Mise à jour le 09/12/2007
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San Finna N°443 du 09 au 16 Décembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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ENTRETIEN AVEC MADAME RAMATA EDWIGE DIALLO
DIRECTRICE DE L’ECOLE SAINTE EDWIGE

Mme Ramata Edwige Diallo épouse Ilboudo est l’exemple même du dynamisme. Elle a décidé de se battre dans le domaine de la santé surtout quand elle touche le couple mère enfant. Après avoir constaté que les chiffres de décès maternels étaient très élevés et ayant un très grand sens de la maternité, elle a décidé de mettre sur pied, l’école Sainte Edwige. De nos jours, 150 élèves (5 garçons et 145 filles) y sont formés pour sortir les uns, infirmiers (infirmières) brevetés et autres accoucheuses (accoucheurs) auxiliaires et agents itinérants de santé. Nous l’avons rencontré dans les locaux de son établissement et elle ne s’est pas pliée en quatre pour nous conter ses motivations. Lisez plutôt !

San Finna : Bonjour Madame. Est-ce que vous pouvez vous présenter à nos lecteurs ?

Mme Diallo :
Bonjour, je suis madame Diallo Ramata Edwige, épouse Ilboudo. Je suis conseillère de santé et directrice fondatrice de l’Ecole « Sainte Edwige » où nous formons des sages-femmes, des infirmières et infirmiers brevetés, accoucheuses auxiliaires et agents itinérants de santé.


San Finna : Parlez-nous de cette école. Comment vous est-il venu l’idée de la construire ? Etait-ce aussi un moyen de faire fructifier votre argent ?

Mme Diallo :
Les moyens, je ne sais pas ce que c’est, je ne vois pas ce que vous voulez dire par là. Tout ce que je sais est que quand j’ai reçu l’autorisation d’ouvrir l’école, je n’avais pas une brique. Ma motivation première est surtout un cri de cœur. J’ai participé à l’époque à deux réunions où on parlait d’une mortalité maternelle qui était assez élevée, soit 1.000 décès pour 100.000 naissances vivantes au
Burkina Faso, alors qu’à l’époque, les statistiques parlaient de 484 décès pour 100.000 naissances vivantes.

Vous voyez, en tant que professionnelle de la santé, en tant que femme ayant accouché, en tant que sage-femme, quelque part, ce chiffre m’ait interpellée. J’étais profondément révoltée parce que, comme je le dis et comme tout le monde d’ailleurs, une femme ne doit pas mourir en donnant la vie parce que c’est la joie qu’on apporte dans une famille. Une femme qui meurt en couches, c’est une catastrophe pour la famille.

Moi, dans ma petite tête, je me demandais bien ce que je pouvais faire pour contribuer à la réduction de ce taux élevé de mortalité. Dans mes lectures, j’ai vu que l’OMS déclarait que le professionnel de santé le plus apte à lutter contre la mortalité maternelle, était la sage-femme. Je me suis donc dit que j’ai les compétences, étant donné que j’ai été sage-femme. J’ai fait des études supérieures et universitaires, j’ai les diplômes, j’ai enseigné pendant plus de 11 ans à l’Ecole nationale de santé publique.
Alors, l’idée m’est venue d’essayer de créer une école de sages-femmes pour accompagner l’Etat dans la lutte contre la mortalité maternelle. J’ai eu toutes les difficultés, contrairement à ce que vous pouvez penser, pour faire ce que vous voyez qui est fait aujourd’hui, ici. C’est vous dire que dans toute création, il y a des difficultés de démarrage, et jusqu’à présent, nous sommes toujours dans ces difficultés de démarrage.

San Finna : Combien d’élèves avez-vous aujourd’hui à votre actif ?

Mme Diallo :
150, qui reçoivent la même formation sur la base des mêmes programmes que ceux de l’Ecole nationale de santé publique.

San Finna : Comment appréciez-vous la condition de la femme au Burkina de nos jours ? Dans votre projet en tant que femme, est-ce que vous rencontrez des difficultés ?

Mme Diallo :
Un homme qui entreprend a des difficultés. Une femme qui entreprend en a encore plus mais il est reconnu à la femme, le courage et la ténacité. Nous les femmes, on a confiance en nous-mêmes et on essaie toujours d’évoluer lentement pour atteindre l’objectif qu’on s’est fixé.
Le Burkina Faso a fait un grand pas dans l’amélioration des conditions de vie des femmes mais comme on le dit : « c’est bon mais c’est pas encore arrivé ». Il reste encore à faire. Mais avec tous les efforts que je constate à gauche et à droite, je me dis que petit à petit, la femme s’épanouira davantage au Burkina.

San Finna : Quelles sont aujourd’hui vos ambitions pour Sainte Edwige et vous-même ?

Mme Diallo :
Concernant l’école, je me dis que quand les élèves issus de cette école vont être de très bons prestataires dans le domaine de la santé, j’envisagerais de faire quelque chose. De toutes les manières, on est à nos débuts et je profite vous dire que nous allons officiellement ouvrir nos portes le 10 décembre prochain à 10 heures.

San Finna : Si vous avez un dernier mot ?

Mme Diallo :
Mon dernier mot est un remerciement que j’adresse aux autorités qui m’ont délivré cette autorisation d’ouverture pour me permettre de réaliser quelque chose qui me tenait à cœur, c’est-à-dire contribuer à la prise en charge de la santé des populations, notamment le couple mère enfant. C’est un domaine hyper sensible et je sais que beaucoup d’hommes et de femmes ont le même sentiment que moi.

Je dis merci aux parents d’élèves et aux élèves qui m’ont fait confiance.
A vous aussi, je dis merci.

CY






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