Mise à jour le 02/12/2007
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°442
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope

PUBLICITES

Galerie de photos

 
 

LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni


RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!
          
San Finna N°442 du 03 au 09 Décembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

AU ROYAUME DE BOUSSOUMA
LA FETE DU KI-TOIGA FUT BELLE


L’un des cinq (5) Dima du Mogho, sa Majesté le Naba Souré de Boussouma, à l’état-civil Salfo Théodore Ouédraogo (Député à l’Assemblée nationale), accomplissait ce week-end une des cérémonies les plus célèbres, le Ki-toiga, fête des récoltes. Véritable monarque au cœur de la savane burkinabé à un vol d’oiseau de la capitale Ouagadougou et à un jet de pierre du chef lieu de la région du Centre Nord, Kaya, le Dima de Boussouma, par la filiation, est parenté aux autres Dima qui règnent à Ouagadougou, Tenkodogo, Fada et Ouahigouya. Boussouma est un royaume indépendant où son roi par essence a droit de vie ou de mort sur ses sujets. Immersion au cœur d’une fête qui célèbre les récoltes et une nouvelle année traditionnelle.

Le Sonré Naba de Boussouma règne sur 12 cantons avec à leur tête des Kombèemba (princes de sang royal) et en pareille occasion, tout le royaume s’était mobilisé pour venir renouveler son allégeance au roi et commémorer avec lui la fête des récoltes et la nouvelle année. Dépêché pour aller y être vos yeux et vos oreilles, c’est à bord d’un car bringuebalant que nous avons pris la route. Expédition marquée par un concert de ronflements de qualité supérieure pendant près de deux heures et par des haltes incessantes du chauffeur pour embarquer des passagers comme le ferait un taxi-brousse.

Dans cette ambiance à dépayser le touriste, je suis arrivé à Boussouma. Des milliers de personnes s’étaient donné rendez-vous devant la cour du roi qui s’était à l’occasion, paré de ses plus beaux atours. Les délégations venues de tout le royaume allaient tour à tour rendre hommage au roi qui était entouré des notabilités, de sa cour.

Après le rituel de la courte fuite et de son retour au palais royal le jeudi 29 novembre, le Naba Sonré de Boussouma sonnait de ce pas, la cloche du début des festivités. Ainsi, le vendredi 30 novembre et le samedi 1er décembre, ce furent des journées exclusivement consacrées à la coutume et aux rites qui accompagnent la célébration du Ki-toiga. Le dimanche, c’est-à-dire hier le 2 décembre, on a laissé place aux
réjouissances populaires et au banquet offert par le roi à ses convives venus du royaume et d’ailleurs.

Mais dès le samedi 1er décembre, il n’y avait plus de place autour du palais royal. Chaque ombre et chaque espace étaient pris d’assaut par une foule nombreuse et par une population qui a aussitôt transformé les lieux, en marché.

Au milieu des artificiers du roi, de la poussière soulevée par les danseurs de « warba » et autres groupes, des vendeurs de pastèques, de viande, de galettes… commerçaient sans souci. Mais au-delà de cette insouciance mêlée à la joie du Ki-toiga, nous avons constaté que même les murs et les arbres étaient pris d’assaut par la population. Le Soubèga Naba Kougri avec ses notables, était installé sous un arbre. Visiblement surpris par l’engouement de la population, il nous a confié que sa présence se justifie par sa volonté de « perpétrer la tradition en venant faire allégeance au roi qui est son père et à participer à la commémoration du Ki-toiga ».

Très avare en mots sûrement à cause de la réserve légendaire qu’observent certains face à leur Dima, il nous a encouragé « à continué de travailler dans le sens de faire connaître la tradition afin qu’elle perdure ».

Pour avoir accès au roi afin de réaliser quelques photos, nous avons dû batailler ferme, parfois au prix de bousculades monstres tellement le Dima était inaccessible. Il avait sûrement la tête ailleurs que de répondre à nos questions. Alors nous nous sommes approchés du Daporé Toogo Naba qui n’a pas été plus bavard que le précédent mais qui nous dira tout de même que cette « cérémonie répond à l’accomplissement d’une tradition venant des ancêtres. C’est la fin de la saison des pluies et la récolte a été bonne, alors la célébration du Ki-toiga vient comme une bénédiction afin que les populations consomment sans crainte leurs récoltes. Au cours de la cérémonie, des bénédictions sont aussi demandées en faveur des populations et de tout le pays afin qu’il y règne la paix ».

Au fil du défilé des délégations auprès du roi, les artificiers ont assuré le spectacle à travers des canonnades à réveiller des morts. Et comme en pareil cas, alors que les enfants étaient emplis de frayeurs et de pleurs, on en voyait qui prouvaient leur sang-froid en restant de marbre et d’autres qui avouaient leur sensiblerie en bouchant leurs oreilles ou par moult tressaillements. Ce qui est sûr, c’est que les tympans en auront eu pour leur compte !

Avant de quitter Boussouma, nous avons rencontré le Kamb-Naba, un homme atypique ayant une connaissance pointue de l’histoire du royaume mais qui refusera de se confier à la presse. Nous avons donc eu un court magistral d’histoire mais hors micro. Une histoire qui remonterait à Naba Koundoumyé à nos jours marquée de hauts faits et de volonté d’indépendance renouvelée.

Et sur le chemin du retour, beaucoup d’images continuent à défiler dans notre tête tellement il y a eu une adhésion sans faille à la manifestation qui démontre encore une fois la richesse de notre culture et l’engouement qu’elle suscite auprès des populations.

Il y a là comme une invite à sauvegarder notre identité en protégeant notre mémoire mais aussi à valoriser notre capital touristique, ce qui n’est pas sans avantages non plus.

Pour respecter la tradition, nous souhaitons d’autant plus bonne et heureuse fête du Ki-toiga au Dima de Boussouma qu’il a rempli son contrat de valorisation de notre culture et à ses sujets qui n’ont pas boudé les festivités.

Aristide Ouédraogo


NOTE DE LA REDACTION

Nous annoncions pour ce numéro, un entretien avec Madame Séraphine Ouédraogo. Elle n’a pas donné signe de vie au journal malgré nos relances, toute la semaine écoulée ; certainement compte tenu de ses activités. Nous espérons pouvoir la rencontrer la semaine prochaine pour parler du cas de Zongo qui intéresse beaucoup de monde, à ce que nous avons senti après l’article publié dans notre organe.





Site réalisé par Come Tell The World