San
Finna N°439 du
12 au 18 Novembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
IRAK,
AFGHANISTAN, SOMALIE
LA DROLE DE GUERRE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE
L’Irak,
l’Afghanistan, la Somalie, sont des pays différents
par leurs dimensions territoriales, leurs populations,
leurs richesses.. , mais il n’est pas besoin d’aller
très loin pour se rendre compte qu’ils présentent
aussi de grands points communs.
Ce sont des pays
musulmans et ce sont surtout des pays dans lesquels s’applique
majoritairement un islamisme pur et dur, véritable
terreau du terrorisme de tout poil.
Ce sont des pays où la conscience nationale, quoique
traversée par des forces tribales parfois irrédentistes,
est très forte lorsqu’il s’agit de
s’opposer à l’étranger, surtout
lorsqu’il est chrétien.
Ce sont des pays qui ont une tradition guerrière
très forte et face auxquels la communauté
internationale hésite parfois, malgré sa
toute puissance, à intervenir.
Ce sont, dans le contexte international du moment, des
places géostratégiques fortes.
A côté de tous ces points communs, il en
est également un autre tout aussi important : ces
trois pays qui vivent actuellement des conflits parmi
les plus meurtriers du monde, sont des exemples type où
la communauté internationale devrait montrer ses
capacités à matérialiser cet ordre
public international dont on sent de plus en plus le besoin.
Mais la communauté internationale hésite
justement à leur consacrer les moyens massifs en
termes militaires, financiers, humains.. , pour faire
en sorte que la loi internationale règne sur les
lois nationales voire tribales.
Violences
en Afghanistan
(Photo http://d.yimg.com/us.yimg.com/)
En
Irak, elle laisse la Coalition se dépatouiller
dans ses choix unilatéraux, oubliant qu’en
cas de dérapage, c’est sur le monde
entier que les conséquences se feront ressentir
si elles ne sont pas déjà en œuvre
avec cette émigration massive d’Irakiens
en Europe particulièrement.
En
Afghanistan, elle laisse essentiellement le soin
aux forces de l’OTAN, de faire le boulot alors
qu’elle devrait assumer toutes ses responsabilités
et prendre ce dossier entièrement en charge
d’autant que les menaces en termes d’émigration
mais aussi en terme sécuritaire se font déjà
sentir au-delà des frontières afghanes.
Violences
en Irak
(Photo http://d.yimg.com/us.yimg.com/)
Violences
en Somalie
(Photo http://www.interet-general.info)
En
Somalie, les mauvais souvenirs de l’expédition
américaine « Restore hope » se
faisant toujours sentir, on envoie l’Ethiopie
au charbon et alors que le pays s’enfonce
comme les Américains en Irak, dans une guerre
de 100 ans, les Nations Unies refusant catégoriquement
de prendre le relais en se défaussant sur
d’hypothétiques forces africaines pour
faire le sale boulot. Elles oublient que là
encore, il y a des risques de déstabilisation
régionale voire continentale avec des conséquences
au plan mondial.
L’histoire nous montre que si l’on a réussi
à organiser les communautés nationales et
à les faire vivre sous une seule loi, c’est
parce qu’on a réussi à mettre en œuvre
le principe qui veut que la force arrête la force.
C’est parce qu’on a réussi à
donner le monopole de la puissance matérielle organisée
à un seul centre : l’Etat, et qu’on
a coiffé tout cela d’une justice obligeant
Etat comme individus. Sans cette même construction
au plan international, les forces centrifuges, tribales,
nationales, continueront à faire leur effet au
détriment de la paix au sein de la communauté
internationale. Il se trouve que cela présente
un grave danger pour une humanité de plus en plus
confrontée à des défis globaux qui
posent l’impératif justement de sa gestion
mondiale. Les Nations Unies doivent s’impliquer
directement dans ces trois conflits.