*
La rencontre des militaires contestataires à
la Maison des retraités a eu lieu le 25 novembre
à 9 hures. Grande nouveauté : la presse
était tenue à l’écart.
Pourquoi ? Pour ne pas dévoiler leurs stratégies,
a-t-on cru comprendre. C’est de l’extérieur
qu’on a pu entendre des applaudissements, des
« La patrie ou la mort… » qui font
penser qu’il y a eu accord mais pourquoi ? That
is the question ! Les bruits vont bon train. On parle
du document à signer avec le comité
ad hoc pour matérialiser la rupture des négociations,
de marche ce lundi matin 26 novembre, de boycott du
11 décembre…Wait and see !
* Les clandestins qui périssent en tentant
de rallier l’Europe sont-ils des martyrs ? Voici
un débat qui fait rage en Egypte. Le mufti
de ce pays a estimé que non. Mais son avis
religieux intervenant après la mort de 26 Egyptiens,
vient d’être contredit par la plus haute
instance de l’islam sunnite. Qu’en pensent
les Musulmans au Faso ? Nos colonnes, comme nous aimons
à le dire, sont ouvertes !
* Les partenaires du PDDEB ne seraient pas très
satisfaits des résultats du MEBA, suite à
une mission conjointe sur le terrain avec ce dernier.
C’est ce que nous apprend notre confrère
Sidwaya qui a repris les propos du chef de file des
Partenaires techniques et financiers (PTF), l’ambassadeur
néerlandais Gérard Duijfjes, qui a regretté
que « les documents sur la réforme du
système éducatif et la phase II du PDDEB
n’aient pas été disponibles bien
avant la mission étant donné que ces
deux sujets sont d’actualité au Burkina
Faso » et qui surtout a estimé que «
Les implications pour la petite enfance, la gratuité
de l’enseignement de base public et l’enseignement
post primaire ne sont pas à notre avis suffisamment
clarifiées à ce jour ». L’Observateur
Paalga, dans sa dernière Lettre pour Laye,
est allé plus loin en affirmant que les partenaires
auraient réclamé ni plus ni moins que
le remboursement des sommes dépensées
sans justificatifs (1 milliard 500 millions FCFA).
Cette question vient à l’esprit : pourquoi
diable les partenaires, qui prônent la bonne
gouvernance, sont-ils si discrets lorsqu’ils
tombent sur des cas de mauvaise gouvernance, ne faisant
connaître que superficiellement leurs récriminations
?
* Au Liban, ça n’a pas fonctionné
: l’élection présidentielle, après
plusieurs reports, n’a pas eu lieu le vendredi
passé, laissant un vide constitutionnel puisque
Emile Lahoud a quitté ses fonctions sans successeur.
L’élection de nouveau reportée
à vendredi prochain, ouvre une nouvelle période
d’incertitude pour les Libanais. Dieu fasse
que ce ne soit pas le chaos au pays du cèdre
!
* A Bobo-Dioulasso, un engin volé et retrouvé
par les agents de la police municipale lors de leur
contrôle de routine (une moto ninja) aurait
été utilisé par un « boss
» de la maison qui l’aurait finalement
abandonné. On murmure aussi qu’il y aurait
eu dissipation des perdiems de la garde du marché
central. Il y a intérêt à calmer
tous ces bruits sinon, ça risque de chauffer
dans la ville de Sya surtout si l’on ne répond
pas à la plateforme revendicative des agents
de la police municipale !
* Au Cambodge, l’ex ministre des Affaires étrangères
du tristement célèbre et sanguinaire
Pol Pot, Ieng Sary, a été arrêté
le 12 novembre dernier. C’était l'une
des plus visibles figures du régime des Khmers
rouges au Cambodge entre 1975 et 1979, beau-frère
de Pol Pot, le chef du groupe dirigeant. Cette arrestation
a été décidée par le tribunal
parrainé par les Nations unies chargé
de juger les responsables du génocide qui s'est
alors tenu dans le pays. C’est drôle :
le droit à l’oubli que certains invoquent
pour les crimes contre l’humanité, est
à géométrie variable, selon la
nature des intérêts en présence.
En Libye où l’offre énergétique
et d’investissement est très forte, ce
droit à l’oubli est encouragé
et pratiqué. Au Cambodge, où l’or
noir ne coule pas à flots, ce droit est écarté
et même flétri. Ainsi va la gouvernance
du monde !
* Qui savait au Faso qu’avant même de
prendre la décision historique de supprimer
la carte de séjour en Côte d’Ivoire,
Laurent Gbagbo en avait considérablement diminué
le montant ? C’est en tout cas ce que les Amis
de Laurent Gbagbo (ALG) nous ont appris tout dernièrement,
dans leur déclaration félicitant cette
décision de suppression de la carte de séjour
!
* On a noté que le Fonds africain de développement
a remis récemment à Ouagadougou, 27
milliards fcfa au Bénin, au Burkina, au Mali
et au Tchad, pays co-auteurs de l’initiative
sectorielle en faveur du coton. Il ressort que ce
fonds vise l’augmentation de la production et
la compétitivité de la filière.
Au détour des commentaires, on apprend aussi
qu’une clause de cette initiative prévoit
« un partage d’expériences et de
matériel génétique ». Alors,
ça fait tilt : et si le souci était
aussi de motiver ces autres pays jusqu’alors
plus réticent que le Burkina Faso, à
s’engager résolument et sans retour dans
l’aventure de l’ogémisation du
coton ? Eh oui, c’est bien possible.
* Le conseil municipal de Koudougou s’est réuni
en session ordinaire, 3ème du genre en 2007
les 22 et 23 novembre, pour examiner l’avant-projet
de budget définitif. Il s’équilibre
en recettes et en dépenses à la somme
de 385.186.464 fcfa dont 273.479.990 f pour la section
dépenses et recettes de fonctionnement et pour
la section dépenses et recettes d’investissement,
de 111.706.474 fcfa. En outre, un plan d’action
communal de soutien aux personnes défavorisées
2008/2012 a été adopté et dont
l’objectif est de permettre à la commune
de répondre de manière efficace à
la demande sociale de plus en plus forte des hommes
et des femmes issus de couches sociales défavorisées.
Un groupe communal de coordination des œuvres
sociales (GCCOS) a été mis en place.
* Lu sur le site www.marianne2.fr, cette sentence
de Rémy Prud'homme, Professeur émérite,
Université Paris XII : « Le Grenelle
de l'environnement a accouché d'une montagne
: un plan obligatoire de rénovation des bâtiments
d'un montant de 600 milliards d'euros, qui va sérieusement
amputer le pouvoir d'achat des Français ».
Il estime en effet que ça ne va pas coûter
moins de 3.000 euros par an et par ménage !
Comme une femme doit souffrir pour être belle,
il faudra souffrir de multiples façons pour
que notre planète ne se dégrade pas
trop. En tout cas, là ça vaut le coup,
n’est-ce pas ?
* A Nandiala, après les troubles que vit Kindi
(voir article dans A vue de pays), ça ne va
pas très fort non plus entre la population
et le maire. Là-bas, les chefs coutumiers demanderaient
à rencontrer l’édile le 30 novembre
pour lui faire part de leur mécontentement.
Cela nous amène à nous demander, puisque
ces problèmes se posent sur l’ensemble
du territoire, s’il n’y a pas une enquête
à faire (alors qu’on en a que pour la
réussite de la communalisation intégrale)
pour comprendre un peu ces divorces qu’on constate
dans les communes entre les édiles et les administrés.
Est-ce parce qu’ils manquent de transferts réels
de compétences, de ressources financières
ou est-ce parce qu’ils n’ont pas les ressources
humaines et de légitimité ? Il n’en
manque pas, en effet, pour soutenir cette dernière
thèse en particulier, incriminant le manque
de transparence qui catapulte dans les conseils municipaux,
des élus qui ne sont pas toujours représentatifs.
* Cela ressort de plusieurs journaux français
: Mouammar Kadhafi demande pour sa visite officielle
en France en décembre qu'une tente de bédouin
soit installée dans le parc de l'hôtel
Marigny afin d’y recevoir ses hôtes, mais
non pour y dormir, précisent ces journaux.
Si lui passer ce petit caprice peut arranger les affaires,
ce n’est pas le VRP Sarkozy qui dira non !
* C’est le journal Le Monde qui nous l’apprend
: « La procédure judiciaire pour ‘recel
de détournement de fonds publics’ et
‘complicité’ ouverte contre le
président gabonais, Omar Bongo, et congolais,
Denis Sassou Nguesso, sur plainte de trois associations
françaises, a été classée
‘sans suite’ par le parquet de Paris,
le 13 novembre. Le vice procureur Jean-Michel Aldebert
a estimé, dans cette décision rendue
publique vendredi 23 novembre, que les investigations
policières n'avaient ‘pas permis de mettre
en évidence des infractions pénales’
». Les associations Sherpa, Survie et la Fédération
des Congolais de la diaspora ont qualifié cette
décision de politique et d’inacceptable
: «Par cette décision, la France envoie
un signal désastreux à la population
africaine qui, légitimement, pouvait espérer
ce qu'elle ne peut pas obtenir sur son sol, c'est-à-dire
l'identification de ceux qui, par les détournements
massifs d'argent public opérés, contribuent
à son appauvrissement ». Et elles ont
annoncé le dépôt dans les prochains
mois d'une plainte avec constitution de partie civile.
* Nous ne pouvions pas ne pas dire un mot sur les
funérailles chrétiennes de feu le Professeur
Joseph Ki Zerbo qui ont dû avoir lieu ce week-end
du 23 au 24 novembre, à Toma, son village natal.
Nous pouvons mettre notre main au feu que la fête
aura été impressionnante et que de multiples
amis seront venus, même de l’extérieur
du pays, pour lui rendre des hommages d’affection,
de reconnaissance, pour tout ce qu’il a fait
durant sa vie si bien remplie.
* Qui a dit que l’affaire Arche de Zoé
n’avait pas de parenté avec celle des
infirmières bulgares ? Allez un peu voir ce
qui se passe en ce moment à N’Djamena
et Abéché. Tout ce « show »
qui est fait par Idriss Déby, c’est quoi
sinon pour surfer sur une affaire afin de rehausser
son image flétrie ? Toutes ces familles des
enfants, tous ces chauffeurs, nounous de l’Arche
de Zoé qui demandent des dédommagements
pour avoir été abusés, c’est
quoi sinon l’exploitation d’une affaire
qui est tombée à point nommé,
comme le disait aux médias le fils de Kadhafi,
Saïf el-Islam, de l’affaire des infirmières
bulgares ? Il y en a qui diront que c’est inhumain,
que c’est amoral et d’autres qui rétorqueront
qu’on n’a pas de leçon de moralité
à recevoir de gens qui depuis la nuit des temps,
nous exploitent jusqu’à vouloir vendre
leurs enfants. Bref, ici encore, c’est l’histoire
de l’œuf et de la poule !
8
ème FOCAL DE L’UNDD
« AVANT LA REFONDATION, LES RECADRAGES HISTORIQUES
»
Le samedi 24 Novembre
2007, la Convention régionale de l’Union
nationale pour la démocratie et le développement
(UNDD) du Centre Ouest a organisé le 8e Forum
de communication alternative (FOCAL) dans la salle
de conférence de l’environnement de Koudougou
sur le thème : ‘’Avant la refondation,
les recadrages historiques’’. Monsieur
DABO Amadou, vice président de l’UNDD
était présent avec une délégation
du Bureau Exécutif National. Marcelin Yaméogo,
Adama Ouédraogo et Koala Lassané respectivement
Président de la convention, S.G communal et
SG de la jeunesse, étaient les principaux communicateurs
avec le soutien du vice président. La mobilisation
des militants était à la hauteur de
l’événement.
L’objet de cette
rencontre était d’investiguer l’histoire
pour mieux éclairer les choix faits (bons comme
mauvais), en tentant de déterminer certaines
constantes qui ne peuvent pas être méprisées
sans dommages dans l’édification nationale.
C’est pourquoi d’ailleurs parlant des
festivités du 11 Décembre, l’UNDD
estime qu’on tente de détourner la fête
de son objectif pour tomber dans le panégyrique
du régime puisque la décentralisation
est un de ses thèmes majeurs que le pourvoir
pense avoir conduit dans des conditions satisfaisantes
alors que, sur cette question, il reste bien d’illusions
à dissiper. Les militants pour l’occasion
ont écouté avec beaucoup de joie le
discours de Maurice Yaméogo qu’il a prononcé
le 27 Décembre 1960 lors de l’installation
de Denis Yaméogo, 1er Maire de Koudougou. Sa
vision sur la décentralisation était
bien définie.
Sur le 11 Décembre lui-même, les militants
de l’UNDD adhèrent au principe de sa
célébration parce que c’est une
date consensuelle mais sur le côté festif,
les militants disent que le régime ferait mieux
d’ investir une bonne partie de l’argent
prévu pour ce jour, dans l’achat de vivres,
de médicaments aux plus démunis, de
régler les sommes encore dues aux travailleurs
déflatés de Faso Fani, du CNEA, etc…L'adhésion
de l’UNDD à la fête du 11 Décembre
a donc été assortie de critiques.
L’UNDD considère
aussi le 11 Décembre comme une date consensuelle
parce qu’elle représente une réaction
contre une tentative de monarchisation constitutionnelle
du pouvoir, avec la complicité de l’ancienne
puissance coloniale et est de ce fait porteuse d’un
Symbolisme de courage, d’indépendance
et de résistance à l’oppression.
Les responsables du parti ont invité les militants
à créer une structure associative appelée
les « Gardiens de la Mémoire »
(GAM) qui va proposer des célébrations,
des conférences ou toute activité qui
pourrait contribuer à la réappropriation
de l’histoire et à sa préservation
de toute instrumentalisation.
Par
Adama Ouédraogo
Koudougou