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MANUELA RAMIN-OSMUNDSEN
A-T-ELLE TROQUE SA NATIONALITE FRANÇAISE CONTRE UN MAROQUIN MINISTERIEL EN NORVEGE ?

Il n’y a pas qu’en France où les gouvernements européens se donnent des couleurs en s’ouvrant aux minorités visibles. En France, c’est vrai, il y a parmi d’autres, Rama Yade, qui ne passe pas inaperçue, mais en Norvège, on vient aussi de franchir le pas en nommant une femme d’origine martiniquaise et noire au portefeuille de l’Enfance et de l’Equité : c’est la première Noire et la première non blanche pour tout dire, à être nommée dans un gouvernement norvégien.

Ce qu’il faut en dire, c’est que la nomination de Manuela Ramin-Osmundsen ne manque pas de susciter des commentaires.

Attention, ce n’est pas à cause de ses compétences.

Manuela Ramin-Osmundsen, née le juillet 1963 en Martinique, a fait ses études en France et y a obtenu un diplôme en droit, à l’Université Paris II. La Norvège, elle s’y installera en 1991 où elle y vit depuis avec son époux, Terje Osmundsen, un homme politique bien connu.

Malgré sa couleur, elle a occupé des positions en vue, sans grand problème. Ainsi, de 1998 à 2002, elle a été à la tête du Centre contre les discriminations ethniques avant de devenir Directrice adjointe de l’Agence de l’Immigration en 2002. En 2006, elle sera Directrice de cette même Agence mais démissionnera quelque temps après parce qu’elle avait fait l’objet de critiques au sujet d’un groupe de 200 Kurdes irakiens qui avaient obtenu, dans des conditions qu’on a jugé floues, la résidence permanente en Norvège.

Mais en raison de ses compétences, elle sera sollicitée pour travailler dans la Section Immigration internationale au Ministère des Affaires étrangères de Norvège.

Si l’on parle de cette nomination plus que de raison, c’est un peu à la manière dont on parle en France de l’entrée de Rama Yade au gouvernement. On a tendance à dire qu’il s’agit d’une nomination pour faire dans l’air du temps. Et l’on y est d’autant plus enclin que le premier Ministre norvégien, Jens Stoltenberg avait au préalable, déclaré qu’il était temps que « la Norvège ait un ministre issu d’une minorité », rajoutant qu’il voulait que « Manuela ait un rôle clair».

Mais si l’on en parle aussi, c’est surtout parce que, bien qu’habitant la Norvège depuis plusieurs année et étant mariée à un Norvégien, Manuela Ramin-Osmundsen, elle avait gardé envers et contre tout sa nationalité française. Il lui était difficile de l’abandonner puisque la loi norvégienne ne reconnaît pas la double nationalité. Il lui a donc fallu, pour occuper ce portefeuille, renoncer à cette nationalité. La chose n’aurait pas posé de problème si la renonciation s’était faite bien avant cette proposition d’entrée au gouvernement, donc sans lien direct avec cette promotion. Or, le grand hic, c’est que c’est seulement deux semaines avant sa nomination qu’elle a changé de nationalité. Du coup, Per Willy Amundsen du Parti du Progrès, un parti d’opposition situé à l’extrême droite a beau jeu (sans même trop surfer sur des considérations raciales) de critiquer cette nomination commando par ces mots : "C’est étrange qu’on nomme ministre quelqu’un qui est loyal envers une puissance étrangère".

On a beau ne pas aimer la Droite en général et celle norvégienne en particulier, il faut avouer que l’argument ne manque pas de pertinence. Espérons seulement que Manuela Ramin-Osmundsen saura, à la tête de ce poste ministériel, œuvrer à faire oublier les conditions cabalistiques de sa nomination.

CY






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