Mise à jour le 27/01/2008
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San Finna N°448 du 28 Janvier au 03 février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

ENTRE L’AFFAIRE DE PIELA ET CELLE DU DG DE LA DOUANE,
LA JUSTICE TOUJOURS A LA RECHERCHE DE SES EQUILIBRES

La justice burkinabé, depuis le 5 décembre 2007, connaît un regain d’agitation, de controverse, avec l’éclatement de l’affaire du DG de la Douane. Nous en avons déjà relaté les faits, expliquant notamment le tumulte lié à la non exécution du mandat de dépôt du juge d’instruction.

Si en apparence, l’impression va vers une maîtrise du dossier par le pouvoir (pour ne pas changer !), il demeure des crispations et des volontés éclatées de continuer la dénonciation de cette situation hors normes. Est-ce peut-être pour cela que la jeune juge du bureau d’instruction N° 1 a mis sous écrou le 21 janvier passé, le commissaire et 6 autres policiers à la MACO dans l’affaire des meurtres de Piéla qui remonte au 28 octobre 2006 ? Peut-être !

Certains disent que c’est là un acte d’audace, de défi, de la magistrate qui

DG de la Douane
Ousmane Guiro
poursuit à sa façon la fronde des jeunes juges et avocats pour redonner à la justice ses lettres de noblesse. D’autres estiment que c’est là une manœuvre de diversion du pouvoir qui veut donner à croire, au moment où Bernard Koucher foule le sol national, que la justice n’est pas si bridée que ça au Faso. Une manœuvre qui voudrait, comme un épouvantail, faire fuir les regard du dossier central du DG de la Douane.

Toujours est-il que cet enfermement des policiers, provoque l’ire dans ce corps qui pourrait réagir par des démonstrations comme on commence à en avoir l’habitude et en demandant que les réajustements ne se limitent pas à leur seul niveau. Alors là, ce serait la spirale infernale !

Quoi qu’il en soit, la mousse que va soulever cette décision dans le dossier Piéla ne suffira pas à calmer la soif de lumière et de justice dans le dossier du DG de la Douane. Ils sont nombreux les Burkinabé à se demander pourquoi les sanctions tardent à venir contre Ousmane Guiro qui continue à occuper le poste de DG de la Douane. Pourtant, la loi portant statut général de la Fonction publique prévoie que lorsqu’un agent public fait l’objet de poursuites, avis est donné à son administration qui procède à sa suspension et dès cet instant, il ne perçoit plus que la moitié de son salaire. Il n’y a pas longtemps, un citoyen burkinabé a fait les frais de cette disposition. Gouba Félix pour ne pas le nommer, anciennement membre de l’OCECOS, suite à la fraude au BEPC, avait été révoqué en conseil des Ministres avant qu’il ne soit condamné par la justice plus tard. On peut attaquer cette disposition comme méprisant le principe de la présomption d’innocence mais elle existe !

Beaucoup se demandent aussi si de dessaisissement en dessaisissement, on ira jusqu’à retirer au juge Kaboré l’instruction de la nouvelle plainte qui vient de tomber dans son Cabinet, émanant encore de Shell dans le dossier des exonérations et où le nom de Oumane Guiro serait encore et toujours cité.
Voilà finalement un dossier qui a tout d’une hydre : quand on pense en finir en coupant des tentacules par ci par là, il en repousse d’autres là où on s’y attendait le moins !

Peut-être faut-il se convaincre qu’il est temps de donner toute la mesure de la volonté d’émanciper la justice et à cet égard, de prendre ce dossier Guiro comme un dossier fondateur. Sinon les risques ne sont pas à minimiser.

Ils concernent les juges d’instruction et les parquetiers qui perdront de la crédibilité vis-à-vis de leurs collègues mais aussi du justiciable.

Ils concernent le Garde des Sceaux qui, sur le coup, fait face à une opinion défavorable grandissante. Il n’est pas à l’abri d’une utilisation à son encontre de textes qu’il ne semble pas jusqu’à présent, vouloir respecter dans ce dossier.

Les risques peuvent entacher le premier Ministre, qui mène une croisade de réhabilitation des institutions auxquelles beaucoup voudraient croire. Il a dit que cette affaire ira jusqu’au bout lors de son passage au journal Le Pays et il s’est ainsi imposé une obligation de résultat. La déception sera grande si, comme dans d’autres dossiers, on nous gratifiait au terme de simulacre de justice, d’un autre non-lieu en guise de résultat.

Les risques n’épargnent pas davantage le chef de l’Etat qui a exhorté, lors de son message à la Nation, les « structures de veille et de contrôle, à s’assumer pleinement » et dont on ne comprendrait pas que, sur cette affaire, il s’enferme dans son mutisme habituel pour laisser dire et laisser faire !

Complicités, silences, magouilles ou pas, cette affaire s’imposera, qu’on le veuille ou non, comme une des jauges de la bonne gouvernance, à un moment où elle est présentée comme un sauf-conduit mais à un moment aussi où elle est de plus en plus passée au scanner pour en détecter les vices cachés. Alors que le PNUD, la Banque Mondiale, Jean-Marie Bockel, tous les partenaires se mettent en observation et félicitent ou osent dénoncer selon les suites qui seront données à ce dossier-test !

Aristide Ouédraogo
oudera@yahoo.fr


BILLET
CAN 2008
DU BONHEUR POUR TANT D’AFRICAINS !

Alors que la CAN bat son plein, on peut dire que le Ghana est en passe de relever son défi.

D’abord, par les infrastructures qui n’ont pas déçu. Chapeau aux Chinois qui, pour l’occasion, se font une publicité d’enfer avec la réalisation de stades qui n’ont rien à envier aux stades européens ! C’est vrai qu’en ce qui concerne l’organisation, la fameuse panne d’électricité juste avant le match d’ouverture entre le Ghana et la Guinée a créé quelques désagréments mais ça peut aller.
L’affluence jusqu’à présent semble être plutôt bonne, contrairement à ce qui était donné de voir dans certains stades africains à l’occasion de grandes compétitions.

En ce qui concerne les matchs, il sont plutôt plaisants.

Après la qualification de la Côte d’Ivoire qui a éliminé le Bénin, le Cameroun, qui avait fait piètre figure pour son premier match contre l’Egypte, s’est remis à espérer une qualification en battant la Zambie par 5 buts contre 1. Eto’o a égalé le record historique de 14 buts personnels à la CAN, détenu jusqu’alors par Laurent Pokou.

Les Egyptiens, qui ont aussi effacé les Soudanais (par 3 à 0) sont en bonne voie pour la qualification…

La troisième journée du groupe C, déterminante, se jouera le mercredi 30 janvier. L’Egypte affrontera la Zambie, et le Cameroun le Soudan.

Les pronostics au Burkina Faso vont bon train. Les équipes favorites qui reviennent sont en majorité, la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Egypte, la Guinée, le Sénégal.

Réponse le 10 février prochain.

CY





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