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San Finna N°447 du 21 au 27 Janvier 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

MONTEE D’ADRENALINE CHEZ LES ENTREPRENEURS

Depuis le 14 janvier 2008, les entrepreneurs sont en ébullition. Et pour cause : le non paiement des travaux entrant dans la confection et l’entretien des routes au Burkina Faso. L’Association des entrepreneurs du Faso (AEF), que dirige Julien S. Ouédraogo, PDG de la société Wend Panga, a fait le rappel de ses membres à la Maison des jeunes, au secteur 10 de Ouagadougou. Epilogue d’une semaine au pas de course avec les entrepreneurs.

Le 14 janvier, il était 10 heures quand le Président Julien S. Ouédraogo a pris la parole pour donner l’ordre du jour de la rencontre. Une trentaine d’entreprises avaient répondu présent. C’est une réunion informelle, sans connotation politique ni syndicale, martèlera d’entrée de jeu, le président : « Nous sommes là pour nous informer et trouver les voies et moyens pour obtenir le paiement de notre argent », a-t-il laissé entendre.

Mais cette rencontre avait pour but premier, de trouver des voies légales afin de situer les entrepreneurs. Une équipe de cinq (5) personnes avait été formée afin d’entreprendre des démarches auprès des autorités compétentes et savoir où en est l’état des paiements. Selon les membres de cette équipe, il semblerait qu’on veuille inscrire leur dossier dans la dette publique. D’où la montée

Entretien de routes grâce aux entrepreneurs
d’adrénaline parmi les bâtisseurs des routes du Burkina puisque les impôts et les banques ne les lâchent plus, occasionnant du même coup des préjudices pour leurs entreprises. Au total, ils réclameraient 11 milliards de nos francs mais il semblerait que 8 milliards aient été traités. Certaines entreprises accuseraient des retards de paiement depuis 2006.

Julien S. Ouédraogo et ses camarades se donnaient encore deux jours pour rencontrer les autorités avant de se retrouver à nouveau le 17 janvier, au même lieu, à 18 h 30. A la lumière des démarches, et à cause du remue-ménage qu’ils ont occasionné, il semblerait que les autorités aient pris la chose au sérieux. Les cinq émissaires de l’équipe des entrepreneurs ont rencontré plusieurs autorités et écrit une lettre au Ministre de l’Economie et des finances afin qu’il daigne saisir les institutions financières comme autant du PEEDB afin que des chantiers ne soient pas bloqués et aussi pour minimiser les pénalités. Ils demanderaient aussi des mesures d’accompagnement pour continuer à bénéficier d’autres marchés.

Ils auraient eu une promesse ferme que quelque chose sera fait et que les entrepreneurs auraient une réponse avant la fin de la semaine passée. Pendant que ceux-ci se concertaient pour encore laisser les émissaires poursuivre les démarches, on apprenait que leur dossier avait quitté la Dette publique et qu’une commission aurait été installée pour donner suite à leur requête.

Même s’ils envisagent de marcher dans les rues de Ouagadougou avec bennes et autres engins entrant dans l’entretien des routes, l’option, ont-ils souligné, ne viendrait qu’en dernier recours.

Il est évident que cette montée de fièvre chez les entrepreneurs est due essentiellement à leur volonté d’éteindre le feu qui couve au sein de leurs entreprises. Beaucoup seraient sans chantier et certains penseraient même au suicide. Sans doute que le gouvernement mettra tout en œuvre pour résoudre de façon diligente cette affaire.


Le Président de l’AEF, Julien S. Ouédraogo,
PDG de Wend Panga, se prononce

- Comment se déroulent vos démarches ?

Nous sommes contents et cela nous amène à saluer les autorités. Nous avons en effet une revendication que nous avions soumise aux autorités mais nous constatons qu’il semble y avoir une réaction positive. Il est vrai que nous ne
sommes toujours pas en possession de notre dû mais en rencontrant le ministre en charge du dossier, il nous a vraiment rassurés. Il nous a aussi informé que les factures se trouvent chez le Ministre de l’Economie et des finances pour qu’un traitement diligent soit fait. Nous avons alors adressé une lettre à celui-ci pour qu’il se presse un peu parce que nous sommes à bout, et cela concerne tous les entrepreneurs qui se sont occupés des routes depuis 2006. Nous avons eu un discours rassurant.

Julien S. Ouédraogo

- Qu’avez-vous décidé alors au cours de votre rencontre de ce jour, 17 janvier ?

Nous avons informé nos membres de l’état des démarches et aussi recueilli les inquiétudes pour encore, dès lundi, transmettre à qui de droit pour qu’il saisisse le ministre des Finances afin que nous soyons payés. Vous savez que les routes sont pratiquées par tous les Burkinabé et c’est une préoccupation de tous. Si ces routes sont impraticables, il y aura aussi des critiques. Nous nous sommes attelés à rendre la praticabilité agréable mais nous ne sommes pas encore payés, et cela ne se passe pas bien pour nous.

- Et si vos démarches échouent, qu’envisagez-vous de faire ?

Nous sommes au Burkina, et ce pays est habité par des hommes intègres. Nous espérons et nous croyons que d’ici la semaine prochaine, quelque chose sera fait pour le bonheur de tous. Et comme ils ont attribué les marchés, il est nécessaire qu’ils payent le travail abattu. Nous savons que cela sera fait mais c’est la lenteur qui ne nous profite pas. Elle nous handicape et nous accusons des retards avec d’autres marchés. Sinon, nous ne doutons pas qu’ils puissent payer ce qu’ils nous doivent.

Aristide Ouédraogo







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