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GOUVERNEMENT A BIEN FAIT
Quand
on repense à la situation d’insécurité
causée par les militaires au pays ces derniers
temps, et quand on pense surtout à ce que
de telles situations ont conduit à l’étranger,
on ne peut pas en vouloir au gouvernement d’avoir
dégagé près de 2.000 postes
pour satisfaire les militaires qui n’étaient
pas prêts à aller à la retraite
dans les conditions qu’on leur offrait. Il
faut en toutes choses, considérer l’intérêt
général, la sécurité
de la majorité des Burkinabé. Aujourd’hui,
la fièvre est retombée et personne
ne s’en plaint puisque ça permet à
chacun de vaquer normalement à ses occupations
et c’est ça le plus important. C’est
le point de vue d’Ismaël Bicaba, journaliste
à Sidwaya, même s’il se pose
un certain nombre de questions : « Dans un
certain sens, je dirai que c’est pour pallier
une situation de crise. On pourrait louer l’action
parce que cela peut contribuer à apaiser
la situation. Et des gens qui vont à la retraite
plus tôt, il n’est pas toujours facile
de gérer la suite sans quand même les
redéployer dans d’autres emplois. On
peut encourager cela. Dans un autre sens, si on
considère que vu certaines réticences,
les personnes concernées, je veux dire les
militaires, il s’avérait que cette
proposition ne trouverait pas l’assentiment
général. Ils demanderaient beaucoup
plus, un traitement pécuniaire plutôt
que d’aller courber l’échine
dans d’autres tâches. On pourrait peut-être
regretter le manque de prospection du gouvernement.
On ne fait que chercher des solutions palliatives
des problèmes. Parce que ce sont les militaires,
les gens d’armes, on a vite fait de trouver
une solution et quand il s’agit de régler
la question du chômage que les jeunes réclament,
on a toujours du mal à répondre ».
Boris Edson Yaméogo, Secrétaire à
l’information et à la communication
de la Ligue des consommateurs du Burkina, quant
à lui, est tout à fait partant pour
cette mesure prise par le pouvoir : « Par
rapport à cette initiative du gouvernement,
j’observerai d’abord que la mesure n’a
pas été prise à froid. C’est
à la suite de manifestation que le gouvernement
a tenté de trouver des solutions à
un problème qui lui a été posé.
Ce n’est pas, je pense, de gaieté de
cœur que celui-ci a dégagé des
emplois pour une certaine catégorie de citoyens
burkinabé, je veux parler là des militaires
retraités. C’est sûrement face
à la pression que ces militaires ont dû
exercer sur le gouvernement qu’il fallait
donc trouver une solution. Si cette solution a permis
de calmer la situation, c’est bien parce qu’on
ne sait pas à quoi il fallait s’attendre
s’il n’y avait pas de solution. C’est
le raisonnement que je pourrais mener ». Voilà
qui suffit à faire taire, une fois pour toutes,
tous ceux qui pour des raisons obscures, souhaitaient
que les choses dégénèrent.
TOMI.
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LE
GOUVERNEMENT A MAL FAIT
Dans
un Etat de droit, où l’on ne fait pas
de distinction entre les catégories de citoyens,
on ne peut pas prendre des mesures comme celles
que l’on vient de prendre, pour satisfaire
les militaires retraités. La question du
chômage touche tout le monde. Si alors que
des jeunes en sont actuellement durement frappés,
on se permet de satisfaire en priorité les
militaires arrivés à la retraite,
on commet une grave erreur. On montre d’abord
qu’on a peur de la menace, ensuite que les
militaires sont beaucoup plus à prendre en
considération que les civils, et l’on
fera comprendre à ceux des civils qui cherchent
du travail ou qui ne veulent pas aller à
la retraite que la seule façon d’avoir
gain de cause, c’est d’user de menaces
ou de violences. Comme les militaires n’en
ont pas le monopole, on voit ce que cela peut donner.
Adama Fofana, commerçant, nous dira ceci
: « Si c’était moi, militaire,
en tout cas, je ne vais pas être d’accord
avec ça. C’est pas normal. On veut
diviser les civils et les militaires ; on veut aussi
diviser les militaires. Un jour, les civils vont
aussi prendre des armes quand ils ne seront pas
contents pour demander des avantages. Il faut chercher
autre solution car ça, ce n’est pas
bon ». Pour sa part, Issa Ilboudo, gestionnaire
des hôpitaux, avancera ceci : « C’est
une mesure pour apaiser une crise mais si on n’y
prend garde, on va droit dans le mur. Je suis contre
cette initiative parce que si le gouvernement peut
de façon rapide, dégager des postes
pour les militaires, il va falloir résoudre
maintenant le problème du chômage de
tous les jeunes. S’il faut manifester pour
obtenir, tous les corps sociaux vont s’y mettre,
et cela ne sera pas facile ». Assane Ouédraogo,
journaliste à l’Observateur, plus mesuré,
nous dira ceci : «Comme beaucoup l’ont
suggéré, je trouve que la rapidité
avec laquelle le gouvernement a réagi, on
peut saluer cette réaction, mais les emplois
dégagés pour les militaires posent
un problème juridique. Et là, on ne
se retrouve plus. Aussi la question qu’on
se pose, c’est sur quelle base ceux-ci vont
revenir dans la fonction publique. Je ne sais pas
si d’un point de vue pratique, le gouvernement
a essayé de trouver une solution à
ce problème mais je crains que cela n’entraîne
d’autres problèmes. Ce n’est
pas que je sois contre mais il va falloir réfléchir
sur ce précédent ». Jean Ouédraogo,
vendeur de livres, lui est totalement opposé
à la mesure : « Brusquement, alors
qu’il n’y a pas de travail pour les
jeunes, on trouve 1.700 postes à pourvoir
et pour qui ? Pour ceux qui ont les armes ou qui
peuvent en avoir. C’est injuste. J’ai
même entendu que le pouvoir était prêt
à donner ces postes aux enfants des militaires.
Mais à quel titre ? On est encore en République
? Je me le demande ». Une fois de plus, le
pouvoir a mis entre parenthèses le droit
à la bonne gouvernance !
TOZI.
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