PRESENTATION
DE VŒUX DU NOUVEL AN
L’UNIR/MS ET A LA PRESSE AU SIEGE DU PARTI DE
L’ŒUF
Le
samedi dernier, le parti de l’oeuf a sacrifié
au rituel : sa présentation de vœux du
nouvel an à la presse nationale et internationale
au siège : il y avait du beau monde, journalistes
mais aussi membres du Bureau Exécutif du parti
: Yamba Malick Sawadogo, Fidèle Kiètga…Et
comme le veut cette tradition, les journalistes ainsi
que tous les membres du « staff » directif
du parti, ont levé le coude pour une année
pleine de succès et de bonheur pour tous.
C’est
au siège du parti sis villa N° 208 des
1200 Logements que s’est tenue cette rencontre
qui s’est voulue conviviale entre politiques
et membres de ce parti. Sans protocole, les journalistes,
chacun à sa guise, interrogeront le chef du
parti sur les préoccupations essentielles de
sa structure pour l’année 2008 ainsi
que sur les expériences acquises de l’année
écoulée.
|
A
retenir, le parti de Me Benewendé Sankara
entend compter sur ses propres moyens pour la
réalisation de son plan d’action
annuel. Le parti, par son président,
avance qu’ils se sont beaucoup donné
sur le terrain l’an passé lors
des législatives et de la commémoration
du 15 octobre mais réalisé, que
le parti a ainsi acquis |
nombre d’expériences qui lui permette
de dire qu’il est bien aguerri.
L’UNIR/MS n’aura pas trop brillé
en 2007 au sein de l’hémicycle
l’an dernier. Que pouvez-vous en dire
? |
A cette question, le patron du parti répondra
que l’an dernier, les députés
ont travaillé de façon studieuse. Il
y a eu, selon lui, les travaux du groupe parlementaire
mais aussi et surtout sa participation à la
session budgétaire. Il a noté qu’à
l’intérieur du parti, beaucoup de choses
restaient à faire et ce serait certainement
pour cela que le parti n’a pas trop brillé
à l’assemblée en 2007. il promet
tout de même une année 2008 pleine d’actions
dans cette enceinte.
Parlant de l’UPS qui est un regroupement de
partis sankaristes, un confrère a demandé
à Me Sankara pourquoi est-ce qu’il ne
rejoindrait pas le groupe ? Il répondra que
l’UPS est un regroupement d’un certain
nombre de partis sankaristes, regroupement tactique
qui lui a permis d’avoir deux sièges
au parlement lors des législatives et que les
députés de son parti travaillent en
toute symbiose avec les députés UPS
dans le même groupe parlementaire. Il notera
par ailleurs que les résultats du Symposium
Thomas Sankara ont imposé une feuille de route
aux partis politiques. Feuille de route que tous les
partis sont obligés de suivre à la lettre
pour parvenir à une vraie union après
avoir conceptualisé le sankarisme, trouvé
une doctrine pour le sankarisme…
Les sujets n’ont pas manqué et le président
du parti, dans une ambiance très détendue,
a discuté ici et là avec les journalistes.
TN
POINT
DE VUE
AIR BURKINA
LA TETE DU DIRECTEUR GENERAL SUR LE BILLOT ?
«
Mohamed Ghelala, le Directeur général
d’Air Burkina, va-t-il faire ses valises et
quitter le Burkina à l’instar de ses
deux prédécesseurs depuis la privatisation
de la compagnie ? En tout cas, il est actuellement
sous le coup d’une « fatwa » du
personnel, en représailles, dit-il, à
sa « gestion gabégique et opaque ».
Toute la question est de savoir si le Groupe Agha
Khan (actionnaire majoritaire de la compagnie) accèdera
à une telle exigence.
L’année
2008 semble avoir débuté sous les pires
auspices pour Mr Ghelala, le DG tunisien d’Air
Burkina. En effet, alors qu’il croyait bien
faire en couplant la cérémonie des vœux
et la célébration du 40 ème anniversaire
de la compagnie, Monsieur le Directeur a certainement
connu l’un des moments les plus pénibles
de son existence le 18 janvier dernier, à l’hôtel
Indépendance. Les cérémonies
de vœux au Burkina Faso sont en général
les seules occasions de bombance dont raffolent les
travailleurs qui, il faut le signaler, se frottent
en toute convivialité aux plus grands manitous
de leurs boîtes respectives. Le patron est tout
ouï à la lecture du message aimable et
louangeur des employés, teinté quelquefois
de doléances présentées sous
des formes suffisamment enrobées. C’est
cela la tradition des vœux, et Mr Ghelala voulait
certainement faire fort en conviant les partenaires
les plus importants de la compagnie. Il est vrai qu’officiellement,
il s’agissait aussi de célébrer
le 40 ème anniversaire d’Air Burkina
pour lequel un pagne a été confectionné
et distribué gracieusement.
C’est donc à la surprise générale
que la cérémonie a pris les allures
d’un avant-goût de 1er Mai quand le délégué
du personnel a prononcé un pamphlet particulièrement
virulent contre la gestion du Directeur général.
En vérité, c’est ce message qui
a motivé la présence des responsables
syndicaux à la manifestation. Autrement, ils
auraient lancé un ordre de boycott aux travailleurs
comme ils l’ont fait pour le pagne d’anniversaire
dont se sont vêtus uniquement les responsables
de l’administration de la compagnie.
Avec la verdeur qui caractérise habituellement
les messages syndicaux, tous les griefs ont été
publiquement exprimés : gabegie, opacité
dans la gestion et discrimination fondée sur
la race… ont été entre autres
les pratiques peu orthodoxes retenues à la
charge de Mr Mohamed Ghelala dont le loyer mensuel
(au passage) excéderait le million de nos francs.
Les consommations privées dans les hôtels
et restaurants de la ville seraient transformées
en déjeuners d’affaires aux frais d’Air
Burkina.
On lui reproche également sa propension à
tout commander dans son pays même pour des produits
qui peuvent être obtenus sur place, et à
des coûts moins élevés et de bonne
qualité. Le calendrier 2008 de la compagnie
est cité en exemple.
A la représentation d’Air Burkina en
France, ainsi qu’à l’escale, les
agents sont à 90 % tunisiens, à ce que
l’on dit. Quant aux pilotes blancs tunisiens
et sud-africains, leurs salaires seraient largement
supérieurs à ceux de leurs collègues
burkinabé à fonctions égales.
Le minicar assurant le transport des équipages
à Ouagadougou serait la propriété
du Directeur général qui l’a loué
à la compagnie.
En tout cas, les travailleurs, qui ont vu leurs avantages
considérablement réduits depuis la privatisation
d’Air Burkina (alors qu’ils travaillent
beaucoup plus) ne sont plus prêts à accepter
certaines pratiques des premiers responsables qui
hypothèquent leur outil de travail. La dette
de la compagnie se chiffrerait actuellement à
au moins trois milliards de nos francs.
C’est pour ces raisons qu’une semaine
après la cérémonie de vœux,
les employés se sont retrouvés en assemblée
générale pour passer au crible les problèmes
de la maison.
En conclusion, ils réclament la tête
du DG dont le départ serait la condition préalable
à toute relance des activités. Ils ne
s’expliquent pas qu’avec un seul aéronef
dans sa flotte avant la privatisation (le Fokker 28),
la compagnie puisse mieux se porter qu’actuellement.
D’aucuns se demandent si la nomination d’un
DG expatrié, que le groupe Agha Khan s’évertue
à imposer dans le cas du Burkina, est vraiment
la panacée alors qu’au Mali, cela n’a
pas été possible.
Les représentants de l’Etat burkinabé
au sein du conseil d’administration paraissent
peu regardant sur la situation à moins qu’on
ne leur présente des statistiques maquillées.
Une chose est sûre : la détermination
des travailleurs dans le bras de fer avec le DG, qui
a voyagé juste après la cérémonie
cocasse de vœux, s’apparente à une
mutinerie. Même au sein des responsables, des
collaborateurs directs de Mr Ghelala, le message est
unanime : il faut le changement pour aussi mettre
fin aux modifications intempestives de l’organigramme
de la compagnie : « Vous pouvez arriver un matin
et découvrir que vous êtes désormais
directeur de tel secteur don les attributions ne sont
même pas déterminées »,
grommelle un cadre de la compagnie ! ».
Martin