San
Finna N°442 du
03 au 09 Décembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
NOUVELLES
EMEUTES EN BANLIEUE FRANÇAISE
La
mort de deux adolescents a entraîné une escalade
de violence en banlieue parisienne. Le calme est revenu
mercredi dernier.
Le
calme est revenu à Villiers-le-Bel, une commune
sensible du Val d’Oise située en banlieue
parisienne, théâtre en début de semaine
dernière d’affrontements entre jeunes et
forces de police. Deux ans après les émeutes
urbaines de l’automne 2005, ces nouvelles échauffourées
qui se sont propagées à quelques communes
environnantes, ont fait 82 blessés du côté
des policiers, des centaines de voitures brûlées,
des magasins pillés et plusieurs édifices
publics incendiés. A l’origine de ces affrontements
: la mort lundi dernier en fin d’après-midi
de deux adolescents. Ils roulaient sans casque avec leur
mini moto, quand ils ont percuté une voiture de
police qui patrouillait dans la cité.
Recevant les familles des victimes à son retour
de Chine, Nicolas Sarkozy a ouvert une information judiciaire
contre X pour « homicides involontaires »,
afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances
exactes de l’accident. Pour l’heure, la thèse
officielle retenue est celle de l’accident de circulation
et les premiers éléments de l’enquête
écartent toute responsabilité des policiers.
Mais tout en appelant au calme, les proches des victimes
contestent cette version des faits et accusent les fonctionnaires
d’avoir délibérément percuté
la mini moto.
Jeudi, dans une allocution télévisée,
le président de la République a prôné
la fermeté envers les jeunes qui ont notamment
tiré au fusil sur les policiers. « Je ne
prends pas ce genre d’évènements à
la légère. Un fonctionnaire a perdu un œil,
un autre a été lynché à coups
de barre de fer. Pour eux (les coupables), ce sera la
cour d’assises ».
Il s’est refusé à mettre un sou supplémentaire
dans le tissu social des banlieues, déclarant :
« Je ne répondrai pas en donnant plus de
moyens ». Et a renvoyé l’opposition
comme certains membres de sa majorité dans les
cordes, qui réclamaient le retour de la police
de proximité. Instaurée sous le gouvernement
Jospin, cette police de proximité basée
sur un lien plus étroit entre les policiers et
le tissu social local, avait fait ses preuves au regard
des chiffres sur la délinquance.
Pour François Hollande, premier secrétaire
du PS, ces nouvelles émeutes urbaines traduisent
« une crise sociale et politique profonde ».
Didier Vaillant, le maire de Villiers-le-Bel, a rappelé
que sa commune enregistre « 19% de chômeurs
».
Le scénario qui a précédé
les émeutes a fait craindre une escalade de violences
similaire à 2005. La mort dans un transformateur
électrique à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)
de deux jeunes poursuivis par la police avait provoqué
trois semaines de violences urbaines sans précédent
dans l’histoire contemporaine du pays.
Matthieu
Hérault
LE
COUP D’ETAT MONARCHIQUE DE CHAVEZ
QUE DIEU SAUVE LE VENEZUELA
Pour
la première fois, Hugo Chavez est perturbé
dans son assurance tranquille car ses opposants mobilisent
autant que lui, sinon plus. Le voilà donc exposé
au risque d’un vote négatif au référendum
constitutionnel de ce premier dimanche de décembre,
initié pour lui permettre de se présenter
ad vitam aeternam aux élections présidentielles.
Est-ce la raison qui le pousse à titiller le nationalisme
vénézuélien en accusant au cours
de la campagne, ses opposants de collusion avec l’impérialisme
américain pour le renverser et faire échec
aux réformes sociales qu’il propose au bénéfice
de son peuple ? Il n’y a pas grand doute à
cet égard tellement la manœuvre est grossière.
En tout cas, tout démocrate sincère ne peut
que s’inquiéter des dérives monarchistes
qu’on constate dans ce pays pris en otage par un
homme des plus fantasques, et souhaiter que pour l’avenir
de la démocratie vénézuélienne
et pour couper court à toute contagion, le peuple
ait raison de sa révolte contre ce bradage de sa
démocratie chèrement reconquise ! Une idée
des deux forces en présence dans la capitale, avec
les deux photos ci-dessous !
Une marée humaine manifestant
contre la réforme constitutionnelle
à Caracas. (Photo : Reuters)
Une marée humaine manifestant
pour la réforme constitutionnelle (Photo
Lorient-le-Jour)