Mise à jour le 04/11/2007
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San Finna N°438 du 05 au 11 Novembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Au courant de la plume

CUBA/USA
QUAND GEORGE W. BUSH JOUE LES DROITS DE L’HOMME ET LA DEMOCRATIE A L’ACCORDEON

A entendre George W. Bush par rapport à la succession de Fidèle Castro, et surtout à en juger par les décisions concrètes qu’il vient de prendre (création d’un Fonds doté de plus d’un milliard de dollars pour aider la transition démocratique à Cuba), on pourrait s’écrier : « Sacré nom de Dieu, quel mécène de la démocratie !».

En effet, voilà qui aiderait bien de démocrates en butte à de féroces dictatures de par le monde.

Là, il dame le pion à Nicolas Sarkozy qui parle de rupture avec les dictateurs, la politique des réseaux, la Françafrique, qui déclame aux Nations Unies le même couplet et duquel jusqu’à présent, on ne voit rien venir de concret. Mais attendez, il ne faut pas s’emballer : avec George W. Bush, il faut toujours prendre le temps de regarder les cartes avant de les distribuer pour ne pas se faire avoir !

Souvenons-nous : lorsque, après les attentats contre les «Twin Towers», il avait lancé le « djihad » contre le mal et appelé à la mobilisation mondiale pour faire le carré afin de défendre les droits de l’homme et la démocratie, combien de soldats n’a-t-il pas enrôlés ? En ce temps-là, nous étions tous Américains. L’immensité de l’horreur partagée et la crainte de son expansion mondiale avaient en un seul jour, détruit les fortifications de plus de 60 ans d’anti-américanisme ; une solidarité d’autant plus active qu’il se dégageait des circonstances, une chance de mondialiser, même par nécessité, la démocratie. La logique était qu’après avoir débarrassé le peuple irakien de Saddam Hussein, on en fasse de même pour les autres peuples en Asie, en Afrique, en Amérique Latine…, en les débarrassant de leurs dictateurs.

Mais le réveil sera douloureux. Une fois le Raïs mis hors d’état de nuire, George W. Bush a montré que sa croisade démocratique s’arrêtait aux portes de l’Irak. Finies les cibles de l’Axe du mal qui, comme dans la théorie des dominos, devaient suivre Saddam Hussein. Et l’on assista, ébaubi, à la remise en selle de al Béchir, de Kadhafi.. Dès lors, les dictateurs pouvaient crier un grand « ouf » ! Il y a eu plus de peur que de mal.

C’est que l’expédition irakienne n’a été qu’un prétexte tendant à protéger les intérêts stratégiques, énergétiques des USA. Une fois le plan débusqué, il se reconstitua immédiatement un mur de méfiance, peut-être pas contre les Américains mais sûrement contre l’administration Bush, et les manifestations se feront même sentir jusque dans les rangs de la Coalition qui se délitent de plus en plus.

Qu’aujourd’hui, le premier Américain lance une nouvelle croisade pour instaurer la démocratie à Cuba et éviter que les crimes qui y ont été commis ne passent aux pertes et profits à tout jamais dans l’impunité, cela n’a pas de chances de convaincre grand monde.

Le passé récent est là qui reste édifiant. L’a-t-on entendu après l’émoussement de sa furia démocratique en Irak, aller en guerre contre les crimes horribles qui ont été commis en Libye, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire, en RDC… ? L’a-t-on même entendu exiger qu’on ne passe au broyeur les faits résultant de l’attentat contre la PANAM et la TWA ? Oh que non ! Contre des espèces sonnantes et trébuchantes, contre des marchés et d’autres avantages, on a passé l’éponge sur tout cela et validé les transactions civiles sur les procédures pénales ressortissant de la compétence de juridictions internationales en raison de la gravité des faits incriminés. Du jamais vu !

Alors, s’agissant de Fidèle Castro, on peut bien ne pas aimer le leader vieillissant atteint de maladie, qui a maintenu son pays dans cette situation de pauvreté et de dictature extrêmes ayant contraint nombre de Cubains à l’errance de par le monde, souvent au péril de leurs vies. George W. Bush aura du mal à convaincre. S’il peut espérer, à la limite, entamer ce mur de méfiance qui se reconstruit contre lui, qu’il accepte de tirer profit de ce constat de Ronald Godard, conseiller au département d'Etat pour les affaires latino-américaines : « Les problèmes de Cuba ne découlent pas d'une quelconque décision des Etats-Unis, mais de l'embargo sur les libertés imposé par le régime cubain à son peuple »,

Fidèle CASTRO

constat matérialisé par l’adoption, le 30 Octobre 2007 par les Nations Unies, de la seizième résolution condamnant le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les Etats-Unis. George W. Bush convaincra surtout de ses bonnes intentions s’il convertissait sa croisade cubaine en croisade générale, s’appliquant à tous les cas de par le monde où il existe des entraves lourdes aux droits de l’homme, à la démocratie et où le passé des dirigeants cache des crimes impunis connus de tous !

La Rédaction






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