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LE PARI DU CHEF DE CUISINE ROUGUI DIA :
UNE CUISINE METISSEE AU GOUT D’UN MONDE METISSE

Nous vivons un monde d’extraversion, de communication à tous les niveaux. Le métissage devient une réalité vivante, confirmant les pronostics d’hommes visionnaires comme Léopold Sédar Senghor. Qu’on soit à New York, Bali, Pékin ou Kampala, on ressent l’impact de ce métissage à tous les niveaux : vestimentaire, musical... La cuisine n’échappe pas à ce phénomène.

A Paris, Rougui Dia, à sa façon, en fait la démonstration avec succès. Cette jeune femme d’origine sénégalaise, n’avait pas pour ambition de faire carrière dans la cuisine. Alors qu’elle se destinait à la couture ou à l’armée, l’étincelle est venue comme ça, un jour où ayant préparé un plat familial à base d’épinards qui fit le régal de tous, le succès fut tel qu’il agit sur elle comme une révélation. Oui, elle avait peut-être, enfoui en elle, quelque chose qui valait bien la peine d’être exploitée : des prédispositions culinaires.


Elle rentre alors à l’Ecole hôtelière de Villepinte en région parisienne pour en avoir confirmation. Tout se passe plutôt bien. Elle obtient deux CAP (Certificats d’aptitude professionnelle en cuisine) et un BAP (brevet d’étude professionnelle) de service de table.

Après cet outillage de base, il faut aller tester ses connaissances dans l’entreprise. Ce n’est pas facile mais comme elle a aussi une bonne dose de courage, elle persiste et arrive à faire du service en salle avant d’entrer en cuisine, en qualité de commis.

Les choses bougent lorsqu’en 2001, elle est engagée dans le célèbre restaurant russe Petrossian qui a des succursales à New York, Las Vegas…, et dont les menus tournent par personne, autour de 90 euros (soit près de 60.000 fcfa). Bref, on est dans la haute gastronomie !

Rougui Dia occupe une place de second de cuisine puis de chef de partie. Elle travaille auprès de Phillipe Conticini, chef pâtissier reconnu dans la profession.

Une autre rencontre la confortera dans sa carrière : c’est celle avec le chef Sébastien Faré :

En 2005, il la nomme à son tour chef de cuisine avec la responsabilité de conduire une équipe de près de 10 personnes.

Si la jeune femme respecte la tradition de la maison Pétrossian, elle y apporte cette touche nouvelle faite des senteurs et des goûts de son monde sans frontières. Elle continue à bien accommoder les variétés de caviar russe, le saumon fumé et à valoriser l’ « Oeuf Pétrossian », une recette fétiche de la maison. Mais elle apporte aussi de la fraîcheur, des couleurs et des saveurs nouvelles avec des mets qui résonnent de l’écho de l’Afrique, des Antilles, de l’Inde, etc. Et de plus en plus, on vient à elle à cause de cette cuisine métissée.

Le succès ne lui monte pas à la tête ; elle sait qu’elle doit garder les pieds sur terre et continuer à rivaliser d’ardeur et de recherche qui, dans ce métier, est capital ; elle n’a de cesse de remercier tous ceux qui l’ont aidée à se trouver où elle est, et à encourager de nombreuses vocations de la part de la diaspora.

CY





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