MONTEE
D’ADRENALINE CHEZ LES ENTREPRENEURS
Depuis
le 14 janvier 2008, les entrepreneurs sont en ébullition.
Et pour cause : le non paiement des travaux entrant
dans la confection et l’entretien des routes
au Burkina Faso. L’Association des entrepreneurs
du Faso (AEF), que dirige Julien S. Ouédraogo,
PDG de la société Wend Panga, a fait
le rappel de ses membres à la Maison des jeunes,
au secteur 10 de Ouagadougou. Epilogue d’une
semaine au pas de course avec les entrepreneurs.
Le
14 janvier, il était 10 heures quand le Président
Julien S. Ouédraogo a pris la parole pour donner
l’ordre du jour de la rencontre. Une trentaine
d’entreprises avaient répondu présent.
C’est une réunion informelle, sans connotation
politique ni syndicale, martèlera d’entrée
de jeu, le président : « Nous sommes
là pour nous informer et trouver les voies
et moyens pour obtenir le paiement de notre argent
», a-t-il laissé entendre.
Mais
cette rencontre avait pour but premier, de trouver
des voies légales afin de situer les
entrepreneurs. Une équipe de cinq (5)
personnes avait été formée
afin d’entreprendre des démarches
auprès des autorités compétentes
et savoir où en est l’état
des paiements. Selon les membres de cette équipe,
il semblerait qu’on veuille inscrire leur
dossier dans la dette publique. D’où
la montée |
Entretien
de routes grâce aux entrepreneurs |
d’adrénaline
parmi les bâtisseurs des routes du Burkina
puisque les impôts et les banques ne les
lâchent plus, occasionnant du même
coup des préjudices pour leurs entreprises.
Au total, ils réclameraient 11 milliards
de nos francs mais il semblerait que 8 milliards
aient été traités. Certaines
entreprises accuseraient des retards de paiement
depuis 2006.
|
Julien S. Ouédraogo et ses camarades se donnaient
encore deux jours pour rencontrer les autorités
avant de se retrouver à nouveau le 17 janvier,
au même lieu, à 18 h 30. A la lumière
des démarches, et à cause du remue-ménage
qu’ils ont occasionné, il semblerait
que les autorités aient pris la chose au sérieux.
Les cinq émissaires de l’équipe
des entrepreneurs ont rencontré plusieurs autorités
et écrit une lettre au Ministre de l’Economie
et des finances afin qu’il daigne saisir les
institutions financières comme autant du PEEDB
afin que des chantiers ne soient pas bloqués
et aussi pour minimiser les pénalités.
Ils demanderaient aussi des mesures d’accompagnement
pour continuer à bénéficier d’autres
marchés.
Ils auraient eu une promesse ferme que quelque chose
sera fait et que les entrepreneurs auraient une réponse
avant la fin de la semaine passée. Pendant
que ceux-ci se concertaient pour encore laisser les
émissaires poursuivre les démarches,
on apprenait que leur dossier avait quitté
la Dette publique et qu’une commission aurait
été installée pour donner suite
à leur requête.
Même s’ils envisagent de marcher dans
les rues de Ouagadougou avec bennes et autres engins
entrant dans l’entretien des routes, l’option,
ont-ils souligné, ne viendrait qu’en
dernier recours.
Il est évident que cette montée de fièvre
chez les entrepreneurs est due essentiellement à
leur volonté d’éteindre le feu
qui couve au sein de leurs entreprises. Beaucoup seraient
sans chantier et certains penseraient même au
suicide. Sans doute que le gouvernement mettra tout
en œuvre pour résoudre de façon
diligente cette affaire.
Le
Président de l’AEF, Julien S. Ouédraogo,
PDG de Wend Panga, se prononce
-
Comment se déroulent vos démarches ?
Nous
sommes contents et cela nous amène à
saluer les autorités. Nous avons en effet
une revendication que nous avions soumise aux
autorités mais nous constatons qu’il
semble y avoir une réaction positive.
Il est vrai que nous ne |
sommes
toujours pas en possession de notre dû
mais en rencontrant le ministre en charge du
dossier, il nous a vraiment rassurés.
Il nous a aussi informé que les factures
se trouvent chez le Ministre de l’Economie
et des finances pour qu’un traitement
diligent soit fait. Nous avons alors adressé
une lettre à celui-ci pour qu’il
se presse un peu parce que nous sommes à
bout, et cela concerne tous les entrepreneurs
qui se sont occupés des routes depuis
2006. Nous avons eu un discours rassurant. |
Julien
S. Ouédraogo |
-
Qu’avez-vous décidé alors au cours
de votre rencontre de ce jour, 17 janvier ?
Nous
avons informé nos membres de l’état
des démarches et aussi recueilli les inquiétudes
pour encore, dès lundi, transmettre à
qui de droit pour qu’il saisisse le ministre
des Finances afin que nous soyons payés. Vous
savez que les routes sont pratiquées par tous
les Burkinabé et c’est une préoccupation
de tous. Si ces routes sont impraticables, il y aura
aussi des critiques. Nous nous sommes attelés
à rendre la praticabilité agréable
mais nous ne sommes pas encore payés, et cela
ne se passe pas bien pour nous.
-
Et si vos démarches échouent, qu’envisagez-vous
de faire ?
Nous
sommes au Burkina, et ce pays est habité par
des hommes intègres. Nous espérons et
nous croyons que d’ici la semaine prochaine,
quelque chose sera fait pour le bonheur de tous. Et
comme ils ont attribué les marchés,
il est nécessaire qu’ils payent le travail
abattu. Nous savons que cela sera fait mais c’est
la lenteur qui ne nous profite pas. Elle nous handicape
et nous accusons des retards avec d’autres marchés.
Sinon, nous ne doutons pas qu’ils puissent payer
ce qu’ils nous doivent.