une subite
décharge d’adrénaline face à
des actes professionnels d’un journaliste
à la quête de la vérité
et qui, respectueux du droit du public de s’informer
et d’être informé, se trouve
dans l’obligation éthique et déontologique
de ne négliger aucune source, d’explorer
toutes les pistes, de dîner, s’il le
faut, avec le diable ». Moussa Kaka n’a
rien fait de plus que de converser avec les Touarègues
nigériens, de les enregistrer, d’essayer
de comprendre leurs revendications pour en faire
une relation fidèle à RFI. Voilà
le seul péché qu’il a commis.
Et la bonne preuve qu’il n’y a que cela,
c’est que le pouvoir se garde bien de montrer
ce qu’il a sous la main, de convaincant. Des
bandes magnétiques incriminant le journaliste
vont être présentées à
la justice, avait assuré lundi 1er octobre
à Paris le ministre nigérien de la
Communication, Mohamed Ben Omar. Depuis, c’est
silence radio. Ca veut dire ce que ça veut
dire. Ce silence ne s’explique pas par la
connaissance que le pouvoir a de l’illégalité
des moyens utilisés pour obtenir ces preuves
ainsi que le soulignait le conseil du journaliste
; c’est certainement aussi parce que ces bandes
magnétiques sont loin d’être
probantes. Alors que la protestation augmente dans
le monde entier, que les condamnations contre cette
arrestation arbitraire viennent de tous les niveaux
(médiatique, diplomatique..), Niamey devrait
comprendre au plus vite qu’il a fait fausse
route et que d’y persister porte atteinte
non seulement à l’image du pays mais
aussi à celle de l’Afrique.
TOMI.
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MOUSSA
KAKA, JOURNALISTE DE RFI, N’A PAS ETE MIS
AU FRAIS POUR RIEN !
Pour
avancer que Moussa Kaka, le patron de Radio Saraouiniya
et correspondant de RFI, a été injustement
écroué, on tente de salir à
fond l’image du Niger. On a déjà
vu ça avec la Côte d’Ivoire.
Il se trouve que le Niger n’est pas seulement
un pays où la liberté de presse existe,
c’est aussi un pays qui se distingue par le
respect et la pratique des libertés démocratiques,
le respect de la séparation des pouvoirs.
Combien sont-ils ces pays africains où on
voit actionner, et avec succès, des motions
de censure, où les droits de l’opposition
sont respectés au point qu’elle soit
dotée d’un cadre avec un chef de file
reconnu, où les contre-pouvoirs tant publics
que de l’opposition et de la société
civile sont aussi opérationnels ? Pas beaucoup,
à la vérité. Même dans
les pays comme le Bénin ou l’Afrique
du Sud qui sont des exemples, la démocratie
n’est pas aussi dynamique et vivante qu’au
Niger. Voilà pourquoi on peine à salir
l’image de ce pays qui se distingue comme
une autre Côte d’Ivoire par son souci
de dignité et d’indépendance.
On ne peut pas non plus confondre les dirigeants
nigériens par rapport à la culpabilité
de Moussa Kaka parce que celui-ci n’a pas
été arrêté pour rien.
De cela, les autorités sont sûres,
et une grande partie de l’opinion (qui ne
s’empresse pas du reste pour répondre
aux appels à manifestations lancées
ici et là). Même au niveau de l’opposition,
on ne sent pas beaucoup de gens se bousculer pour
battre le macadam : c’est qu’il y a
quelque chose. Il n’est jusqu’à
ces journalistes comme Abdoulaye Tiémogoh
du « Canard déchaîné »,
qui ne déclarent que le pouvoir nigérien
est dans son bon droit par rapport à l’affaire
Moussa Kaka, affirmant à Agnan Kayorgo de
l’Observateur Paalga, ceci : « Aujourd’hui,
si Moussa Kaka est en prison ce n’est pas
dans le cadre de son métier de journaliste.
Si c’était pour cela, nous allions
tous compatir et essayer de déployer des
efforts pour qu’il soit libre ». Il
s’interroge en effet : «Comment comprendre,
à l’heure où il y a une situation
dans le Nord du Niger, qui touche à l’intégrité
du pays et qui mobilise l’armée, qu’un
journaliste arrive à vendre des informations
à l’ennemi » ?. Pour Tiémogoh,
c’est clair : Moussa Kaka «n’a
jamais caché sa connivence avec les mouvements
rebelles et aujourd’hui avec les bandits armés.
Il l’a fait avant 95, tout le monde le savait».
Et bien d’autres éléments concourent
à donner du corps à sa conviction,
souligne par ailleurs le patron du « Canard
déchaîné » qui agite les
instrumentalisations dans cette révolte touarègue.
En effet, que la Libye, qui a tenté d’occuper
dans le passé, la bande d’Aozou au
Tchad ait des visées sur le Nord nigérien
(et que pour cela, elle active des Touarègues),
il n’y a vraiment pas de quoi étonner,
surtout dirions-nous lorsque par la voix de ses
autorités, ses prétentions sur le
Nord ont déjà été exprimées
officiellement ; que des Nigériens touarègues
soient tentés par l’aventure ne peut
non plus surprendre puisqu’il y a des précédents
avec ces Nigériens qui ont pu, par ce canal,
se faire des fortunes ; que d’autre part,
des soupçons pèsent sur AREVA, qui
s’en étonnera ? Alors, toute cette
campagne menée tambour battant en faveur
du journaliste ne vise qu’à faire pression
sur la justice nigérienne. Aucune justice
digne de ce nom au monde n’accepte de fonder
ses décisions sur des pressions et chantages
d’où qu’ils viennent.
TOZI.
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