San
Finna N°444 du
17 au 23 Décembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
PAS
DE POURSUITES
CONTRE OMAR BONGO ET DENIS SASSOU N’GUESSO
Le
Parquet de Paris a classé sans suite, la plainte
pour « recel de détournement d’argent
public » déposée par trois associations
à l’encontre d’Omar Bongo et Denis
Sassou N’Guesso. Une nouvelle plainte devrait être
déposée dans les jours à venir.
«
Sans surprise », consentent les associations
plaignantes, le Parquet de Paris a annoncé
il y a quelques jours que la plainte qu’elles
avaient déposée en mars 2007 pour
« recel de détournement d’argent
public » était classée sans
suite.
Omar
Bongo et Sassou N’Guesso
(Photo RFI)
Survie,
Sherpa et la fédération des Congolais
de la Diaspora, accusaient les chefs d’Etat
africains Omar Bongo (Gabon) et Denis Sassou Nguesso
(Congo) de posséder en France des biens financés
par de l’argent public détourné
dans leur pays.
L’enquête préliminaire ouverte en juin
par le Parquet de Paris n’aura duré que quelques
mois. Quelques mois pour confirmer l’existence d’un
patrimoine immobilier en France, essentiellement à
Paris et dans la région parisienne, dont les propriétaires
sont des membres de la famille des Présidents Omar
Bongo et Denis Sassou N’Guesso, d’ailleurs
eux-mêmes propriétaires de certains immeubles
concernés. Mais rien de plus.
Le Parquet de Paris a justifié sa décision
en précisant notamment que les infractions relevées
par les associations plaignantes, n’étaient
« pas suffisamment caractérisées ».
Mais dans un communiqué de presse commun, Survie,
Sherpa et la FCD dénoncent une manœuvre politique
visant à protéger des chefs d’Etat
en plein exercice de leurs fonctions.
« L’impossibilité ou la grande
difficulté à justifier de l’origine
des fonds ayant financé l’acquisition de
biens luxueux (…) a toujours été considérée
comme suffisante pour justifier l’ouverture d’une
information et de la désignation d’un juge
d’instruction. (…) Seul le juge d’instruction,
compte tenu des pouvoirs qui lui sont conférés,
(…) aurait pu établir définitivement
les responsabilités. (…) Dans cette décision,
la France manque gravement à toutes les obligations
internationales auxquelles elle a souscrit du fait de
la ratification des conventions internationales de lutte
contre la corruption ».
A regard des liens qui ont fait la Françafrique
que Nicolas Sarkozy entretient depuis son arrivée
à l’Elysée, les associations plaignantes
mettent en doute l’indépendance de la justice
française. « A se demander si l’arsenal
juridique de lutte contre la corruption ne devient pas
de plus en plus un tigre en papier dès lors que,
pour éviter de contrarier les chefs d’Etats
les plus corrompus de la planète, on fait voler
en éclat la séparation des pouvoirs ».
Abattues mais pas résignées, les associations
reformuleront prochainement une plainte qu’ils déposeront
devant le Doyen des Juges d’Instruction de Paris.
Dans l’espoir que la justice française ouvre
enfin une instruction judiciaire.