Mise à jour le 16/12/2007
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San Finna N°444 du 17 au 23 Décembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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LA CELEBRATION DU 13 DECEMBRE N’A PAS FAILLI A LA TRADITION

Le 13 décembre 2007, cela faisait exactement 9 ans que Norbert Zongo, Ernest Zongo, Ablassé Nikièma et Blaise Ilboudo, avaient été retrouvés carbonisés sur la route de Sapouy et on se souvient à quel point, le peuple avait manifesté sa colère vis-à-vis du pouvoir, aussitôt indexé dans ce quadruple assassinat. Norbert Zongo, personne ne l’a oublié, était dans le collimateur du pouvoir en raison de ses vives, pertinentes et courageuses critiques mais aussi et surtout des enquêtes qu’il menait dans des dossiers particulièrement dérangeants. Celui portant sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, était entre toutes les enquêtes, la plus sensible. Le carnage de Sapouy était d’autant plus signé que Norbert Zongo avait reçu des menaces, qu’il avait échappé à une tentative d’empoisonnement et que l’enquête internationale indépendante avait révélé que le commando à l’origine du forfait venait de la garde présidentielle.

Ce 13 décembre donc, les parents, les amis de Norbert Zongo, étaient là,

Le Collectif le 13 décembre 2007
(Photo Sidwaya)

comme chaque 13 décembre, dans plusieurs villes du pays, pour se souvenir et pour renouveler leur détermination à lutter pour la vérité et la justice. A Ouagadougou, Koudougou et Bobo-Dioulasso en particulier, la tradition a été respectée.

Dans la capitale, le Collectif a fait un point de presse et les militants ont été priés de se rendre au cimetière pour le dépôt des gerbes de fleurs sur les

tombes. A la Place de la Nation, où on remarquait particulièrement les drapeaux rouges des militants de la CGT-B et les militants de l’UNIR/MS habillés en tee-shirts à l’effigie de leur parti, les gens arrivaient en portant pour la plupart un foulard noir autour du cou en signe de deuil.

A l’occasion de la marche qui allait de la place de la Nation à l’avenue Houari- Boumédienne en passant par le rond-point des Nations unies et l’avenue Kwamé-N’Krumah, avant le dernier tournant pour rejoindre le point d’origine, c’est au niveau de la grande cathédrale, on entendra comme chaque année, les slogans hostiles au pouvoir tels que « Blaise Compaoré grilleur », « régime d’impunité », « juges acquis »…

Puis ce fut le temps des discours enflammés, notamment celui du nouveau président du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques, Chrysogone Zougmoré, qui entend lutter pour "contraindre le pouvoir de la IVe République et sa justice à instruire le dossier Norbert Zongo, à trouver les assassins, à les juger et à les condamner à la hauteur de leur forfait".

On notera cette année, l’ hommage rendu à feu le professeur Ki Zerbo et l’engagement pris de célébrer de façon particulière le 10 ème anniversaire et de lutter avec encore plus de détermination contre le non-lieu afin de faire échec à la volonté du pouvoir d’enterrer le dossier.

A Koudougou, comme chaque année, la foule a été aussi au rendez-vous. Elle était d’autant plus nombreuse que le non-lieu dans le dossier y est très mal ressenti dans la ville d’origine de Norbert Zongo. C’est donc dans la même détermination qu’à Koudougou, on a vu des manifestants revêtus des seuls tee-shirts à l’effigie de Norbert Zongo scander les mêmes slogans et exprimer leur irritation. Il s’en est fallu de peu que l’on ne s’en prenne à un bien de Madame Jean Tarin Yaméogo parce que des photos de Blaise Compaoré y auraient trôné ostensiblement.

Au moment où nous bouclons, les Femmes en noir, qui étaient présentes aux cérémonies du 13, sont en train de commémorer à leur façon le 16 décembre, date de l’inhumation des suppliciés, à Ouagadougou et à Koudougou, par des messes, des prières sur la tombe des défunts à Ouagadougou et au domicile de la mère de Norbert Zongo où elles doivent se rendre pour réconforter la mère de l’illustre disparu.






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