9
ème FOCAL ET VŒUX DE L’UNDD A KOUDOUGOU
Ce
25 janvier 2008, Koudougou a connu deux manifestations
dignes d’intérêt. Une journée
au pas de charge qui a débuté pour l’Union
nationale pour la démocratie et le développement
(UNDD) par le Forum de communication alternative (FOCAL)
sur le thème fort enrichissant de la politique
de rupture du président Sarkozy et de la nécessité
de son anticipation. Une journée qui a été
honorée de la présence de Me Hermann
Yaméogo. Economie d’une journée
riche en rebondissements.
10
heures : à la Salle de conférence
de la Direction régionale de l’Environnement,
le présidium s’installe : Marcellin Yaméogo,
ancien maire de Koudougou et Commissaire régional,
Noël Yaméogo, Commissaire national, l’ancien
député et actuel Secrétaire national
chargé des relations extérieures du
parti, Deval Milogo, Adama Ouédraogo, commissaire
communal et enfin Alassane Koala, Secrétaire
national adjoint chargé de la propagande et
de la mobilisation, composaient le présidium
de ce 9ème FOCAL. La presse et une foule nombreuse
étaient au rendez-vous.
Ce 9ème FOCAL était axé sur le
discours qu’a prononcé au cours de ses
vœux de nouvel an, Jean-Marie Bockel, Secrétaire
d’Etat français chargé de la Coopération
et de la Francophonie. En effet, il avait interpellé
le président français pour qu’il
respecte ses engagements de campagne en ce qui concerne
la rupture en Afrique. Morceaux choisis des vœux
de Jean-Marie Bockel : « Le poids des habitudes
est un obstacle à ce changement, la rupture
annoncée à Cotonou tarde à venir.
Le poids des habitudes et aussi, il faut le dire,
le poids des mauvaises habitudes. La préservation
d’intérêts particuliers, la défense
de quelques rentes de situation héritées
d’un passé révolu perdurent. La
« Françafrique », pourtant obsolète,
pourtant moribonde, freine encore la refondation voulue
par le président de la République ».
Le mot cher à l’UNDD depuis l’amorce
de la démocratie à laquelle Me Hermann
Yaméogo a apporté une grande contribution,
est lâché par Jean-Marie Bockel : la
refondation.
Cela a été un point essentiel dans les
échanges avec les participants de ce FOCAL.
Les animateurs n’ont pas manqué de faire
un retour historique sur la volonté de refondation
du champion du « Tekré » (NDLR
: changement) depuis 1987, ce qui lui a valu tour
à tour des invectives, des cabales sans précédent
mais aussi l’expatriation et plusieurs arrestations.
Lors de cette rencontre, la situation nationale a
été passée en revue, notamment
le fonctionnement des institutions. Il a aussi été
demandé de réécrire l’histoire
pour permettre aux jeunes et à tous les Burkinabé
de mieux s’approprier leur passé, donc
la contribution des acteurs de notre vie nationale
à l’histoire de notre pays.
Il a été relevé une participation
de qualité à cet échange. Les
enseignants mais surtout les élèves
et étudiants, ont activement participé
aux discussions. L’un de ces étudiants,
Sirima Abdel Aziz, a apporté une brillante
contribution au débat et a félicité
l’initiative. Mais pour mieux comprendre le
sujet abordé, il a interrogé le présidium
: « Quelle pourrait être la nature des
relations futures avec la France » ? Sur ce
point, le commissaire aux relations extérieures
du parti dira que « La nature des relations
doit être revue au cas par cas par la France
et les pays africains dans le strict respect des règles
qui régissent la démocratie ».
Pendant près de 2 h et demie d’horloge,
les jeunes n’ont pas monnayé leur participation
en posant nombre de questions pertinentes qui montrent
leur intéressement à ce sujet qui concerne,
ils l’auront d’ailleurs souligné,
leur avenir.
Mais la conclusion, et surtout la palme, est revenue
à Athanase Yaméogo qui n’a pas
manqué de demander aux jeunes d’écrire
et de répondre au Gabon et autres pays qui
ont jugé la sortie de Mr Bockel inappropriée
: « Il faut avoir une réaction multiple
et multiforme sur la position de Bockel afin de le
féliciter pour son courage et son engagement
à vouloir voir l’Afrique décoller
sur la voie du développement ».
A
peine a-t-on refermé le 9ème FOCAL
que Me Hermann Yaméogo foulait sa terre
natale, surtout à la rencontre des hommes
de médias pour sa désormais traditionnelle
présentation des vœux à ce
corps, à partir de Koudougou. Mais il
a dû d’abord faire le déplacement
au Secteur 6, pour saluer El Hadj Nana |
Me
Hermann Yaméogo
(Photo Zedcom)
|
Amado,
Président d’honneur du parti de
la panthère, de retour de son deuxième
pèlerinage à La Mecque. C’est
une foule des grands jours qui le recevra, conduite
par les femmes de l’UNDD. Selon des indiscrétions,
celles-ci s’étaient mobilisées
depuis 12 heures pour attendre leur champion.
Et c’est l’infatigable Madame Yaméogo
Jeannette, l’ancienne adjointe au maire,
qui a assuré le spectacle en compagnie
d’une foultitude de militantes et de militants. |
Chose qui a sûrement ému le président
de l’UNDD qui a promis de revenir saluer ces
femmes en particulier qui, à ce qu’on
dit à Koudougou, n’ont jamais marchandé
leur mobilisation pour défendre les idéaux
du parti qu’il dirige.
Pratiquement arraché à la foule à
cause d’un calendrier chargé, Me Yaméogo
recevra la presse dans sa résidence de Koudougou.
Des vœux emprunts de convivialité qui
ont été rehaussés par le coup
de gueule de la Secrétaire nationale adjointe
chargée des Burkinabé de l’extérieur,
Désirée Kanyala. Elle a en effet fustigé
la passivité des jeunes face à la vie
chère, le silence coupable des politiciens
et des chefs d’Etat africains face à
la cabale au Kenya et surtout du discours contradictoire
de Kadhafi qui envisagerait renvoyer 2 millions d’Africains
de chez lui et qui prône l’union africaine.
Elle a regretté qu’aucun chef d’Etat
n’ait interpellé Kadhafi pendant les
deux sommets UEMOA et CEDEAO auxquels il a participé.
Une intervention fort applaudie à la suite
de laquelle Me Yaméogo reviendra dessus pour
mieux expliquer et souhaiter une rupture par consentement
mutuel plutôt qu’unilatérale avec
toutes les frustrations que cela comporterait, avant
d’adresser ses vœux appuyés à
la presse locale qui se bat chaque jour avec les moyens
du bord pour informer les populations.
Un hommage très bien apprécié
parce qu’à travers une courte intervention,
le représentant de la presse locale n’a
pas manqué de le relever avant que les uns
et les autres ne lèvent leurs verres pour saluer
2008.
Une journée qui s’est achevée
dans une bonne ambiance et dont les militants émérites
de l’UNDD (tel Alassane Koala) ont le secret.