San
Finna N°443 du
09 au 16 Décembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
CONTESTATION
DEMOCRATIQUE EN BOLIVIE
MORALES EN DIFFICULTE APRES CHAVEZ ?
Depuis
les civilisations précolombiennes, les Conquistadors,
Simon Bolivar, le système des vases communicants
fonctionne parfaitement en Amérique Latine. Rares
sont les évènements produits dans un pays,
surtout lorsqu’ils sont politiques, à ne
pas avoir d’influence dans le sous-continent. On
pourrait d’ailleurs s’étonner que l’intégration,
depuis Simon Bolivar, n’ait pas fait plus de chemin
dans cette partie du monde. Cette perméabilité
des phénomènes politiques s’est encore
vérifiée tout dernièrement à
travers la contagion du phénomène Chavez
en Amérique Latine. La vague socialiste a en effet
gagné plusieurs Etats latino-américains
par imitation de Chavez et grâce à son activisme.
Mais après une période ascendante, va-t-on
assister au reflux du phénomène ? Il y en
a qui le croient qui, après la déconvenue
du numéro un vénézuélien battu
au référendum qu’il a commandé,
tournent les yeux vers son colistier, Evo Morales, qui
semble actuellement connaître les mêmes assauts
d’une partie de l’opinion, excédée
par son socialisme ici et maintenant, ne s’embarrassant
pas des préoccupations constitutionnelles.
Evo
Morales
Les
conditions dans lesquelles s’est déroulée
dernièrement, la réforme de la constitution
(intervenue sans les 2/3 des voix requises et en
l’absence de l’opposition) a mis le
feu aux poudres entraînant de plus en plus
de Boliviens dans des actions de désobéissance
civile. Là-bas, comme au Venezuela, Morales
est accusé de vouloir confisquer le pouvoir
au peuple, de favoriser les siens et de les aider
à s’en mettre plein les poches en s’abritant
derrière une rigueur socialiste de façade.
Ce dernier, sûr de son fait comme Chavez, réagit
en s’adossant au peuple. Il en appelle à
un référendum pour le départager
de ses détracteurs. Le peuple dira si oui ou non,
il est d’accord avec ses réformes. Mais là
où il mouche quelque peu Chavez, c’est qu’il
va jusqu’au bout de ses intentions en demandant
un « référendum révocateur
». Il rejoint ainsi de Gaulle, reste fidèle
aux principes de la légitimité populaire
en prévenant que s’il est désavoué,
il quittera le pouvoir.
Bravo à Morales qui, soit dit en passant, a demandé
à ses adversaires (les préfets élus),
s’ils sont sûrs d’eux, de soumettre
également leur propre mandat à ce référendum
! Voilà une situation de défi démocratique
bien intéressante si tant est que les élections
à venir seront justes, équitables et transparentes
!