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San Finna N°446 du 14 au 20 Janvier 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

FAUT-IL OU NON PRENDRE AU SERIEUX
LES ACCUSATIONS DE TENTATIVE DE COUP D’ETAT PORTEES CONTRE « IB » ?

Depuis quelque temps, on n’en a que pour les activités subversives de Ibrahima Coulibaly dit « IB » à partir de l’étranger contre les Forces nouvelles et les institutions de la République. Evidemment, cela fait beaucoup de bruit, de commentaires et de controverses. Il y a deux camps qui s’opposent : le premier tient pour fondées les accusations et ne doute pas que les preuves en seront très vite rapportées ; le second, avec la même force, estime qu’il s’agit là d’une autre affaire montée qui ne fera pas long feu. Allons plus au fond des arguments des uns et des autres. Deux sons de cloche.

« IB » A BEL ET BIEN REPLONGE

Depuis que « IB » a délogé de la présidence Henri Konan Bédié, il s’est taillé une réputation solide. Nul ne peut croire qu’il est le concepteur et le maître d’oeuvre exclusif de ce coup d’Etat mais le chapeau, il le porte si bien que, piqué au jeu, il a tenté d’autres coups. L’affaire de la « Mercedes noire », le complot du « cheval blanc » et quoi d’autre encore, sont autant de tentatives de déstabilisation qui portent sa griffe. Qu’il se soit rabattu sur la zone occupée par les Forces nouvelles quand il a été évincé de la direction du mouvement pour mettre en œuvre son expertise, ça n’étonne personne. Les éliminations de ses partisans comme des Kass et autres -qu’on soupçonnait de manœuvres déstabilisatrices au Sud- n’ont pas soulevé beaucoup de contestations. Pourquoi s’étonner aujourd’hui qu’à partir de l’étranger, il soit revenu à ses premières amours pour déstabiliser les Forces nouvelles et même la République ? On ne peut pas attribuer cela à des bobards. Et puis, il faut prendre en considération la position du Bénin. Yayi Boni, qui jusqu’à preuve du contraire, n’est pas coutumier de ces manigances : si son gouvernement a décrété « IB » persona non grata, il faut savoir que ce n’est pas pour rien. Par ailleurs, si les Forces nouvelles affirment que « IB » avait prévu de renverser les institutions de la République le 27 décembre 2007, il faut croire qu’elles ne parlaient pas pour parler. C’est du reste la position du Commissaire du gouvernement Ange Kessi qui vient d’ouvrir une information sur le putschiste pour atteinte à la sûreté de l’Etat et qui s’en expliquant sur les ondes de la radio ONUCI/FM a dit qu’il s’agissait d’une affaire grave et qu’il avait en sa possession des indices sérieux. En tout cas, le ministre Konaté Sidiki, est formel et Fraternité Matin a répercuté sa conférence de presse dans son édition du 12 janvier 2008. Extraits : «.. le sergent-chef Ibrahim Coulibaly (NDLR : ce sont les propos de Konaté Sidiki) veut rentrer de façon triomphale au pays pour occuper le fauteuil présidentiel. Il veut atteindre son objectif en prenant le pouvoir par la force. C’est ce qui explique la tentative de coup d’Etat du 27 décembre dernier. Pendant qu’I.B se trouvait dans une région du Ghana, prêt à rentrer au pays si le putsch avait marché. Mieux, a-t-il insisté, le journaliste français Ney Jean-Paul faisant partie du réseau d’I.B, l’a précédé en Côte d’Ivoire. Vu que dans une cassette audio-visuelle qu’il a réalisée au Bénin, I.B dévoilait ses ambitions de venir prendre le pouvoir en Côte d’Ivoire avec un discours préparé au préalable ». Et puis, de toute façon, le problème ivoirien met en jeu tellement d’intérêts, tellement d’impatience, qu’il ne serait pas étonnant, comme on le susurre déjà, que «IB » ait pu bénéficier d’appuis solides de parrains africains ou non pour tenter de freiner l’élan qui se renforce chaque jour davantage vers une paix qui, si elle profite au peuple ivoirien, est loin de profiter à ceux qui l’ont toujours exploité.



TOMI.

« IB » EST VICTIME D’UNE CABALE

Cette affaire de « IB » qui tente tantôt de faire un coup d’Etat aux Forces nouvelles à Bouaké et dans le même temps à Abidjan à Laurent Gbagbo, passe difficilement. Ce n’est pas l’Observateur Paalga qui dira le contraire. Dans son édition du 10 janvier 2008, sous le titre « Crise ivoirienne : Evitons d’agiter l’épouvantail ‘IB’ ». Le quotidien se montre très dubitatif par rapport aux capacités de nuisance du major. « Si tant est que le tombeur de Konan Bédié est dangereux, pourquoi ne pas conclure avec lui un accord politique spécifique afin qu’il entre dans les rangs ? ». Mais pour l’Observateur, «il faut qu’on arrête d’agiter l’épouvantail IB. Aujourd’hui le sergent chef n’est plus qu’un lion sans crocs qui ne peut que rugir tout au plus ». C’est dire qu’il ne croit pas en cette fameuse entreprise de déstabilisation entreprise par le sergent chef à partir du Bénin. Voilà qui confirme les propres dénégations du mis en cause lui-même et de son parti (UNIR) qui n’ont de cesse de dire qu’ils font face à une nouvelle cabale pour contrecarrer le retour de « IB » au pays et surtout sa candidature aux élections présidentielles. Comment ne pas aller dans leur sens quand on pense à tous les montages qui ont émaillé depuis bientôt 5 ans, la gestion de la crise ivoirienne ? Qu’aujourd’hui, on s’appuie sur la procédure ouverte par le Commissaire Kessi pour dire que l’affaire est sérieuse fait rigoler à la limite : combien d’enquêtes ont été ainsi lancées en grande pompe par le même Commissaire et qui aujourd’hui sont dans les tiroirs ? L’affaire du bombardement de Bouaké, les incidents de l’Hôtel Ivoire, l’attentat contre l’avion du premier Ministre, sont parmi les plus célèbres. Où en est-on aujourd’hui ? Alors vraiment, la ficelle est trop grosse. Ce qui est par contre certain, c’est qu’on voit de plus en plus difficilement comment les élections pourront se tenir en juin prochain, et quand on voit toutes les craintes qui se renforcent à cet égard, et les risques qui en découlent pour la paix publique, on peut comprendre qu’ici et là, on se prépare des alibis pour trouver des rallonges ou des solutions de substitution. Que les Forces nouvelles et le pouvoir puissent s’entendre sur un scénario à cet égard n’étonnera personne. Pour « IB », qui s’est confié dernièrement à Afrique Magazine, le tandem à la tête de l’Etat ivoirien usera de tous les subterfuges pour arriver en 2010 sans élections. De toutes les façons, imperturbable, il fait entendre à qui le veut qu’il rentrera bel et bien au pays (on parle du 24 février prochain) et que n’ayant rien à se reprocher, il est prêt à répondre à toute convocation de la justice. Pour le quotidien Le Pays, qui a titré son article « IB le sacrifié de la paix », le chef de la rébellion est devenu « le pestiféré, le banni de la cité, car ne s'inscrivant pas dans la dynamique de la paix instaurée de nos jours en Côte d'Ivoire ». Pour lui donc, c’est donc clair : il y a bien cabale.


TOZI.

Citation de la semaine

«..Il faut se réjouir d'avoir un chef d'Etat comme SEM Laurent Gbagbo. Ce monsieur constitue un trésor inestimable pour la Côte d'Ivoire et la région ouest africaine. Le peuple ivoirien doit être fier de lui. Avec lui, ce pays va se sortir de cette crise encore plus fort et plus soudé. A mon sens, l'avenir avec lui est inscrit en lettres d'or . »

George Weah, ancien international Libérien
(Notre Voie)






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