ACHARNEMENT
SUR LA COMPAGNE
DU CAPITAINE OUALI LUTHER DIAPAGRI ?
Dans
la dernière parution de notre confrère
« L’Evènement », la journaliste
Ramata Soré rapportait les difficultés
auxquelles est confrontée la compagne du Capitaine
Ouali Luther depuis l’évasion de ce dernier
de la Maison d’Arrêt et de Correction
de Ouagadougou. L’article intitulé :
« A défaut de Ouali, on s’en prend
à sa compagne » rapporte que : «La
compagne du Capitaine Ouali, dans la journée
du mardi 16 Octobre 2007 a été arrêtée
aux environs de midi et conduite par un homme en civil,
probablement un gendarme au groupement départemental
de la gendarmerie de Ouagadougou sur demande du Capitaine
Ali Traoré de la gendarmerie. Et c’est
vers 18 h, ce même jour, que le procureur militaire
Bagoro lui signifiera qu’elle a été
convoquée pour ‘question judiciaire’.
Et aux environs de 19 h, elle a été
conduite à la MACO où elle passera la
nuit ».
Nous avons cherché à rencontrer la compagne
du célèbre évadé et ça
n’a pas été sans difficulté
tellement la frayeur subsiste toujours en elle, nous
a-t-elle fait savoir.
Mariam
Sori |
Depuis
qu’elle a tâté de la MACO,
le sort semble, nous dit-elle, se liguer contre
elle. Elle croyait que c’était
fini, qu’on la laisserait tranquille après
qu’elle ait été entendue
deux fois sur cette évasion du Capitaine
et après qu’elle ait passé
une nuit de détention à la MACO.
Erreur ! Si elle n’a plus la police, la
gendarmerie et le procureur sur le dos, elle
serait l’objet de dérangement,
d’intimidations et de tracas les plus
divers. Son téléphone serait |
actuellement sur écoute tandis que des personnes
suspectes tourneraient fréquemment autour de
son domicile. Pour être surveillée comme
le lait sur le feu, elle en est persuadée ;
plus encore, elle est convaincue qu’on lui cherche
noise et qu’on veut lui pourrir la vie.
Pour preuve, nous fera-t-elle savoir, l’association
« Ne pêche plus » qu’elle
dirige, rencontre curieusement des difficultés
de fonctionnement, et au sein du bureau, c’est
comme si on avait jeté le venin de la discorde
car les dissensions sont monnaie courante et la plupart
du temps, nourries par des prétextes lugubres.
Le but, qui ne dit pas son mot pour elle, c’est
de la débarquer.
Et comme pour compliquer davantage les choses, voilà
que les partenaires choisissent ce moment difficile
pour fermer les robinets pour des raisons qui, là
aussi à ce qu’elle nous assure, sont
sans queue ni tête.
Mariam Sori puisque c’est d’elle qu’il
s’agit, s’est donc vue obligée
d’arrêter toutes les activités
de l’association. Les programmes de sensibilisation,
la couture, le tissage qui étaient pratiqués,
rendant service à bien des femmes, tout ça,
c’est terminé et bien terminé.
Pourquoi l’avoir laissée ainsi en plan,
abandonnée au milieu du gué et l’obligeant
à jeter le manche après la cognée
? Parce que les pressions, les ragots de toutes sortes
ont fait leur œuvre et que l’on a pris
pour argent comptant les allégations tendant
à lui imputer la responsabilité de l’évasion
de Ouali par assistances diverses grâce notamment
aux aides dont bénéficiait « Ne
pêche plus » ? C’est possible, dit-elle,
que les bailleurs aient mordu à ce leurre ;
c’est possible que des gens continuent à
dire qu’elle a utilisé les fonds de l’association
pour cela. En tout cas, pour sa part, elle reste «
zen » de ce côté. Quand on l’accuse
par ailleurs d’être pour beaucoup dans
l’évasion de son compagnon, elle s’en
défend non sans justifier cette évasion.
Les conditions de détention de Ouali, dit-elle,
s’aggravaient de jour en jour : c’est
comme si on prenait un malin plaisir à lui
rendre encore plus difficile sa détention pour
l’amener à un acte de désespoir.
Sinon, il aurait pris son mal en patience. La bonne
preuve, c’est que les occasions d’évasion
n’ont pas manqué. Et à Mariam
Sori de rappeler ce grand soir où les militaires
en révolte sont venus ouvrir toutes grandes
les portes de la prison et lui offrir la liberté.
Tout le monde a noté que Ouali n’a pas
voulu quitter la MACO non plus que Naon.
Pour elle, ce sont en tout cas les dures conditions
de son incarcération qui augmentaient de jour
en jour, qui l’ont amené dès la
première occasion, à prendre la poudre
d’escampette.
Il est parti beaucoup plus pour préserver sa
vie que pour recouvrer la liberté. Bien qu’on
lui en ait tenu rigueur, l’accusant d’être
complice de l’évasion, elle ne se laisse
pas abattre. Même si sa condition sociale s’en
est trouvée affectée, elle continuera,
assure-t-elle, à lutter pour faire en sorte
que sa fille de 14 ans, qui se trouve actuellement
en classe de 3ème dans un Internat de la place,
connaisse une vie moins tumultueuse et que son compagnon
ne connaisse pas de harcèlements de quelque
nature que ce soit, là où il se trouve.
Mariam Sori assurément ne donne pas l’air
d’être nourrie par la graine de l’ingratitude,
qui tourne casaque devant l’infortune de son
compagnon. Ensemble, ils ont mangé le pain
blanc, ensemble ils mangeront le pain bis ! Elle assume
et se montre même prête à faire
plus pour protéger Ouali, croisant les doigts
chaque jour que Dieu fait pour qu’il ne vienne
pas à l’idée des autorités
béninoises de le rapatrier au Faso car pour
sûr, à ce qu’elle dit, sa vie serait
menacée.
Cette femme de caractère qui nous a reçus
(et à qui nous disons un grand merci) ne manque
certes pas de pourfendeurs l’accusant de vouloir
instrumentaliser cette affaire Ouali pour masquer
les faiblesses de gestion de son association mais
elle a aussi ses soutiens, nombreux, qui s’émeuvent
de son sort.
T.N