CONTRE
LE RACISME AU LUXEMBOURG,
MAGGY DELVAUX-MUFU S’IMMOLE PAR LE FEU
EN PURE PERTE
Le
Nord de l’Europe devient de plus en plus xénophobe
pour ne pas dire raciste. Ca, c’est indiscutable.
Des pays comme le Danemark, la Suède, hier mondialement
connus pour être « peace and cool »
en matière d’immigration, ferment leurs
frontières.
Tentative
de sauvetage de Mme Delvaux-Mufu
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Par
humanisme, ils avaient laissé rentrer beaucoup
d’étrangers mais la situation économique
devenant problématique, leur sentiment
a beaucoup évolué ils ne les regardent
plus avec les mêmes yeux qu’hier.
Avec ces seuils de tolérance qui ont crevé
les plafonds, les citoyens se mettent à
changer d’attitude vis-à-vis des
étrangers, notamment des Africains (bien
visibles) et à virer dans des partis d’extrême
droite. Ca fait mal, ça fait peur. Les
conséquences sont souvent si difficiles
à vivre pour |
les
étrangers que quelquefois, il en découle
des malheurs. Et c’est précisément
ce qui est arrivé à Maggy Delvaux-Mufu.
Voilà une dame congolaise devenue Belge par mariage
et mère de 3 enfants, âgée de 44
ans, qui travaillait au Luxembourg où elle résidait
avec époux et enfants.
Là-bas, dans le petit Duché logé
au cœur de l’Europe acquise à l’idée
de l’intégration européenne, le
racisme se développe à grande vitesse,
et à son travail, la pauvre dame connaît
de plus en plus des réflexions désagréables,
des brimades. Même ses enfants métis ne
sont pas épargnés : on se moque d’eux
à l’école, ils ont droit à
des insultes : "sale Noir", « quelle
est cette étrange couleur ?» se demande-t-on
régulièrement en les voyant, tout en partant
d’éclats de rire à fendre le cœur
de la fillette à la belle peau dorée.
Le car de ramassage oubliait souvent sur le bord de
la route, les enfants du couple mixte. A l’école,
on faisait tout pour les placer dans les classes les
plus faibles, sous prétexte qu'ils parlaient
mal l'allemand, la deuxième langue du pays.
Olivier Delvaux, ingénieur belge qui veut se
reconvertir en patron de garage grâce à
leurs économies, ne le pourra pas car la haine
l’atteint lui-même, bien que Blanc, pour
avoir accepté d’abâtardir sa race.
On se croirait en plein Reich, en pleine sélection
aryenne ! Il lui devint impossible de faire vivre ce
garage tant on lui mettait les bâtons dans les
roues.
Et ce qui devait arriver, arriva : les dettes, une situation
de plus en plus intolérable pour la famille.
Dans ce petit pays, on a le cœur sec, on n’y
va pas avec le dos de la cuillère pour vous le
faire sentir quand on ne vous avait pas à la
bonne : le couple est mis sur la liste noire de l'administration.
Obtenir le moindre renseignement devient impossible
car on leur raccroche au nez et surtout on leur dit
sans cesse que s’ils ne sont pas contents, qu’ils
s’en retournent chez eux !
La dame tentera de sensibiliser l’opinion. Voilà
à l’occasion, ce qu’elle a pu dire
: « chaque fois que je vois dans les journaux
que le Grand-duché de Luxembourg est un bon élève
de l'Union européenne, que M. Juncker est le
premier Ministre Euro, que je vois ce pays se préparer
à présider à destinée de
l'UE, je deviens positivement malade. Je suis contre
toute forme de violence mais chaque jour, ma famille
et moi subissons cette violence morale de la part de
l'administration de M. Juncker, harcèlement,
injures et j'en passe. Dans quelques jours, nous allons
probablement devoir déposer le bilan et toute
notre dignité simplement pour avoir voulu travailler
au Luxembourg(...).Doit-on en arriver à s'immoler
sur la place publique ou à prendre en otage des
enfants innocents pour se faire entendre en plein cœur
de l'Europe? Les miens sont en otages depuis décembre
2002 et seront bientôt des SDF.. »
(NDLR : Sans Domicile Fixe).
Alors, la pauvre dame, qui n’en peut plus, s’arrose
d'essence en plein cœur de la capitale, ce 5 octobre,
avant de craquer une allumette. Elle part en flammes
comme une torche, devant son mari estomaqué qui
pensait qu’elle allait simplement mettre le feu
à quelques couvertures en signe de énième
protestation, en face du ministère où
elle connut tant de vexations. Mais elle avait très
certainement décidé, ce satané
jour, d’aller plus loin : de s’immoler.
Les cris désespérés ameutent les
passants, les journalistes ; son mari tente d’intervenir
mais le feu a fait de terribles ravages sur son épouse.
On emmène la très grande brûlée
dans un hôpital à Metz : elle y mourra
le 9 octobre.
Ce qui fait très mal, et qui doit donner le plus
à réfléchir, c’est cette
plume du journaliste Jean-Pierre Stroobants, qui vous
prend aux entrailles tant elle est tristement pleine
d’un cynique réalisme : «Au-dessus
du village, les pales de trois éoliennes battent
l'air. Leur chuintement n'étouffe pas de pleurs
: A Oberwampach, on ne pleure pas pour la famille Delvaux-Mufu
Mpia » (http://www.camer.be/index1.php?art=643).
C’est tout simplement renversant, cette inhumaine
indifférence !
Mais le plus renversant, c’est que le signal de
désespoir et de courage que cette femme a voulu
donner par sa mort ne semble pas avoir eu l’impact
désiré chez les gens bien pensants. Ils
ne sont pas nombreux dans cette Europe berceau des droits
de l’homme, qui s’indignent de cette affaire.
C’est que les temps difficiles et l’explosion
du phénomène de l’immigration étant
passés par là, elle n’est pas politiquement
vendable. Il n’est même pas de grands mouvements
de droits de l’homme, de mouvements féministes,
qui s’en soient saisis pour réclamer, selon
la formule rituelle le « Plus jamais ça
! ». Dans les médias, ce fut un service
plutôt minimum. Pire même, de l’Afrique,
terre de la sensibilité comme disait le Poète
immortel, ne sont pas venus les condamnations et les
témoignages de révolte attendus contre
le sacrifice extrême de la fille perdue du bout
du monde.
Faire don de sa vie dans de si horribles souffrances
pour dénoncer l’intolérance, le
racisme et faire face à une telle indifférence,
voilà qui nous amènerait à rendre
grâce à Dieu que l’infortunée
ne puisse pas voir le peu de cas qui est fait de son
sacrifice.
La Rédaction