San
Finna N°447 du
21 au 27 Janvier 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
ENTRETIEN
AVEC LAMINE GOFFO TRAORE
DES « AMIS DE LAURENT GBAGBO »
A
l’Ambassade de Côte d’Ivoire le vendredi
passé, il y avait du beau monde venu répondre
à l’invitation du président Laurent
Gbagbo, pour un dîner en marge des deux sommets
de l’UEMOA et de la CEDEAO. Il y avait entre autres,
Yé Bognessan, Mustapha Labli Thiombiano mais aussi
les «Amis de Laurent Gbagbo » qui auront retenu
l’attention de bien d’invités et en
premier lieu, du maître des lieux, le président
Laurent Gbagbo. Nous avons voulu en savoir un peu plus
en tendant notre micro sur un membre du bureau qui s’est
prêté bien volontier à nos questions.
Ca vaut le détour.
San
Finna : Comment vous est venue l’idée de
la création des « Amis de Laurent Gbagbo
» (ALG) ?
Lamine
Goffo Traoré (LGT) :
Je
vous remercie. Voyez-vous, tout a commencé
avec le début de la crise ivoirienne en septembre
2002. Tout de suite, il y a eu une fronde contre
Laurent Gbagbo mais il y a eu aussi des gens qui
ont été vigilants, dont nous, qui
avons estimé que quelque part, il y avait
injustice vis-à-vis du président Laurent
Gbagbo mais aussi vis-à-vis du peuple ivoirien
qu’on voulait maintenir dans la
domination.
On a suivi la lutte courageuse de l’homme,
malgré toutes les difficultés et le
manque de solidarité de ses pairs africains.
On a été séduit par la force
de ses idées et surtout par sa très
grande détermination.
San
Finna : Pourquoi avoir été séduit
à ce point ?
LGT : Vous savez, il y a bien longtemps que nous
n’avons pas vu un chef d’Etat qui, avec eu
de soutien, défend avec acharnement l’honneur
et la liberté de son pays, et jamais on a vu des
jeunes dans un pays se mobiliser dans les mêmes
conditions derrière un leader par patriotisme.
C’est pour tout cela que nous avons décidé
de lui faire comprendre que son combat était compris
au Burkina Faso et qu’il y comptait des amis.
San
Finna : Comment avez-vous construit cette structure ?
LGT : Premièrement, nous avons constitué
un bureau provisoire qui s’est chargé de
propager l’idée, de collecter des avis et
conseils et de constituer des structures de base. Nous
avons publié des déclarations dans la presse,
participé à des débats, et tout de
suite, le mouvement a pris du terrain, même au-delà
du Burkina, au Mali, au Niger, au Ghana, et même
aujourd’hui en Côte d’Ivoire, il y a
des « Amis de Laurent Gbagbo » avec lesquels
nous travaillons.
San
Finna : Comment les autorités ivoiriennes et le
président Gbagbo ont-ils réagi quand ils
ont appris votre existence ?
LGT : Très bien. Ici, nous profitons remercier
son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de Côte
d’Ivoire au Burkina Faso qui ne manque pas de nous
donner des conseils pour que nos actions se mènent
normalement, dans le respect des lois et pour ne pas gêner
celui-là même que nous avons fait notre ami.
Nous voulons aussi remercier le président Gbagbo
qui, dès le lendemain de notre création,
au cours d’une interview, nous a encouragés
et invité à venir en Côte d’Ivoire.
San
Finna : L’avez-vous vu lors de son arrivée
pour les deux sessions CEDEAO et UEMOA ?
LGT : Oui, on était à l’aéroport,
même si nous avons été prévenu
4 heures seulement avant son arrivée. Nous étions
une centaine de personnes venues l’accueillir et
lui réitérer notre soutien. Après
cette rencontre, plusieurs de nos camarades se sont même
plaints du fait qu’ils n’ont pas été
avertis mais l’essentiel a été fait
et nous étions contents car l’ambiance y
était. Mais ce qu’il y a eu de plus dans
tout ça, c’est que nous avons été
invité à dîner autour de lui, à
la résidence de l’Ambassadeur de Côte
d’Ivoire au Burkina, et là-bas, tout le bureau
était présent.
San
Finna : Comment cela s’est-il déroulé
et est-ce que le président Gbagbo vous a réitéré
son invitation à venir en Côte d’Ivoire
?
LGT : Réellement, c’était
un moment fort. On nous avait toujours décrit l’homme
comme quelqu’un de simple mais nous ne savions pas
que c’était jusqu’à ce point.
Dès
qu’il nous a vu, il s’est écrié
: « C’est vous mes amis ? » avant
de nous dire qu’il nous avait vu à
l’aéroport. Plus tard, nous lui avons
remis un cadeau : un bonnet (qu’on appelle
communément bonnet de Saponé), un
ensemble Faso Dan Fani et une canne. Il a fort bien
apprécié et il a porté le bonnet,
s’est appuyé sur la vanne et a fait
quelques pas de chef avec ! Ca nous a vraiment ému.
En
plus de tout cela, et dans la manière de
parler qu’on lui reconnaît, notre ami
a été clair, limpide, dans un langage
truffé d’anecdotes et de proverbes.
L’un d’eux disait ceci : « Quand
on vient dans un pays et les enfants vous accueillent
avec des fleurs, c’est parce que les aînés
ont bien parlé de vous ; mais quand on vient
dans un pays et les enfants vous jettent des pierres,
c’est que les aînés ont mal parlé
de vous ».
Il ne s’est pas seulement adressé à
nous ce jour (NDLR : vendredi 18 janvier), il y avait
là aussi les représentants de la communauté
ivoirienne au Burkina. Il a entre autres rassuré
ces derniers sur un certain nombre de questions dont les
bourses des étudiants qui arrivent au compte-gouttes
et qui ne sont pas très consistantes. Il me vient
encore à l’idée qu’il les a
rassurés et promis un changement total dès
son retour à Abidjan.
San
Finna : Que comptez-vous faire maintenant ?
LGT : Nous allons très bientôt organiser
une assemblée générale et élire
un bureau définitif ; nous allons aussi continuer
la mise en place de nos structures, partout où
besoin sera. Nous allons aussi nous préparer à
aller en Côte d’Ivoire.
San
Finna : Quel sera votre message, une fois sur place ?
LGT : Je pense que nous allons remercier le président
Gbagbo mais aussi, que nous partirons avec un message,
un message de soutien des Burkinabé. Nous allons
certainement lui expliquer que tous les Burkinabé
soutiennent l’Accord de Ouagadougou et qu’ils
sont impatients de voir consacrer définitivement
la paix. Mais avec les élections qui arrivent,
nous voulons aussi contacter nos parents, frères,
sans distinction (qu’ils soient dans un parti ou
non, d’une association ou d’une autre), travailler
de concert avec Dominique Gnissi, Emile Kima…, pour
sensibiliser les Burkinabé de Côte d’Ivoire
de même que ceux devenus Ivoiriens. Nous voulons
leur recommander d’être corrects, de voter
en conscience sans fraude aussi, et surtout nous allons
demander d’éviter qu’après l’ingérence
militaire, on tombe dans l’ingérence électorale.
Ils doivent éviter qu’on les traite comme
du bétail, qu’on se serve d’eux comme
instrument de déstabilisation électorale
après les avoir utilisé comme chair à
canon.
Leu première priorité, c’est d’être
les vrais artisans de paix et les combattants de la renaissance
du droit de vote des Burkinabé de l’extérieur
à partir de leur pays d’accueil.