San
Finna N°446 du
14 au 20 Janvier 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
CULTURE
DU MAÏS TRANSGENIQUE MONSANTO 810
SUR LE POINT D’ETRE INTERDITE EN FRANCE
La
Haute Autorité provisoire a émis des doutes
sérieux quant à l’innocuité
du maïs transgénique. Nicolas Sarkozy annoncera
prochainement l’activation, ou non, de la clause
de sauvegarde qui permettrait à la France d’interdire
provisoirement le seul OGM cultivé en France.
La
décision était attendue. La Haute Autorité
provisoire, constituée au lendemain du Grenelle
de l’Environnement pour évaluer les risques
environnementaux liés à la culture d’OGM
en France, s’est prononcée mercredi 9 janvier,
en faveur d’une suspension des cultures de maïs
transgénique sur le territoire.
Elle motive sa décision à partir de publications
présentant « des faits scientifiques nouveaux
» depuis l’autorisation des OGM en 1998. Et
invoque « l’impossibilité d’une
absence de pollinisation croisée » ; autrement
dit, la possible dissémination à plusieurs
dizaines voire plusieurs centaines de mètres du
pollen. La faune pourrait également être
menacée.
Les conclusions du comité ont été
accueillies favorablement par les Verts, qui mettent en
avant depuis des années les lacunes dans la connaissance
des effets environnementaux et sanitaires des OGM. Quant
à José Bové, en grève de la
faim depuis début janvier pour obtenir la clause
de sauvegarde, il a estimé qu’il s’agissait
de la seule possibilité ouverte à Nicolas
Sarkozy, au vu de l’avis rendu.
Les syndicats agricoles et les semenciers ont en revanche
été sonnés : « Ce dont il est
question, c’est de la compétitivité
de l’agriculture française, j’ai l’impression
qu’on l’oublie », déplore Christian
Pées, président de la coopérative
Pau-Euralis, favorable aux OGM. 22000 hectares de maïs
transgénique sont cultivés en France. D’après
les semenciers, ils représentent un avantage économique
avec un rendement supérieur de 10 à 30 %
selon les cas.
Désormais, la décision appartient au Président
de la République Nicolas Sarkozy de constituer
un dossier à destination de Bruxelles pour activer
la clause de sauvegarde qui permettrait à la France
de geler les cultures de maïs OGM sur son territoire.
Il a déclaré qu’il se prononcerait
« dans les tout prochains jours », mais la
voie à l’interdiction du MON 810 est ouverte.
On grince déjà des dents dans les rangs
de la majorité, où beaucoup se posent en
ardents défenseurs des OGM.
L’éventuel déclenchement de la clause
ne signifiera pas pour autant que la France statue définitivement
sur le sort des OGM. Puisque la Haute Autorité
rendra ensuite ses avis au cas par cas sur chaque OGM.
Par ailleurs, un projet de loi sera présenté
le 5 février prochain au Sénat. Il définira
les contours de la cohabitation entre les cultures…
Matthieu
Herault
DERNIERE
MINUTE :
LA DECISION D’INTERDICTION PROVISOIRE DE LA CULTURE
DU MAÏS MONSANTO 810 EST TOMBEE
Le
gouvernement français vient d’annoncer
l'activation de la clause de sauvegarde sur le maïs
Monsanto 810, ce qui permettra d'interdire provisoirement
en France la culture de cet OGM autorisé
par Bruxelles.
Le gouvernement attendra donc une réévaluation
de ses effets par l'Union européenne. Comme
on imagine, c’est la satisfaction dans les
milieux anti-OGM qui vont cependant continuer à
se mobiliser pour les combats futurs puisque la
mesure n’est pas définitive et que
déjà, des semenciers annoncent qu’ils
désobéiront à la loi et continueront
à produire le maïs incriminé.