San
Finna N°438 du
12 au 18 Novembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
FRANCE
CARBURANTS : LE PLEIN DE BENEFICES ET D’APPELS A
L’AIDE
Les
bénéfices record du géant pétrolier
Total plombent le moral des particuliers et professionnels
dépendants de l’or noir. La ministre de l’économie
devait convoquer samedi les représentants des grands
groupes pour leur demander un effort sur les prix. Les
associations de consommateurs réclament, elles,
une taxe exceptionnelle sur les profits des compagnies
pétrolières.
Une
cuve de Total
(Photo Frank Perry AFP/Archives ¦ Une cuve
d'hydrocarbures de la raffinerie
Total à Donges (Loire-Atlantique)
Conséquence
logique de la flambée des prix du baril sur
le marché de l’or noir -échangé
mercredi à New York à 99 dollars le
baril- les prix à la pompe flambent, et le
géant pétrolier Total a annoncé
la semaine dernière, un bénéfice
net sur les neuf premiers mois de l’année
quasi-stable par rapport à 2006, de 9,581
milliards d’euros.
En France, les prix des carburants n’ont cessé
d’augmenter depuis plusieurs semaines, plaçant
le litre de gasoil à 1,14 euro en moyenne,
tandis que
le
super sans plomb 95 atteignait 1,30 euro le litre.
L’envolée
des prix déclenche des mouvements de grève
au sein des professions directement concernées
par la hausse du prix de l’or noir. Les marins pêcheurs
ont ainsi débrayé deux jours la semaine
dernière et obtenu de l’Etat une exonération
de charges salariales pendant six mois (coût de
la mesure : 21 millions d’euros) et des aides à
la rénovation de leur parc de bateaux. A leur tour,
les routiers prévoient de se mobiliser pour faire
entendre leur voix et réclamer eux aussi, des aides
compensatrices de l’Etat.
Dans une interview accordée le 3 novembre dernier
au Parisien, Christine Lagarde avait recommandé
le vélo et la marche aux ménages qui se
plaignaient des hausses du prix du carburant. Mais samedi
dernier, la ministre de l’Economie devait réunir
samedi les distributeurs pétroliers pour «
lisser » les hausses de prix à la pompe.
L’Union française des industries pétrolières
ayant annoncé d’emblée que «
les marges de manœuvre sont limitées car ce
sera difficile pour les distributeurs d’absorber
une telle augmentation », dans un marché
qui est « le plus concurrentiel d’Europe ».
Le Premier ministre François Fillon a exclu tout
retour à une taxe flottante sur les produits pétroliers,
réclamée par le parti socialiste. D’abord
parce que cela priverait l’Etat d’une partie
des taxes qu’il perçoit (les carburants constituent
sa quatrième source de revenus). Ensuite, parce
qu’un allègement de la fiscalité serait
contradictoire avec sa volonté de réduire
les émissions de CO2.
L’association de consommateurs « UFC-Que Choisir
» a pour sa part renouvelé sa demande d’une
taxe exceptionnelle sur les profits des compagnies pétrolières,
grandes bénéficiaires, selon elles, des
records du brut. Afin de financer un « plan Marshall
pétrole » dans les transports collectifs,
les moteurs économes, le fret ferroviaire et les
énergies renouvelables. En attendant, un employé
rétribué au SMIC doit travailler 8 heures,
pour payer le plein d’essence de sa citadine…