| ABSOLUMENT
POUR LA JOURNEE CONTINUE
Enfin,
cette idée de journée continue revient
sur le tapis. Il était temps. Elle est souhaitée
par le plus grand nombre de personnes au Faso, compte
tenu des réalités sociales du pays.
Pour preuves, les gens à qui nous nous sommes
adressés, nous ont ouvert leurs cœurs,
en toute simplicité. Vous verrez à
quel point ils sont convaincus. Par exemple, Madame
Claudine Diallo, Restauratrice, que nous avons contactée,
nous dira ceci : « La journée continue
serait une bonne chose à cause des aléas
climatiques. Pendant la période caniculaire,
les travailleurs souffrent de la division du temps
de travail dans notre pays. Ensuite le temps de
travail le soir est très restreint et il
est difficile de trouver les travailleurs à
leurs postes à 15 heures ; donc si l’on
veut bien voir, ceux-ci reprennent le boulot entre
15h30 et 16 heures. L’après midi est
inutile la plupart du temps pour les usagers des
services. Enfin il faut reconnaître que le
carburant coûte très cher et que l’on
retrouve de plus en plus les travailleurs dans les
quartiers périphériques. Avec l’augmentation
de la population dans les grandes villes, la circulation
devient dense et très importante et on court
toutes sortes de risques. S’il faut perdre
1h30 à 2 heures pour le trajet aller-retour,
il est mieux d’instaurer une bonne fois pour
toutes la journée continue ». Elle
n’est pas la seule. Mr Ismaël Konaté,
Cadre dans une société d’hydrocarbure,
nous fait savoir ceci : «Au niveau du secteur
privé, cela se ressentira comme un soulagement
parce que nous travaillons au rendement et au volume
d’heures. Il est vrai que le pris des hydrocarbures
est élevé, mais cet état de
semi journée continue que nous vivons aujourd’hui
donne des charges supplémentaires, et à
l’Etat et aux sociétés privées.
En effet, beaucoup sont les travailleurs qui restent
à leurs lieux de travail pour économiser
le carburant et se reposer dans las bureaux afin
de profiter de la climatisation et autres commodités
qu’offrent certains bureaux de l’administration.
Il est vrai que le problème des enfants qui
vont à l’école peut se poser
mais ça aussi c’est une question d’organisation
dans la famille. Il y a aussi la possibilité
de susciter la création de cantines scolaires
dans les écoles et établissements.
Aujourd’hui l’Etat et certaines sociétés
dépensent beaucoup dans la consommation de
l’énergie et du téléphone
à cause de ceux qui, comme nous, restons
au service à cause de la distance et de la
vie chère. Instaurer la journée continue
de 7h30 à 15h30 permettra aussi aux parents
de mieux s’occuper de leurs progénitures
et suivre correctement leur éducation sinon
ce sont les bonnes qui vont éduquer nos enfants
à notre place. Et si monsieur et madame travaillent
ce n’est pas évident, avec la division
du temps du travail qu’ ils puissent avoir
une vie très normale et suivre la scolarité
des enfants. Je soutiens à 100°/o l’idée
d’instaurer la journée continue
». On le voit bien, cette mesure va aider
bien de personnes qui jusque là récriminaient
sur leur situation inconfortable à cause
de ces va et vient pour aller au boulot. Bravo,
Monsieur le Premier Ministre et mettez vite en application,
cette mesure !
TOMI.
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ABSOLUMENT
CONTRE LA JOURNEE CONTINUE
Ils
sont on ne peut plus nombreux à condamner
cette proposition de journée continue et
ils ont beaucoup d’arguments en appui. Pour
Joachim Kaboré, étudiant en économie,
cette solution est une fuite de responsabilité
de la part du gouvernement, et il s’en explique
: «Le travail est à la base de
la production de la richesse, et je suis tout à
fait d’accord avec le point de vue de Nicolas
Sarkozy qui mise tout sur le travail pour gagner
plus. On a vu en France ce que les 35 heures ont
donné ! Quand les gens ont eu cette réduction
du temps de travail, la croissance générale
s’en est ressentie et aujourd’hui, même
dans le rang des Socialistes, on ne trouve plus
beaucoup de défenseurs de cette idée,
si chère à Jospin. Alors, pour le
Burkina Faso, qui est un pays pauvre, il ne manquerait
plus qu’on vienne diminuer le temps de travail.
C’est une solution de facilité pour
le gouvernement qui ne veut pas mettre la main à
la poche mais qui baissera le rendement de l’administration
et de l’économie en général
». Ca, ce n’est pas un avis, vous le
constaterez, que dément Adama Ouédraogo
Damiss, Journaliste à l’Observateur
Paalga. Pour lui également, il n’y
a pas de doute à ce sujet et il s’en
explique : « La journée continue
aurait été l’idéal pour
un pays pauvre comme le nôtre. En effet, les
indicateurs dans notre pays nous poussent à
explorer des pistes pour atténuer un tant
soit peu la souffrance de la population. Mais même
si je comprends que certains ont une contrainte
de distance, je suis contre l’idée
d’instaurer une journée continue au
Burkina. Je motive ma position en partant du fait
que les travailleurs burkinabé sont paresseux
et que dans l’administration, il y a beaucoup
de laxisme et de laisser aller. Si l’on prend
l’exemple de ceux qui travaillent au sein
des ministères, c’est alarmant. Ils
ne viennent jamais à l’heure et à
10 heures déjà ils prennent la bière
tranquillement dans les cafés sous la fenêtre
quelquefois même de leur ministre, avec des
jeunes filles venues des établissements scolaires
voisins. Si jusqu’à présent,
beaucoup n’attendent même pas 12 heures
pour déserter leur bureau sous prétexte
d’aller faire une course en ville, la journée
continue va amener les travailleurs et les fonctionnaires
à quitter les bureaux vers 11heures et ne
revenir que le lendemain. Il faut apprendre d’abord
aux travailleurs à être rigoureux et
sérieux avant d’instaurer un tel régime.
Prenez quelqu’un qui travaille la journée
3 heures et la soirée à peine 1 heure,
la journée continue sera une aubaine pour
celui-ci d’user de tous les stratagèmes
possible pour faire ses affaires et délaisser
le service. Il faut d’abord inculquer une
conscience professionnelle et le sens de la responsabilité
et du devoir avant de penser à instaurer
une telle journée chez nous ».
Voilà donc une position qui va grandir d’autant
plus en puissance, et si le pouvoir pense vouloir
ainsi par une pirouette, faire l’économie
des demandes des travailleurs, il se trompe car
ils pourraient non seulement prendre ce don mais
continuer à exiger l’augmentation des
salaires, une action plus vigoureuse sur la hausse
des prix, etc..
TOZI.
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