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DEVAIT-ON
OU NON PUNIR L’ANGLAISE RESIDANT AU SOUDAN
POUR AVOIR ACCEPTE QUE SES ELEVES APPELLENT LEUR
OURS EN PELUCHE, MOHAMED ?
L’affaire
fait grand bruit. Au Soudan, une institutrice britannique
d’une école privée, a été
arrêtée pour avoir accepté que
ses élèves appellent leur nounours,
Mohamed. Gillian Gibbons, puisque c’est d’elle
qu’il s’agit, a donc été
arrêtée le 25 novembre suite à
la plainte de parents qui estimaient qu’ en
autorisant les bambins à donner un tel prénom
à leur nounours, il y a eu insulte au Prophète
des musulmans. Comme on peut l’imaginer, la
polémique a tout de suite vu le jour : certains
condamnent sans rémission l’enseignante
qui est majeure et vaccinée et qui sait qu’en
vivant au Soudan, elle doit se soumettre aux us
et coutumes, ne rien faire qui offense la religion
et qu’elle doit donc payer ; d’autres
disent qu’elle n’a fait qu’accepter
de se soumettre au désir des enfants et qu’il
n’y a vraiment pas de quoi fouetter en chat
et qu’en conséquence, on doit immédiatement
la libérer des geôles soudanaises.
Un « Deux sons de cloche » intéressant,
avouons-le.
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| L’INSTITUTRICE
GIBBONS A MAL AGI ET ELLE DOIT EN SUPPORTER LES
CONSEQUENCES
Le proverbe est légendaire chez nous : quand
on arrive dans un pays où tout le monde marche
sur la tête, il faut à son tour, marcher
sur la tête. Avec ça, on peut dire
qu’on a tout dit. Gillian Gibbons vit dans
un pays où on applique la Charia, elle doit
s’y conformer surtout lorsque ce pays s’appelle
le Soudan. En tant que personne majeure, et qui
plus est enseignante, elle sait parfaitement que
toute représentation du Prophète est
interdite. Alors, elle devait dire non aux enfants
en leur expliquant les raisons et les aider à
choisir un autre prénom à leurs ours
en peluche. En ne le faisant pas et en décidant
de les faire voter comme s’ils étaient
des personnes responsables, elle a mal agi ; c’est
manifeste et elle doit payer pour cela. On pourrait
presque dire à ce sujet d’ailleurs,
qu’elle a une certaine chance, car si c’était
un Musulman qui avait agi comme elle l’a fait,
il risquait la peine de mort ; elle, étant
étrangère, ne devrait subir qu’une
peine bien plus légère, et encore
si on décide de l’appliquer : quelques
coups de fouet et éventuellement une amende
et une expulsion du territoire soudanais. En tout
cas, les explications des autorités tiennent
parfaitement la route : "L'Islam respecte la
liberté des autres et leur liberté
de parole, mais cela ne doit pas se faire au dépend
de nos croyances ou au dépend de notre religion
», explique cet imam, qui poursuit : «
L'Islam donne une chance aux gens d'exprimer leur
opinion. Mais en retour nous demandons aux autres
de respecter nos opinions". Par ailleurs, c’est
en vertu de l’article 125 du code pénal
soudanais, et cela à la suite de plusieurs
plaintes de parents d’élèves
auprès du ministère de l’Education
soudanais qu’elle a été inculpée
pour atteinte à l’Islam et sédition.
Le pouvoir soudanais a fait cela, on le comprend
bien, pour sensibiliser le monde sur le prix qu’il
accorde à ses croyances. Il n’y a pas
de mal à cela, tout au contraire. Qui osera
maintenant s’amuser sur le dos du Prophète,
comme l’a fait l’institutrice ? Certainement
peu de gens. Alors, à quelque chose malheur
est bon, comme on dit. Et ce n’est pas Abdoulaye
Koté, étudiant, qui dira le contraire,
lui qui pense que «Quelquefois, des Européens
se croient tout permis. Ils font tellement de choses
avec un tel mépris pour les autres qu’il
est bien qu’un tel jugement puisse donner
l’exemple. De même que les caricatures
du Prophète Mohamed en Europe, ce que cette
femme a fait montre jusqu’à quel point,
on peut associer l’Islam à tout, et
surtout le Prophète, et cela est intolérable
».
TOMI. |
LIBERONS
L’ENSEIGNANTE GILLIAN GIBBONS DES GRIFFES
DE CES INTOLERANTS
C’est incroyable, ce qui arrive. On a jeté
une femme en prison comme on le ferait d’un
grand criminel et pour quelle raison ? Pour une
histoire de prénom donné à
un ours. Ca ferait presque rire si ce n’était
dramatique ! Gillian Gibbons, qui adore ses élèves,
a accepté ce qu’ils lui demandaient
: appeler leur nounours bien aimé, Mohamed,
du nom d’un des élèves de la
classe, et cela après un vote démocratique.
20 enfants sur 23 ont choisi Mohamed comme prénom
préféré parmi tant d’autres
comme Hassan, Abdullah. Mohamed est bien sûr
le nom du Prophète musulman mais surtout
un prénom très commun au Soudan. Où
est le mal ? Elle n’a vu qu’amour dans
cette proposition des enfants et ne pouvait en conséquence
la refuser mais les autorités de ce pays,
elles, y ont vu un crime. Gillian Gibbons, qu’on
dit bouleversée par tout ce qui lui arrive
ne travaillait même pas dans le public, elle
enseignait dans une école privée,
qui plus est en anglais, ce qui suppose que le pouvoir
soudanais n’était pas en principe hermétique
à ce que soit enseignée cette langue
de colon chez eux, donc il fallait en accepter les
conséquences : que les enfants aient des
poupées ou autres ours comme dans les pays
« civilisés ». On a donc, en
représailles, fermé l’école,
malgré les excuses de la direction (qui a
renvoyé l’institutrice de son poste)
et la pauvre dame, emprisonnée depuis le
25 novembre, risque 6 mois de prison, 40 coups de
fouet et une amende. Cela a choqué. Un de
ses collègues musulmans, enseignant dans
la même école a précisé
qu’il l’a connaissait bien et qu’elle
n’aurait jamais fait quoi que ce soit qui
puisse être insultant envers une foi religieuse
: « Je regrette juste qu’elle ait demandé
aux enfants de voter pour un nom ». Il ne
s’agit selon lui que d’une «erreur
innocente ». Avis partagé par de nombreux
élèves qui la décrivent comme
« très attentionnée envers ses
élèves » et « qui
ne parle jamais de religion en classe ».
Alors, dans quel monde sommes-nous ? Il faut une
mobilisation pour la faire libérer des griffes
de ces gens intolérants et de ceux qui se
plient à leur diktat comme la direction de
cette école qui l’a lâchée
dans le malheur. Par ailleurs, on apprend que l’ours
était ainsi dénommé depuis
septembre 2006 : on se demande pourquoi c’est
des mois après que les autorités réagissent.
N’y aurait-il pas anguille sous roche ? Et
puis si la dame voulait insulter l’Islam,
elle aurait pu le faire tranquillement, sans rien
risquer, en Grande-Bretagne, ce qui veut bien dire
qu’elle était de bonne foi ! Même
le président du conseil des musulmans du
Royaume-Uni, Abdoul Bari, s'est déclaré
"horrifié" par cette inculpation
"qui défie le sens commun" (in
Le Monde du 29 11 2007).
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TOZI.
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