San
Finna N°438 du
05 au 11 Novembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
REGLEMENT
ENDOGENE DU CONFLIT IVOIRIEN
L’ORIGINALITE ET L’EXEMPLARITE SE MESURENT
AUSSI AU PLAN MILITAIRE
Quand
on parle du processus de règlement du conflit ivoirien
et qu’on le cite en exemple de prise en charge prometteuse
par les Africains du règlement de leurs conflits,
on aborde généralement la question sous
l’angle politique. Ici, c’est la nomination
de Guillaume Soro comme premier Ministre qui est relevée
; là c’est le symbole de la Flamme de la
paix de Bouaké qui est pointée ; ailleurs,
c’est la circulation des partis politiques sur toute
l’étendue du territoire et le redéploiement
des préfets sur l’ensemble du territoire
national qui sont affichés, etc. Mais il y a un
côté qui n’est pas pris en compte ou
lorsqu’il l’est, qui est minimisé voire
même traité de façon négative
: c’est le côté militaire. Il y a pourtant
beaucoup à dire à ce sujet qui participe
de la dynamique endogène encourageante en cours.
Dans le cas ivoirien en effet, il faut relever que les
Nations Unies, quasiment déchargées du dossier,
n’ont pas été à l’origine
des mécanismes mis en place pour activer la sortie
de crise, notamment dans ses aspects militaires.
Il
faut rappeler que ce sont les Ivoiriens eux-mêmes,
les protagonistes directs de la crise qui en ont
arrêté les principes qu’ils ont
formalisés dans l’Accord de Ouagadougou.
De là, sont issues des structures comme de
nouveaux comportements qui, incontestablement, au-delà
des symboles, marquent des avancées dans
la reconstitution de l’entièreté
du territoire national.
Ce sont entre autres des instruments comme le Centre de
commandement intégré (CCI), le Service civique.
Ce sont aussi les activités entreprises en commun
par les deux armées, les gestes de fraternisation
continus, qui dissipent l’agressivité et
forgent la confiance entre les frères d’armes.
Il y a ici à relever une particularité dans
la démarche : elle se défie des précipitations,
des réunifications sur papier sans le travail psychologique
formateur de bases qui scellent des réunifications
solides de corps militaires qui se sont déchirés.
C’est rationnel et c’est porteur de moins
de risques de recul comme malheureusement, on peut le
constater dans le cas congolais où l’on a
mené les choses au pas de charge pour souvent revenir
à la case Départ.
Avec les formations dispensées aux éléments
des Forces Nouvelles selon les critères convenus
dans l’armée nationale, avec le consensus
qui se fait jour au niveau de l’épineuse
question des grades (voir déclaration itérative
de Wattao, de Sidiki Konaté…), avec la participation
commune des deux forces à des activités
tant au Nord qu’au Sud, à l’Est et
à l’Ouest, il y a là un processus
de retrouvailles, de réunification par le mental
qui est de nature à mieux garantir la réunification
physique par la fusion des deux armées. De cela,
il faut aussi parler car ça participe de l’originalité
et de l’exemplarité du processus endogène
de règlement du conflit ivoirien.