San
Finna N°445 du
24 Décembre 2007 au 13 Janvier 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
ELECTION
A LA FEDERATION BURKINABE DE FOOTBALL
LA VORACITE POLITIQUE A L’ŒUVRE
AU NEZ ET A LA BARBE DES BURKINABE ?
La
Fédération burkinabé de football
(FBF) faisait l’objet depuis quelque temps de commentaires,
d’appréciations les plus diverses mais généralement
marquées par cette espérance que les choses
changent enfin en son sein. Beaucoup de Burkinabé,
et pas seulement des plus avertis en football, formaient
de fait le vœu qu’avec le renouvellement au
niveau de la direction, souffle le vent du changement
pour recentrer le football. En effet, il n’y a pas
qu’en politique où les choses –de l’avis
de certains- vont de travers, au point qu’on y parle
aussi de refondation. Le phénomène sévit
également dans le domaine du sport et tout particulièrement
dans le football. Alors, on avait espoir que l’occasion
faisant le larron, les élections donneraient le
top départ de la renaissance du football en mettant
les hommes qu’il faut aux places qu’il faut.
Voilà pourquoi on a senti un intéressement
dans l’opinion et qu’ici et là, se
dégageaient dans un esprit bon enfant, des supporters
pour tel ou tel candidat. Et puis, la politique, comme
d’habitude, est venue « foutre » le
nez dans cette affaire et c’est le grand charivari.
Alors
que tout semblait se jouer entre quelques trois
ou quatre candidats de notoriété dans
le domaine du football, on a vu sortir comme d’un
chapeau de prestidigitateur, une candidature de
dernière minute en la personne du DG de la
Zambendé
Théodore Sawadogo
LONAB,
au surplus député. Comme une traînée
de poudre, les langues se sont déliées
même dans les milieux jusqu’alors les
plus réservés pour critiquer ce genre
d’intervention venue du sommet.
Que va-t-il se passer maintenant que les instructions
sont claires et qu’on sait qu’en pareil
cas, il peut en coûter à ceux des candidats
qui, au lieu de jouer les faire-valoir, projetteraient
de battre réellement campagne contre le candidat
du pouvoir ?
Mais
en attendant, le 21 décembre passé,
date butoir de la clôture des candidatures,
il a été remarqué qu’en
dehors du candidat du pouvoir, il n’y avait
que celle du Colonel « Yack ». Ce dernier
menacerait de porter une réserve sur la candidature
du premier parce que tout simplement, l’équipe
chargée de déposer sa candidature
serait arrivée après l’heure
limite de dépôt.
Col Yacouba Ouédraogo
Ce qu’on constate en tout cas, c’est que si
le passage en force se réalisait, cela laisserait
des traces dommageables pour le football en particulier
et pour l’image de la gouvernance en général
car ce sera un indicateur de plus que ceux qui nous gouvernent
sont décidément pris d’une boulimie
insatiable qui les pousse à faire main basse sur
tous les secteurs de la vie nationale recélant
quelque intérêt !
Pourtant, ce que les Burkinabé amoureux du football
recherchaient le plus, c’était une équipe
dirigeante de taille avec un programme transparent et
convaincant pour le développement du sport roi.
Notre pays a, il faut le dire et le redire, des présidents
de clubs dignes de ce nom, des entraîneurs émérites,
d’anciens joueurs tout à fait capables de
prendre en mains le football national.
Un des prétendants nous confiait depuis plus d’une
semaine, comme s’il sentait venir les choses, que
sa seule crainte vient du politique qui, s’il s’ingère
dans la course, va sans aucun doute confier la chose à
une personne assez loin du milieu, et c’en serait
fini du rêve de la réhabilitation du football.
Eh bien, il n’a pas eu longtemps soif puisque la
candidature de Zambendé Théodore Sawadogo
vient confirmer sa crainte.
Mais avant que le rouleau compresseur du pouvoir ne se
mette en place, il n’est pas inutile de lui demander
de réfléchir car le ras le bol des joueurs
et des supporters peut avoir des conséquences insoupçonnées
dans un contexte général fait de défiance
par rapport aux méthodes de gestion ambiante. Ici,
nous avons affaire, avec le football, à une passion
fédératrice mais détonante par excellence.
Elle rassemble dans les gradins, des femmes et des hommes
de tout horizon, de toute religion, de tout bord politique,
unis par la seule passion du football. Il faut se souvenir
de ce que cette passion contredite, trahie, déçue…
a pu, à l’occasion, entraîner ici et
là pour savoir jusqu’où ne pas aller
trop loin !
Mais le compte à rebours a commencé. Le
12 janvier prochain, si la candidature de Mr Zambendé
était maintenue, les clubs, ligues et districts
auront à élire le président de la
fédération entre deux listes proposées
et le vainqueur d’entre les concurrents passera
avec toute son équipe pour un mandat renouvelable
une fois de trois ans.
On verra bien alors la réaction qui s’en
suivra et si le déclic est au rendez-vous pour
engager la restructuration du football.