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San Finna N°438 du 05 au 11 Novembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

ENTRETIEN AVEC MAHAMADY OUEDRAOGO
SECRETAIRE GENERAL DE LA CNTB/BOULKIEMDE

Monsieur Mahamady Ouédraogo est Officier de l’Ordre national, créateur- dessinateur qualifié dans l’ex Faso Fani. Il est aujourd’hui admis à la retraite après la fermeture de l’usine. Il est également Secrétaire général de la Section CNTB du Boulkiemdé.

Nous l’avons rencontré pour qu’il nous parle un peu du dossier Faso Fani et des ex-travailleurs, dossier qu’il maîtrise très bien. Il s’est ouvert à nous en toute simplicité et nous l’en remercions. Lisez plutôt.

San Finna : Depuis quand date la fermeture de l’usine Faso Fani ?

Mahamady Ouédraogo (M.O.) :
La fermeture est intervenue le 07 mars 2001.

San Finna : Avez-vous reçu tous vos droits ? Sinon, qu’est-ce qui reste ?

M.O. :
Non, nous n’avons pas reçu tous nos droits. Il reste encore une partie de la sentence arbitrale, le bilan de santé des travailleurs, les différends pendants et le reversement du fonds social : Mutuelle des ex travailleurs de Faso Fani.

San Finna : Dites-nous en plus sur ces droits…

M.O. :
La sentence arbitrale prononcée par Monsieur Pitroapa Emmanuel donne droit à chaque travailleur un an de salaire plus 125 000 francs forfaitaire au titre du transport. Lorsque le troisième liquidateur Monsieur Barri Issa a été désigné, il s'est engagé à trouver une solution à cette question du fond social. Malheureusement il a été plus ou moins écarté du jeu par les 2 autres liquidateurs. Donc les travailleurs de l'ex-Faso Fani attendent qu'on leur reverse leur dû.

Les différends pendants sont essentiellement les réclamations et les régularisations par branches professionnelles de certains travailleurs que la liquidation judicaire a pris en compte. Ces dossiers sont en justice.

Enfin, c'est l'A.P (Administrateur Provisoire) Monsieur Domboué Sylvain qui a rassuré les travailleurs qu'une provision de 150 000 000 de francs a été faite pour régler les différends pendants c'est-à-dire les aspects qui ne seraient pas pris en compte par omission par le gouvernorat mais après lui, la liquidation nous a toujours nié de l'existence de cette provision jusqu'à la prononciation de la clôture de liquidation. La liquidation à toujours nié l'existence de ce montant ; par contre, c'est en réunion avec les partenaires sociaux que Monsieur Domboué Sylvain (A.P) a donné l'information.

San Finna : Le mode de paiement a-t-il été décidé de façon consensuelle ?

M.O. :
Non, le mode de paiement a été imposé par le liquidateur et échelonné jusqu’en 2008.

San Finna : Aujourd’hui, il est question d’une division au sein de vos rangs par rapport à l’argent perçu par votre avocat. L’affaire serait en justice. Que dites-vous ?

M.O. :
Nous avons signé un Protocole d’accord avec le Cabinet de Me Bénéwendé Sankara le 10 novembre 1998 à Ouagadougou. L'usine n'était pas fermée c'est vrai mais il convient de signaler qu'avant d'arriver à la fermeture pure et simple, des étapes de restructuration, de compression et de liquidation avaient été observées. Au terme de ce protocole donc, les travailleurs doivent des honoraires au Cabinet de Me Sankara. C’est ainsi qu’un groupe de travailleurs, sans concertation avec les autres travailleurs de Faso Fani représentés par leurs délégués du personnel signataires du protocole, conteste aujourd’hui ces honoraires. C’est ça le malentendu et l’affaire est en justice.

San Finna : Et si l’aile dissidente gagne le procès, le contrat avec le Cabinet d’avocat sera-t-il rompu ?

M.O. :
La majeure partie des ex-travailleurs est avec les délégués du personnel signataire du protocole d’accord. Ils décideront tous en temps opportun de la conduite à tenir.

San Finna : Le nouveau premier Ministre a-t-il été approché par rapport aux différents problèmes que vivent les déflatés de Faso Fani ?

M.O. :
L’ancien premier Ministre (Ernest Paramanga Yonli) connaît le problème pour nous avoir accordé une audience, mais le nouveau (Tertius Zongo), non. Mais nous pensons que l’administration est une continuité.

San Finna : Parlons un peu de la reconversion de Faso Fani en Fasotex. Sentez-vous le même engouement qu’à l’époque de Faso Fani ?

M.O. :
Le nouveau repreneur déteste les ex-travailleurs de Faso Fani. Hormis quelques-uns dont la qualification est incontournable dans le fonctionnement de l’atelier Impression ré ouvert sur les cinq qui existaient. Une démarche des ex-travailleurs pour rencontrer Mr Touré Mahamoudou est restée sans suite depuis 2006.

En ce qui concerne l’engouement, je vous orienterai vers la population de la ville de Koudougou qui pourra mieux répondre.

San Finna : N’est-ce pas une faillite programmée depuis sa réouverture ?

M.O. :
Je ne souhaite pas que ça se termine ainsi.

San Finna : Quel est le train-train quotidien d’un déflaté de Faso Fani aujourd’hui ?

M.O. :
Sur les 430 travailleurs déflatés, il n’y a pas plus de 10 qui se sont faits une place au soleil. Les autres pénalisés par leur qualification professionnelle attendent difficilement d’être admis à une éventuelle retraite…

San Finna : Pas de formation pour faire face à la nouvelle vie ?

M.O. :
Non, la liquidation a été tellement mal ficelée que cette question a été négligée.

San Finna : Un appel à l’endroit de l’Etat ?

M.O. :
Je voudrais que l’Etat fasse de son mieux pour que Fasotex prenne réellement le relais de Faso Fani qui a employé près de 1.000 travailleurs dans les années 81/82 afin que puisse se développer Koudougou, la capitale des textiles, quoi qu’on tente de s’en défaire.

San Finna : Le mot de la fin ?

M.O. :
Nous estimons, et l’Etat doit le reconnaître aujourd’hui, que ça a été une grosse bêtise que d’avoir bradé Faso Fani pour avoir de l’argent frais.

Par Adama OUEDRAOGO
A Koudougou





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