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San Finna N°445 du 24 Décembre 2007 au 13 Janvier 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

RELATIONS BENIN – BURKINA
Y AURAIT-IL QUELQUES SERIEUX PERILS EN LA DEMEURE ?

C’est vrai que partout en Afrique où existent des contestations frontalières, c’est généralement sur la durée qu’on les règles mais il faut croire qu’au Burkina Faso, le temps semble prendre un malin plaisir à nous rapprocher de la solution de certains de ces conflits.

Si au Ghana, on est passé en son temps à côté d’un affrontement alors qu’au Mali, on a succombé à deux guerres, à la frontière Côte d’Ivoire et Togo, il n’ y a pas à cet égard de problèmes notables. Au Niger par contre, on n’est pas encore au bout du tunnel. Après plusieurs tentatives de règlement échouées, le 22 novembre 2007, il a été décidé par les deux parties, burkinabé et nigérienne, de confier le différend à la Cour Internationale de Justice de La Haye. Ca permet de décompresser et de voir venir, encore et surtout que le conflit touareg n’est pas fait pour huiler les relations entre les deux pays.

Quant à la frontière Bénin/Burkina, force est de reconnaître que les choses ne sont pas au beau fixe. C’est le moins qu’on puisse dire : ces derniers temps, les rumeurs les plus folles circulent. Il semble qu’après l’intimidation de l’instituteur de l’école de Niorgou, qui fait partie de la zone de litige, par les forces de l’ordre béninoises, la température soit encore montée malgré les conciliabules entre les autorités de ces deux pays après l’affaire de Niorgou.

Les communautés frontalières se seraient en effet affrontées depuis, causant du souci aux forces armées des deux pays. Cette zone contestée entre le Bénin et le Burkina ne ferait que 7 kilomètres mais 7 kilomètres de tous les problèmes !

De sources proches du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, on apprend qu’après que 5 commissions mixtes aient en vain travaillé sur la question, l’agacement serait au top. A ce qu’il paraît, les frictions entre communautés Bariba du Bénin et Mossi auraient été particulièrement vives le 17 décembre 2007.

Les deux groupes ethniques se disputent depuis des années la propriété de quelques territoires frontaliers.

Est-ce vrai que le gouvernement béninois a envoyé des troupes sur les lieux afin de rétablir l’ordre et que du côté burkinabé, les forces armées ont été déployées tout au long de la frontière ? Le bruit court avec insistance.

Selon même un confrère béninois, le chef d’état-major des forces béninoises accuserait les soldats burkinabé d’avoir violé l’intégrité territoriale de son pays en faisant une incursion dans la zone de Kouros-Kouala. Celui-ci menacerait tout contrevenant qui franchirait encore le territoire Béninois de représailles.

Mais côté burkinabé on jouerait balle à terre. Selon une source proche du commandement qui à voulu garder l’anonymat, il n’y a pas le feu. Tous ces bruits ne sont «que des ragots », et d’ajouter : « Pourquoi les béninois s’exciteraient-ils ? A ma connaissance aucun déploiement n’aurait été fait le long de notre frontière. Les deux Etats-majors sont en contact permanente je crois et si c’était le cas tout le monde le saurait ».

Pour une autre source jointe au téléphone, l’armée burkinabé ne serait pas prête pour une explication armée avec le Bénin à cause de son état moral, des distensions et du mauvais traitement que subit la troupe.

Ce qui est certain, c’est qu’il y a problème. Cela ressortait déjà des propos tenus par le ministre Clément Sawadogo dans l’interview qu’il avait accordée à Sidwaya le 27 février 2007 où il disait : «Nous avons déjà fait part aux autorités béninoises notre proposition concrète de résolution de la question. Nous avons proposé que la Cour internationale de justice de la Haye soit saisie pour régler le problème parce que manifestement, nous ne voyons pas autres solutions ». Le problème, on le soupçonne -malgré les apparences- à travers la double présence à Ouagadougou du président Faure Eyadema du Togo et Yayi Boni du Bénin. Il en est qui murmurent que la question du litige frontalier serait au cœur de ce conclave à trois, même si par ailleurs, on nous sert des tartines sur la coopération économique, la concertation autour de la lutte contre le Sida, et tralala… On verra bien ce que ça va donner puisque de toute façon, si les choses pourrissent, on finira par en sentir les odeurs !

Aristide Ouédraogo


Bonnes Fêtes de Noël et de fin d’année
Et à nous revoir le 14 janvier 2008 pour votre numéro 446




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