Mise à jour le 27/01/2008
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San Finna N°448 du 28 Janvier au 03 février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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PRESENTATION DE VŒUX DU NOUVEL AN
L’UNIR/MS ET A LA PRESSE AU SIEGE DU PARTI DE L’ŒUF

Le samedi dernier, le parti de l’oeuf a sacrifié au rituel : sa présentation de vœux du nouvel an à la presse nationale et internationale au siège : il y avait du beau monde, journalistes mais aussi membres du Bureau Exécutif du parti : Yamba Malick Sawadogo, Fidèle Kiètga…Et comme le veut cette tradition, les journalistes ainsi que tous les membres du « staff » directif du parti, ont levé le coude pour une année pleine de succès et de bonheur pour tous.

C’est au siège du parti sis villa N° 208 des 1200 Logements que s’est tenue cette rencontre qui s’est voulue conviviale entre politiques et membres de ce parti. Sans protocole, les journalistes, chacun à sa guise, interrogeront le chef du parti sur les préoccupations essentielles de sa structure pour l’année 2008 ainsi que sur les expériences acquises de l’année écoulée.

A retenir, le parti de Me Benewendé Sankara entend compter sur ses propres moyens pour la réalisation de son plan d’action annuel. Le parti, par son président, avance qu’ils se sont beaucoup donné sur le terrain l’an passé lors des législatives et de la commémoration du 15 octobre mais réalisé, que le parti a ainsi acquis
nombre d’expériences qui lui permette de dire qu’il est bien aguerri.
L’UNIR/MS n’aura pas trop brillé en 2007 au sein de l’hémicycle l’an dernier. Que pouvez-vous en dire ?

A cette question, le patron du parti répondra que l’an dernier, les députés ont travaillé de façon studieuse. Il y a eu, selon lui, les travaux du groupe parlementaire mais aussi et surtout sa participation à la session budgétaire. Il a noté qu’à l’intérieur du parti, beaucoup de choses restaient à faire et ce serait certainement pour cela que le parti n’a pas trop brillé à l’assemblée en 2007. il promet tout de même une année 2008 pleine d’actions dans cette enceinte.

Parlant de l’UPS qui est un regroupement de partis sankaristes, un confrère a demandé à Me Sankara pourquoi est-ce qu’il ne rejoindrait pas le groupe ? Il répondra que l’UPS est un regroupement d’un certain nombre de partis sankaristes, regroupement tactique qui lui a permis d’avoir deux sièges au parlement lors des législatives et que les députés de son parti travaillent en toute symbiose avec les députés UPS dans le même groupe parlementaire. Il notera par ailleurs que les résultats du Symposium Thomas Sankara ont imposé une feuille de route aux partis politiques. Feuille de route que tous les partis sont obligés de suivre à la lettre pour parvenir à une vraie union après avoir conceptualisé le sankarisme, trouvé une doctrine pour le sankarisme…

Les sujets n’ont pas manqué et le président du parti, dans une ambiance très détendue, a discuté ici et là avec les journalistes.

TN


POINT DE VUE
AIR BURKINA
LA TETE DU DIRECTEUR GENERAL SUR LE BILLOT ?

« Mohamed Ghelala, le Directeur général d’Air Burkina, va-t-il faire ses valises et quitter le Burkina à l’instar de ses deux prédécesseurs depuis la privatisation de la compagnie ? En tout cas, il est actuellement sous le coup d’une « fatwa » du personnel, en représailles, dit-il, à sa « gestion gabégique et opaque ». Toute la question est de savoir si le Groupe Agha Khan (actionnaire majoritaire de la compagnie) accèdera à une telle exigence.

L’année 2008 semble avoir débuté sous les pires auspices pour Mr Ghelala, le DG tunisien d’Air Burkina. En effet, alors qu’il croyait bien faire en couplant la cérémonie des vœux et la célébration du 40 ème anniversaire de la compagnie, Monsieur le Directeur a certainement connu l’un des moments les plus pénibles de son existence le 18 janvier dernier, à l’hôtel Indépendance. Les cérémonies de vœux au Burkina Faso sont en général les seules occasions de bombance dont raffolent les travailleurs qui, il faut le signaler, se frottent en toute convivialité aux plus grands manitous de leurs boîtes respectives. Le patron est tout ouï à la lecture du message aimable et louangeur des employés, teinté quelquefois de doléances présentées sous des formes suffisamment enrobées. C’est cela la tradition des vœux, et Mr Ghelala voulait certainement faire fort en conviant les partenaires les plus importants de la compagnie. Il est vrai qu’officiellement, il s’agissait aussi de célébrer le 40 ème anniversaire d’Air Burkina pour lequel un pagne a été confectionné et distribué gracieusement.

C’est donc à la surprise générale que la cérémonie a pris les allures d’un avant-goût de 1er Mai quand le délégué du personnel a prononcé un pamphlet particulièrement virulent contre la gestion du Directeur général. En vérité, c’est ce message qui a motivé la présence des responsables syndicaux à la manifestation. Autrement, ils auraient lancé un ordre de boycott aux travailleurs comme ils l’ont fait pour le pagne d’anniversaire dont se sont vêtus uniquement les responsables de l’administration de la compagnie.

Avec la verdeur qui caractérise habituellement les messages syndicaux, tous les griefs ont été publiquement exprimés : gabegie, opacité dans la gestion et discrimination fondée sur la race… ont été entre autres les pratiques peu orthodoxes retenues à la charge de Mr Mohamed Ghelala dont le loyer mensuel (au passage) excéderait le million de nos francs. Les consommations privées dans les hôtels et restaurants de la ville seraient transformées en déjeuners d’affaires aux frais d’Air Burkina.

On lui reproche également sa propension à tout commander dans son pays même pour des produits qui peuvent être obtenus sur place, et à des coûts moins élevés et de bonne qualité. Le calendrier 2008 de la compagnie est cité en exemple.
A la représentation d’Air Burkina en France, ainsi qu’à l’escale, les agents sont à 90 % tunisiens, à ce que l’on dit. Quant aux pilotes blancs tunisiens et sud-africains, leurs salaires seraient largement supérieurs à ceux de leurs collègues burkinabé à fonctions égales.

Le minicar assurant le transport des équipages à Ouagadougou serait la propriété du Directeur général qui l’a loué à la compagnie.

En tout cas, les travailleurs, qui ont vu leurs avantages considérablement réduits depuis la privatisation d’Air Burkina (alors qu’ils travaillent beaucoup plus) ne sont plus prêts à accepter certaines pratiques des premiers responsables qui hypothèquent leur outil de travail. La dette de la compagnie se chiffrerait actuellement à au moins trois milliards de nos francs.

C’est pour ces raisons qu’une semaine après la cérémonie de vœux, les employés se sont retrouvés en assemblée générale pour passer au crible les problèmes de la maison.
En conclusion, ils réclament la tête du DG dont le départ serait la condition préalable à toute relance des activités. Ils ne s’expliquent pas qu’avec un seul aéronef dans sa flotte avant la privatisation (le Fokker 28), la compagnie puisse mieux se porter qu’actuellement.

D’aucuns se demandent si la nomination d’un DG expatrié, que le groupe Agha Khan s’évertue à imposer dans le cas du Burkina, est vraiment la panacée alors qu’au Mali, cela n’a pas été possible.

Les représentants de l’Etat burkinabé au sein du conseil d’administration paraissent peu regardant sur la situation à moins qu’on ne leur présente des statistiques maquillées.

Une chose est sûre : la détermination des travailleurs dans le bras de fer avec le DG, qui a voyagé juste après la cérémonie cocasse de vœux, s’apparente à une mutinerie. Même au sein des responsables, des collaborateurs directs de Mr Ghelala, le message est unanime : il faut le changement pour aussi mettre fin aux modifications intempestives de l’organigramme de la compagnie : « Vous pouvez arriver un matin et découvrir que vous êtes désormais directeur de tel secteur don les attributions ne sont même pas déterminées », grommelle un cadre de la compagnie ! ».

Martin





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