Mise à jour le 25/11/2007
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San Finna N°441 du 26 Novembre au 02 Décembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

Tribune de la femme

* La rencontre des militaires contestataires à la Maison des retraités a eu lieu le 25 novembre à 9 hures. Grande nouveauté : la presse était tenue à l’écart. Pourquoi ? Pour ne pas dévoiler leurs stratégies, a-t-on cru comprendre. C’est de l’extérieur qu’on a pu entendre des applaudissements, des « La patrie ou la mort… » qui font penser qu’il y a eu accord mais pourquoi ? That is the question ! Les bruits vont bon train. On parle du document à signer avec le comité ad hoc pour matérialiser la rupture des négociations, de marche ce lundi matin 26 novembre, de boycott du 11 décembre…Wait and see !

* Les clandestins qui périssent en tentant de rallier l’Europe sont-ils des martyrs ? Voici un débat qui fait rage en Egypte. Le mufti de ce pays a estimé que non. Mais son avis religieux intervenant après la mort de 26 Egyptiens, vient d’être contredit par la plus haute instance de l’islam sunnite. Qu’en pensent les Musulmans au Faso ? Nos colonnes, comme nous aimons à le dire, sont ouvertes !

* Les partenaires du PDDEB ne seraient pas très satisfaits des résultats du MEBA, suite à une mission conjointe sur le terrain avec ce dernier. C’est ce que nous apprend notre confrère Sidwaya qui a repris les propos du chef de file des Partenaires techniques et financiers (PTF), l’ambassadeur néerlandais Gérard Duijfjes, qui a regretté que « les documents sur la réforme du système éducatif et la phase II du PDDEB n’aient pas été disponibles bien avant la mission étant donné que ces deux sujets sont d’actualité au Burkina Faso » et qui surtout a estimé que « Les implications pour la petite enfance, la gratuité de l’enseignement de base public et l’enseignement post primaire ne sont pas à notre avis suffisamment clarifiées à ce jour ». L’Observateur Paalga, dans sa dernière Lettre pour Laye, est allé plus loin en affirmant que les partenaires auraient réclamé ni plus ni moins que le remboursement des sommes dépensées sans justificatifs (1 milliard 500 millions FCFA). Cette question vient à l’esprit : pourquoi diable les partenaires, qui prônent la bonne gouvernance, sont-ils si discrets lorsqu’ils tombent sur des cas de mauvaise gouvernance, ne faisant connaître que superficiellement leurs récriminations ?

* Au Liban, ça n’a pas fonctionné : l’élection présidentielle, après plusieurs reports, n’a pas eu lieu le vendredi passé, laissant un vide constitutionnel puisque Emile Lahoud a quitté ses fonctions sans successeur. L’élection de nouveau reportée à vendredi prochain, ouvre une nouvelle période d’incertitude pour les Libanais. Dieu fasse que ce ne soit pas le chaos au pays du cèdre !

* A Bobo-Dioulasso, un engin volé et retrouvé par les agents de la police municipale lors de leur contrôle de routine (une moto ninja) aurait été utilisé par un « boss » de la maison qui l’aurait finalement abandonné. On murmure aussi qu’il y aurait eu dissipation des perdiems de la garde du marché central. Il y a intérêt à calmer tous ces bruits sinon, ça risque de chauffer dans la ville de Sya surtout si l’on ne répond pas à la plateforme revendicative des agents de la police municipale !

* Au Cambodge, l’ex ministre des Affaires étrangères du tristement célèbre et sanguinaire Pol Pot, Ieng Sary, a été arrêté le 12 novembre dernier. C’était l'une des plus visibles figures du régime des Khmers rouges au Cambodge entre 1975 et 1979, beau-frère de Pol Pot, le chef du groupe dirigeant. Cette arrestation a été décidée par le tribunal parrainé par les Nations unies chargé de juger les responsables du génocide qui s'est alors tenu dans le pays. C’est drôle : le droit à l’oubli que certains invoquent pour les crimes contre l’humanité, est à géométrie variable, selon la nature des intérêts en présence. En Libye où l’offre énergétique et d’investissement est très forte, ce droit à l’oubli est encouragé et pratiqué. Au Cambodge, où l’or noir ne coule pas à flots, ce droit est écarté et même flétri. Ainsi va la gouvernance du monde !

* Qui savait au Faso qu’avant même de prendre la décision historique de supprimer la carte de séjour en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo en avait considérablement diminué le montant ? C’est en tout cas ce que les Amis de Laurent Gbagbo (ALG) nous ont appris tout dernièrement, dans leur déclaration félicitant cette décision de suppression de la carte de séjour !

* On a noté que le Fonds africain de développement a remis récemment à Ouagadougou, 27 milliards fcfa au Bénin, au Burkina, au Mali et au Tchad, pays co-auteurs de l’initiative sectorielle en faveur du coton. Il ressort que ce fonds vise l’augmentation de la production et la compétitivité de la filière. Au détour des commentaires, on apprend aussi qu’une clause de cette initiative prévoit « un partage d’expériences et de matériel génétique ». Alors, ça fait tilt : et si le souci était aussi de motiver ces autres pays jusqu’alors plus réticent que le Burkina Faso, à s’engager résolument et sans retour dans l’aventure de l’ogémisation du coton ? Eh oui, c’est bien possible.

* Le conseil municipal de Koudougou s’est réuni en session ordinaire, 3ème du genre en 2007 les 22 et 23 novembre, pour examiner l’avant-projet de budget définitif. Il s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de 385.186.464 fcfa dont 273.479.990 f pour la section dépenses et recettes de fonctionnement et pour la section dépenses et recettes d’investissement, de 111.706.474 fcfa. En outre, un plan d’action communal de soutien aux personnes défavorisées 2008/2012 a été adopté et dont l’objectif est de permettre à la commune de répondre de manière efficace à la demande sociale de plus en plus forte des hommes et des femmes issus de couches sociales défavorisées. Un groupe communal de coordination des œuvres sociales (GCCOS) a été mis en place.

* Lu sur le site www.marianne2.fr, cette sentence de Rémy Prud'homme, Professeur émérite, Université Paris XII : « Le Grenelle de l'environnement a accouché d'une montagne : un plan obligatoire de rénovation des bâtiments d'un montant de 600 milliards d'euros, qui va sérieusement amputer le pouvoir d'achat des Français ». Il estime en effet que ça ne va pas coûter moins de 3.000 euros par an et par ménage ! Comme une femme doit souffrir pour être belle, il faudra souffrir de multiples façons pour que notre planète ne se dégrade pas trop. En tout cas, là ça vaut le coup, n’est-ce pas ?

* A Nandiala, après les troubles que vit Kindi (voir article dans A vue de pays), ça ne va pas très fort non plus entre la population et le maire. Là-bas, les chefs coutumiers demanderaient à rencontrer l’édile le 30 novembre pour lui faire part de leur mécontentement. Cela nous amène à nous demander, puisque ces problèmes se posent sur l’ensemble du territoire, s’il n’y a pas une enquête à faire (alors qu’on en a que pour la réussite de la communalisation intégrale) pour comprendre un peu ces divorces qu’on constate dans les communes entre les édiles et les administrés. Est-ce parce qu’ils manquent de transferts réels de compétences, de ressources financières ou est-ce parce qu’ils n’ont pas les ressources humaines et de légitimité ? Il n’en manque pas, en effet, pour soutenir cette dernière thèse en particulier, incriminant le manque de transparence qui catapulte dans les conseils municipaux, des élus qui ne sont pas toujours représentatifs.

* Cela ressort de plusieurs journaux français : Mouammar Kadhafi demande pour sa visite officielle en France en décembre qu'une tente de bédouin soit installée dans le parc de l'hôtel Marigny afin d’y recevoir ses hôtes, mais non pour y dormir, précisent ces journaux. Si lui passer ce petit caprice peut arranger les affaires, ce n’est pas le VRP Sarkozy qui dira non !

* C’est le journal Le Monde qui nous l’apprend : « La procédure judiciaire pour ‘recel de détournement de fonds publics’ et ‘complicité’ ouverte contre le président gabonais, Omar Bongo, et congolais, Denis Sassou Nguesso, sur plainte de trois associations françaises, a été classée ‘sans suite’ par le parquet de Paris, le 13 novembre. Le vice procureur Jean-Michel Aldebert a estimé, dans cette décision rendue publique vendredi 23 novembre, que les investigations policières n'avaient ‘pas permis de mettre en évidence des infractions pénales’ ». Les associations Sherpa, Survie et la Fédération des Congolais de la diaspora ont qualifié cette décision de politique et d’inacceptable : «Par cette décision, la France envoie un signal désastreux à la population africaine qui, légitimement, pouvait espérer ce qu'elle ne peut pas obtenir sur son sol, c'est-à-dire l'identification de ceux qui, par les détournements massifs d'argent public opérés, contribuent à son appauvrissement ». Et elles ont annoncé le dépôt dans les prochains mois d'une plainte avec constitution de partie civile.

* Nous ne pouvions pas ne pas dire un mot sur les funérailles chrétiennes de feu le Professeur Joseph Ki Zerbo qui ont dû avoir lieu ce week-end du 23 au 24 novembre, à Toma, son village natal. Nous pouvons mettre notre main au feu que la fête aura été impressionnante et que de multiples amis seront venus, même de l’extérieur du pays, pour lui rendre des hommages d’affection, de reconnaissance, pour tout ce qu’il a fait durant sa vie si bien remplie.

* Qui a dit que l’affaire Arche de Zoé n’avait pas de parenté avec celle des infirmières bulgares ? Allez un peu voir ce qui se passe en ce moment à N’Djamena et Abéché. Tout ce « show » qui est fait par Idriss Déby, c’est quoi sinon pour surfer sur une affaire afin de rehausser son image flétrie ? Toutes ces familles des enfants, tous ces chauffeurs, nounous de l’Arche de Zoé qui demandent des dédommagements pour avoir été abusés, c’est quoi sinon l’exploitation d’une affaire qui est tombée à point nommé, comme le disait aux médias le fils de Kadhafi, Saïf el-Islam, de l’affaire des infirmières bulgares ? Il y en a qui diront que c’est inhumain, que c’est amoral et d’autres qui rétorqueront qu’on n’a pas de leçon de moralité à recevoir de gens qui depuis la nuit des temps, nous exploitent jusqu’à vouloir vendre leurs enfants. Bref, ici encore, c’est l’histoire de l’œuf et de la poule !


8 ème FOCAL DE L’UNDD
« AVANT LA REFONDATION, LES RECADRAGES HISTORIQUES »

Le samedi 24 Novembre 2007, la Convention régionale de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) du Centre Ouest a organisé le 8e Forum de communication alternative (FOCAL) dans la salle de conférence de l’environnement de Koudougou sur le thème : ‘’Avant la refondation, les recadrages historiques’’. Monsieur DABO Amadou, vice président de l’UNDD était présent avec une délégation du Bureau Exécutif National. Marcelin Yaméogo, Adama Ouédraogo et Koala Lassané respectivement Président de la convention, S.G communal et SG de la jeunesse, étaient les principaux communicateurs avec le soutien du vice président. La mobilisation des militants était à la hauteur de l’événement.

L’objet de cette rencontre était d’investiguer l’histoire pour mieux éclairer les choix faits (bons comme mauvais), en tentant de déterminer certaines constantes qui ne peuvent pas être méprisées sans dommages dans l’édification nationale. C’est pourquoi d’ailleurs parlant des festivités du 11 Décembre, l’UNDD estime qu’on tente de détourner la fête de son objectif pour tomber dans le panégyrique du régime puisque la décentralisation est un de ses thèmes majeurs que le pourvoir pense avoir conduit dans des conditions satisfaisantes alors que, sur cette question, il reste bien d’illusions à dissiper. Les militants pour l’occasion ont écouté avec beaucoup de joie le discours de Maurice Yaméogo qu’il a prononcé le 27 Décembre 1960 lors de l’installation de Denis Yaméogo, 1er Maire de Koudougou. Sa vision sur la décentralisation était bien définie.
Sur le 11 Décembre lui-même, les militants de l’UNDD adhèrent au principe de sa célébration parce que c’est une date consensuelle mais sur le côté festif, les militants disent que le régime ferait mieux d’ investir une bonne partie de l’argent prévu pour ce jour, dans l’achat de vivres, de médicaments aux plus démunis, de régler les sommes encore dues aux travailleurs déflatés de Faso Fani, du CNEA, etc…L'adhésion de l’UNDD à la fête du 11 Décembre a donc été assortie de critiques.

L’UNDD considère aussi le 11 Décembre comme une date consensuelle parce qu’elle représente une réaction contre une tentative de monarchisation constitutionnelle du pouvoir, avec la complicité de l’ancienne puissance coloniale et est de ce fait porteuse d’un Symbolisme de courage, d’indépendance et de résistance à l’oppression.
Les responsables du parti ont invité les militants à créer une structure associative appelée les « Gardiens de la Mémoire » (GAM) qui va proposer des célébrations, des conférences ou toute activité qui pourrait contribuer à la réappropriation de l’histoire et à sa préservation de toute instrumentalisation.

Par Adama Ouédraogo
Koudougou





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