San
Finna N°448 du
28 Janvier au 03 février 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
ENTRE
L’AFFAIRE DE PIELA ET CELLE DU DG DE LA DOUANE,
LA JUSTICE TOUJOURS A LA RECHERCHE DE SES EQUILIBRES
La
justice burkinabé, depuis le 5 décembre
2007, connaît un regain d’agitation, de
controverse, avec l’éclatement de l’affaire
du DG de la Douane. Nous en avons déjà
relaté les faits, expliquant notamment le tumulte
lié à la non exécution du mandat
de dépôt du juge d’instruction.
Si en apparence, l’impression va vers une maîtrise
du dossier par le pouvoir (pour ne pas changer !),
il demeure des crispations et des volontés
éclatées de continuer la dénonciation
de cette situation hors normes. Est-ce peut-être
pour cela que la jeune juge du bureau d’instruction
N° 1 a mis sous écrou le 21 janvier passé,
le commissaire et 6 autres policiers à la MACO
dans l’affaire des meurtres de Piéla
qui remonte au 28 octobre 2006 ? Peut-être !
Certains
disent que c’est là un acte d’audace,
de défi, de la magistrate qui
DG
de la Douane
Ousmane Guiro
poursuit
à sa façon la fronde
des jeunes juges et avocats pour redonner à
la justice ses lettres de noblesse. D’autres
estiment que c’est là une manœuvre
de diversion du pouvoir qui veut donner à
croire, au moment où Bernard Koucher
foule le sol national, que la justice n’est
pas si bridée que ça au Faso.
Une manœuvre qui voudrait, comme un épouvantail,
faire fuir les regard du dossier central du
DG de la Douane.
Toujours est-il que cet enfermement des policiers,
provoque l’ire dans ce corps qui pourrait réagir
par des démonstrations comme on commence à
en avoir l’habitude et en demandant que les
réajustements ne se limitent pas à leur
seul niveau. Alors là, ce serait la spirale
infernale !
Quoi qu’il en soit, la mousse que va soulever
cette décision dans le dossier Piéla
ne suffira pas à calmer la soif de lumière
et de justice dans le dossier du DG de la Douane.
Ils sont nombreux les Burkinabé à se
demander pourquoi les sanctions tardent à venir
contre Ousmane Guiro qui continue à occuper
le poste de DG de la Douane. Pourtant, la loi portant
statut général de la Fonction publique
prévoie que lorsqu’un agent public fait
l’objet de poursuites, avis est donné
à son administration qui procède à
sa suspension et dès cet instant, il ne perçoit
plus que la moitié de son salaire. Il n’y
a pas longtemps, un citoyen burkinabé a fait
les frais de cette disposition. Gouba Félix
pour ne pas le nommer, anciennement membre de l’OCECOS,
suite à la fraude au BEPC, avait été
révoqué en conseil des Ministres avant
qu’il ne soit condamné par la justice
plus tard. On peut attaquer cette disposition comme
méprisant le principe de la présomption
d’innocence mais elle existe !
Beaucoup se demandent aussi si de dessaisissement
en dessaisissement, on ira jusqu’à retirer
au juge Kaboré l’instruction de la nouvelle
plainte qui vient de tomber dans son Cabinet, émanant
encore de Shell dans le dossier des exonérations
et où le nom de Oumane Guiro serait encore
et toujours cité.
Voilà finalement un dossier qui a tout d’une
hydre : quand on pense en finir en coupant des tentacules
par ci par là, il en repousse d’autres
là où on s’y attendait le moins
!
Peut-être faut-il se convaincre qu’il
est temps de donner toute la mesure de la volonté
d’émanciper la justice et à cet
égard, de prendre ce dossier Guiro comme un
dossier fondateur. Sinon les risques ne sont pas à
minimiser.
Ils concernent les juges d’instruction et les
parquetiers qui perdront de la crédibilité
vis-à-vis de leurs collègues mais aussi
du justiciable.
Ils concernent le Garde des Sceaux qui, sur le coup,
fait face à une opinion défavorable
grandissante. Il n’est pas à l’abri
d’une utilisation à son encontre de textes
qu’il ne semble pas jusqu’à présent,
vouloir respecter dans ce dossier.
Les risques peuvent entacher le premier Ministre,
qui mène une croisade de réhabilitation
des institutions auxquelles beaucoup voudraient croire.
Il a dit que cette affaire ira jusqu’au bout
lors de son passage au journal Le Pays et il s’est
ainsi imposé une obligation de résultat.
La déception sera grande si, comme dans d’autres
dossiers, on nous gratifiait au terme de simulacre
de justice, d’un autre non-lieu en guise de
résultat.
Les risques n’épargnent pas davantage
le chef de l’Etat qui a exhorté, lors
de son message à la Nation, les « structures
de veille et de contrôle, à s’assumer
pleinement » et dont on ne comprendrait pas
que, sur cette affaire, il s’enferme dans son
mutisme habituel pour laisser dire et laisser faire
!
Complicités,
silences, magouilles ou pas, cette affaire s’imposera,
qu’on le veuille ou non, comme une des jauges
de la bonne gouvernance, à un moment où
elle est présentée comme un sauf-conduit
mais à un moment aussi où elle est de
plus en plus passée au scanner pour en détecter
les vices cachés. Alors que le PNUD, la Banque
Mondiale, Jean-Marie Bockel, tous les partenaires
se mettent en observation et félicitent ou
osent dénoncer selon les suites qui seront
données à ce dossier-test !
Aristide
Ouédraogo
oudera@yahoo.fr
BILLET
CAN 2008
DU BONHEUR POUR TANT D’AFRICAINS !
Alors
que la CAN bat son plein, on peut dire que le Ghana
est en passe de relever son défi.
D’abord, par les infrastructures qui n’ont
pas déçu. Chapeau aux Chinois qui, pour
l’occasion, se font une publicité d’enfer
avec la réalisation de stades qui n’ont
rien à envier aux stades européens ! C’est
vrai qu’en ce qui concerne l’organisation,
la fameuse panne d’électricité juste
avant le match d’ouverture entre le Ghana et la
Guinée a créé quelques désagréments
mais ça peut aller.
L’affluence jusqu’à présent
semble être plutôt bonne, contrairement
à ce qui était donné de voir dans
certains stades africains à l’occasion
de grandes compétitions.
En ce qui concerne les matchs, il sont plutôt
plaisants.
Après la qualification de la Côte d’Ivoire
qui a éliminé le Bénin, le Cameroun,
qui avait fait piètre figure pour son premier
match contre l’Egypte, s’est remis à
espérer une qualification en battant la Zambie
par 5 buts contre 1. Eto’o a égalé
le record historique de 14 buts personnels à
la CAN, détenu jusqu’alors par Laurent
Pokou.
Les Egyptiens, qui ont aussi effacé les Soudanais
(par 3 à 0) sont en bonne voie pour la qualification…
La troisième journée du groupe C, déterminante,
se jouera le mercredi 30 janvier. L’Egypte affrontera
la Zambie, et le Cameroun le Soudan.
Les pronostics au Burkina Faso vont bon train. Les équipes
favorites qui reviennent sont en majorité, la
Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Egypte,
la Guinée, le Sénégal.