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DE
L’ENERGIE NUCLEAIRE CIVILE POUR LA SOUS REGION,
BONNE OU MAUVAISE IDEE ?
Zéphirin
Diabré, représentant d’AREVA
chez nous, s’est vu poser la question suivante
pertinente du journaliste Bernard Zangré
du quotidien L’Observateur Paalga : «
Pensez-vous vraiment que le nucléaire pourrait
être une solution aux problèmes énergétiques
du Burkina et si oui, s’il y a des projets
dans ce sens ? » (édition du 18 janvier
2008). Il a répondu ceci : « La production
d’électricité d’une centrale
nucléaire dépasse très largement
les besoins actuels d’un pays comme le Burkina.
Et il faut savoir qu’une centrale nucléaire
coûte excessivement cher. C’est trop
cher pour un seul pays. Sans compter la question
de sa maîtrise technique. De mon point de
vue, la meilleure solution serait une formule régionale,
dans le cadre de l’UEMOA ». Et l’économiste
de conclure que «.. le processus de sa mise
en œuvre est très long. Si notre sous
région décidait aujourd’hui
de se doter d’une centrale nucléaire,
il ne faut pas espérer pouvoir l’inaugurer
avant 10 ans au moins ». Du coup, l’idée
a cogité dans pas mal d’esprits, et
la controverse est apparue, certains se prononçant
clairement pour l’idée et d’autres,
contre. Ca a donné l’idée, à
Tomi et Tozi, de ce « Deux sons de cloche
».
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| EXCELLENTE
IDEE QUI FERA DU BIEN A LA SOUS REGION ET SURTOUT
AU FASO
Les
Burkinabé paient très cher l’électricité
et ça c’est connu de tous. C’est
l’une des raisons selon certains économistes
qui rend réticents certains investisseurs
dans le milieu de la production industrielle. Le
KWh pour les ménages coûte dans l’ordre
de 75 francs pour ceux qui consomment moins de 50
KWh par mois et plus cher encore pour les ménages
qui vont au delà. Malgré cette cherté
connue de tous, le Burkina peine depuis des décennies
à approvisionner convenablement ses populations.
L’énergie nucléaire serait donc
une aubaine pour nous d’autant plus que s’il
y a lieu de l’exploiter, ce ne serait pas
aux burkinabé à eux seuls d’en
prendre la charge ; elle reviendrait à toute
la sous région qui en bénéficiera
au même titre. De plus, l’Afrique ne
compte que deux centrales nucléaires sur
les 442 existantes dans le monde. Les technologies
ont bien pris le temps d’avancer, les besoins
énergétiques deviennent de plus en
plus importants, notamment avec le géant
Nigeria, et le coût du pétrole va toujours
crescendo. Nous assistons aujourd’hui à
des besoins spectaculaires jamais enregistrés
dans le monde ; la Chine et l’Inde en pleine
croissance soutenue provoquent une envolée
du prix du brut qui atteint de nos jours le seuil
de100 dollars le baril. On ne peut passer sous silence
les questions environnementales qui obligent nos
pays à de plus en plus de restrictions. Les
pays se penchent vers des énergies renouvelables
pour faire face à la pénurie du pétrole,
mais aussi pour une question de la préservation
de l’environnement. Chez nous, le hic provient
du fait qu’en matière de biocarburant
nous ne pouvons que rester à la traîne
puisque pour en faire il faudrait d’abord
avoir une agriculture forte pouvant produire assez
pour fournir de la matière première
aux industries qui en seront producteurs Voilà
encore ajoutés, des arguments qui forcent
à dire que la seule alternative sérieuse
en matière d’énergie pour les
pays de la sous région est l’énergie
nucléaire ; il y va de notre souveraineté
énergétique. La conclusion de la toute
dernière réunion à Alger de
l’AIEA est claire : l’Afrique doit se
lancer dedans !
TOMI.
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TRES
MAUVAISE IDEE CAR IL Y A BIEN D’AUTRES URGENCES
AU BURKINA FASO
N’est-ce
pas mettre la charrue avant les bœufs ? Les
besoins en énergie du Burkina doivent être
réévalués certes, mais ils
sont encore loin de ce qu’une centrale nucléaire
va produire. Avant d’exploiter ce type d’énergie
de pointe, l’Afrique et la sous région
en particulier doivent se réapproprier leurs
économies. Des investissements doivent être
faits au Burkina et ailleurs pour qu’une agriculture
et une industrie dignes de ce nom fonctionnent et
aient besoin de cette production d’énergie.
Une centrale nucléaire civile dans la sous
région doit avoir comme priorité de
servir le bien des populations et leurs besoins
réels. Et pour le moment, il est évident
que la priorité pour beaucoup est de manger,
non pas d’enrichir encore l’industrie
nucléaire française qui endettera
encore nos pays pour nous faire acheter une centrale
pas adaptée à ce que nous produisons.
La question de l’environnement concernant
l’énergie nucléaire est aussi
un problème majeur. Les déchets radioactifs
sont dangereux et impossibles à recycler.
Quant au fonctionnement même d’une centrale,
il doit être irréprochable, auquel
cas il risque de se produire sur nos terre d’Afrique
un drame comme celui de Tchernobyl. La législation
et la réglementation doivent encadrer strictement
le fonctionnement d’une centrale. La mauvaise
gestion des infrastructures, la mal gouvernance
et l’impunité qui règnent en
maîtres aujourd’hui au Faso et dans
la plupart des pays de la sous région laissent
craindre le pire pour la sécurité
des populations et le contrôle du bon fonctionnement
si le nucléaire civil devenait une réalité.
Et si l’on s’attarde sur l’instabilité
qui règne entre les différents pays
de la sous région, on peut se demander si
les politiques de ces pays pourront garantir la
paix et la sécurité autour de ces
centrales. Nous avons chez nous déjà
investi beaucoup en matière d’énergie
notamment dans des centrales hydroélectriques
telles que Bagré, Ziga, la Kompienga…,
l’interconnexion électrique en cours
entre la Cote d’Ivoire et le Burkina Faso
est aussi en cours et on parle de plus en plus d’une
autre connexion avec le Ghana. Tout cela nous laisse
croire que nous sommes sur le chemin de la sécurisation
énergétique de notre pays. Alors,
n’allons pas nous fourrer le nez dans cette
histoire de nucléaire parce qu’elle
pourrait autant nous desservir que nous créer
les pires problèmes.
TOZI.
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