Mise à jour le 23/12/2007
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San Finna N°445 du 24 Décembre 2007 au 13 Janvier 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

ELECTION A LA FEDERATION BURKINABE DE FOOTBALL
LA VORACITE POLITIQUE A L’ŒUVRE
AU NEZ ET A LA BARBE DES BURKINABE ?

La Fédération burkinabé de football (FBF) faisait l’objet depuis quelque temps de commentaires, d’appréciations les plus diverses mais généralement marquées par cette espérance que les choses changent enfin en son sein. Beaucoup de Burkinabé, et pas seulement des plus avertis en football, formaient de fait le vœu qu’avec le renouvellement au niveau de la direction, souffle le vent du changement pour recentrer le football. En effet, il n’y a pas qu’en politique où les choses –de l’avis de certains- vont de travers, au point qu’on y parle aussi de refondation. Le phénomène sévit également dans le domaine du sport et tout particulièrement dans le football. Alors, on avait espoir que l’occasion faisant le larron, les élections donneraient le top départ de la renaissance du football en mettant les hommes qu’il faut aux places qu’il faut. Voilà pourquoi on a senti un intéressement dans l’opinion et qu’ici et là, se dégageaient dans un esprit bon enfant, des supporters pour tel ou tel candidat. Et puis, la politique, comme d’habitude, est venue « foutre » le nez dans cette affaire et c’est le grand charivari.

Alors que tout semblait se jouer entre quelques trois ou quatre candidats de notoriété dans le domaine du football, on a vu sortir comme d’un chapeau de prestidigitateur, une candidature de dernière minute en la personne du DG de la

Zambendé Théodore Sawadogo

LONAB, au surplus député. Comme une traînée de poudre, les langues se sont déliées même dans les milieux jusqu’alors les plus réservés pour critiquer ce genre d’intervention venue du sommet.

Que va-t-il se passer maintenant que les instructions sont claires et qu’on sait qu’en pareil cas, il peut en coûter à ceux des candidats qui, au lieu de jouer les faire-valoir, projetteraient de battre réellement campagne contre le candidat du pouvoir ?

Mais en attendant, le 21 décembre passé, date butoir de la clôture des candidatures, il a été remarqué qu’en dehors du candidat du pouvoir, il n’y avait que celle du Colonel « Yack ». Ce dernier menacerait de porter une réserve sur la candidature du premier parce que tout simplement, l’équipe chargée de déposer sa candidature serait arrivée après l’heure limite de dépôt.

Col Yacouba Ouédraogo




Ce qu’on constate en tout cas, c’est que si le passage en force se réalisait, cela laisserait des traces dommageables pour le football en particulier et pour l’image de la gouvernance en général car ce sera un indicateur de plus que ceux qui nous gouvernent sont décidément pris d’une boulimie insatiable qui les pousse à faire main basse sur tous les secteurs de la vie nationale recélant quelque intérêt !

Pourtant, ce que les Burkinabé amoureux du football recherchaient le plus, c’était une équipe dirigeante de taille avec un programme transparent et convaincant pour le développement du sport roi. Notre pays a, il faut le dire et le redire, des présidents de clubs dignes de ce nom, des entraîneurs émérites, d’anciens joueurs tout à fait capables de prendre en mains le football national.

Un des prétendants nous confiait depuis plus d’une semaine, comme s’il sentait venir les choses, que sa seule crainte vient du politique qui, s’il s’ingère dans la course, va sans aucun doute confier la chose à une personne assez loin du milieu, et c’en serait fini du rêve de la réhabilitation du football. Eh bien, il n’a pas eu longtemps soif puisque la candidature de Zambendé Théodore Sawadogo vient confirmer sa crainte.

Mais avant que le rouleau compresseur du pouvoir ne se mette en place, il n’est pas inutile de lui demander de réfléchir car le ras le bol des joueurs et des supporters peut avoir des conséquences insoupçonnées dans un contexte général fait de défiance par rapport aux méthodes de gestion ambiante. Ici, nous avons affaire, avec le football, à une passion fédératrice mais détonante par excellence. Elle rassemble dans les gradins, des femmes et des hommes de tout horizon, de toute religion, de tout bord politique, unis par la seule passion du football. Il faut se souvenir de ce que cette passion contredite, trahie, déçue… a pu, à l’occasion, entraîner ici et là pour savoir jusqu’où ne pas aller trop loin !

Mais le compte à rebours a commencé. Le 12 janvier prochain, si la candidature de Mr Zambendé était maintenue, les clubs, ligues et districts auront à élire le président de la fédération entre deux listes proposées et le vainqueur d’entre les concurrents passera avec toute son équipe pour un mandat renouvelable une fois de trois ans.

On verra bien alors la réaction qui s’en suivra et si le déclic est au rendez-vous pour engager la restructuration du football.

Bala Sibiri






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