COMMUNE RURALE DE SAABA
CONTROLE TOUT AZIMUT !
La
commune rurale de Saaba, que nous évoquions dans
une de nos précédentes parutions, reste
toujours sous le feu de l’actualité. Informé
qu’une équipe de contrôleurs financiers
serait en train de passer au microscope les carnets
et reçus de l’opération de recensement
pour le lotissement de la bretelle qui sépare
Ouagadougou à l’est de cette commune, nous
sommes allés nous rendre compte de la situation.
Depuis
le 11 janvier, les discrets contrôleurs
financiers qui ont déposé leurs
|
|
pénates à la commune, travaillent
d’arrache-pied pour faire la lumière
sur l’opération de recensement. Une
opération que beaucoup accusent d’avoir
été bâclée, accusations
de plus en plus difficiles à contenir et
qui sont en train de prendre une envergure nationale.
Les populations attendent donc beaucoup des contrôleurs
pour être situées sur leur sort.
|
Si
aujourd’hui, certains se posent des questions
sur la peinture qu’on aurait amené et entreposé
à la mairie, il est aussi utile de savoir qu’à
la mairie, on parlerait de vrai et de faux numéros
dans le recensement. Le 17 janvier, nous sommes allés
voir par nous-mêmes l’agitation qui s’est
emparée de Saaba.
Il était 10 heures quand nous sommes arrivés
à la mairie. Le maire, Henri Désiré
Ouédraogo, était scotché à
son téléphone portable et une activité
inhabituelle se passait. De notre poste d’observation
et à la vue de notre appareil photo, sûrement
un employé alla rapporter notre présence
sur les lieux et informer le maire que nous étions
en train de faire des photos. Alors, un comité
d’accueil vint presque nous contraindre d’aller
rencontrer le maire.
Après un bref échange avec les contrôleurs
et le maire, sur les raisons de notre présence
sur les lieux et de ce qui nous a motivé à
faire des photos du bâtiment administratif, nous
sommes repartis mais il y avait une certaine agressivité
et comme un trouble à cause de notre présence
sur les lieux. A preuve, ce quasi comité d’accueil
et l’alerte donnée aux agents présents
qui se sont regroupés au dehors. Un comportement
qui renforce nos convictions qu’il se trame quelque
chose ou que ça sentirait le roussi dans la marmite
de la mairie.
Selon certaines indiscrétions, le contrôle
se ferait sans discontinuer de 8 à 16 heures,
tous les jours depuis le 11 janvier. Bref, les jours
prochains vont certainement nous situer sur les investigations
de ces contrôleurs mais il faut reconnaître
que l’équipe municipale qui a mené
le recensement des parcelles n’était pas
outillée pour ce genre d’opérations.
Un lotissement qui devait, semble-t-il, concerner d’abord
les propriétaires terriens avant d’être
élargi aux demandeurs. Au finish, on a permis
aux jeunes commis à la tâche de recensement
de le faire comme ils l’entendaient, occasionnant
du même coup, outre l’anarchie, des spéculations
et des transactions hors normes. Si dans certains milieux,
on penserait taire cette histoire, dans d’autres
cercles, on ne l’entendrait pas de cette oreille.
La politique de décentralisation, qui devrait
permettre aux populations de se prendre en charge dans
le domaine du développement, serait mal comprise
et on assiste à des dérives.
Saaba doit être un exemple pour certains aventuriers
qui pensent trouver dans les communes, des sources d’enrichissement
illicite. Il se dirait même qu’on a déjà
mis la main sur certains comptes bancaires.
Même si cette histoire trouve un dénouement,
il reste que la collusion entre chef traditionnel et
pouvoir politique moderne, aurait encore joué
à fond dans cette histoire. Une collusion détonante
qui met mal à l’aise nombre d’habitants
de cette bourgade turbulente. Et l’on repose encore
le problème des chefs traditionnels et de leurs
rapports avec le pouvoir moderne dans un Etat républicain.
Si la puissance financière n’est pas jouée
à fond dans cette affaire de contrôle dans
la gestion des recensements, la commune rurale de Saaba
risque de tomber dans les mains d’une délégation
spéciale à moins de deux ans après
l’installation solennelle du maire.
Vivement que la lumière soit faite !
Aristide
Ouédraogo
CLUB
POUR LA SOLIDARITE ET LE DEVELOPPEMENT (CSD)
UN CLUB AUX MULTIPLES AMBITIONS
Le
Club pour la solidarité et le développement
(CSD) a rencontré la presse pour présenter
son plan d’action de 2008, à l’Espace
Gambidi, le 4 janvier 2008. Un club qui a des ambitions
nobles et qui espère que les autorités
politiques et les organismes l’accompagneront
dans ses actions.
Présent dans 19 contrées de notre pays,
le Club ambitionne de lutter contre le Sida et les MST,
la pauvreté, et aussi mener des formations au
profit des élèves du primaire et du secondaire
sur l’écocitoyenneté. L’objectif
qui tient à coeur à Albert Bationo, le
Président du CSD et ses camarades est de reboiser
chaque année un site afin de faire du Burkina,
un Burkina vert.
Le slogan du CSD qui est « Pour une jeunesse solidaire
» commence une série de formations les
8 et 9 février prochains. Une formation dont
le thème est : éducation environnementale.
Une série donc de formations qui se feront simultanément
dans les 19 localités dont Kombissiri, Koudougou,
Ouagadougou, Ouahigouya, Dori et Koupela.
Le Club, qui compte une centaine de membres, prévoit
d’organiser une opération coup de balai
de grande envergure, dotée du prix de l’arrondissement
le plus propre en avril-mai prochain.
C’est en présence d’un représentant
de l’Ambassade de France et d’un technicien
du ministère de l’Environnement et du cadre
de vie, que les membres du Club ont exposé leur
programme d’actions de 2008.
Outre toutes ces actions à mener, ils ambitionnent
aussi d’organiser des séminaires de formation
sur l’entreprenariat et le montage de projets,
de donner des trousseaux à des mécaniciens
opérant dans les deux roues.
Une
belle initiative qu’il faut encourager quand on
sait que le Burkina a besoin de tous ses bras valides
pour sa construction.
Aristide
Ouédraogo