Mise à jour le 27/01/2008
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San Finna N°448 du 28 Janvier au 03 février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

DE L’ENERGIE NUCLEAIRE CIVILE POUR LA SOUS REGION,
BONNE OU MAUVAISE IDEE ?

Zéphirin Diabré, représentant d’AREVA chez nous, s’est vu poser la question suivante pertinente du journaliste Bernard Zangré du quotidien L’Observateur Paalga : « Pensez-vous vraiment que le nucléaire pourrait être une solution aux problèmes énergétiques du Burkina et si oui, s’il y a des projets dans ce sens ? » (édition du 18 janvier 2008). Il a répondu ceci : « La production d’électricité d’une centrale nucléaire dépasse très largement les besoins actuels d’un pays comme le Burkina. Et il faut savoir qu’une centrale nucléaire coûte excessivement cher. C’est trop cher pour un seul pays. Sans compter la question de sa maîtrise technique. De mon point de vue, la meilleure solution serait une formule régionale, dans le cadre de l’UEMOA ». Et l’économiste de conclure que «.. le processus de sa mise en œuvre est très long. Si notre sous région décidait aujourd’hui de se doter d’une centrale nucléaire, il ne faut pas espérer pouvoir l’inaugurer avant 10 ans au moins ». Du coup, l’idée a cogité dans pas mal d’esprits, et la controverse est apparue, certains se prononçant clairement pour l’idée et d’autres, contre. Ca a donné l’idée, à Tomi et Tozi, de ce « Deux sons de cloche ».

EXCELLENTE IDEE QUI FERA DU BIEN A LA SOUS REGION ET SURTOUT AU FASO

Les Burkinabé paient très cher l’électricité et ça c’est connu de tous. C’est l’une des raisons selon certains économistes qui rend réticents certains investisseurs dans le milieu de la production industrielle. Le KWh pour les ménages coûte dans l’ordre de 75 francs pour ceux qui consomment moins de 50 KWh par mois et plus cher encore pour les ménages qui vont au delà. Malgré cette cherté connue de tous, le Burkina peine depuis des décennies à approvisionner convenablement ses populations. L’énergie nucléaire serait donc une aubaine pour nous d’autant plus que s’il y a lieu de l’exploiter, ce ne serait pas aux burkinabé à eux seuls d’en prendre la charge ; elle reviendrait à toute la sous région qui en bénéficiera au même titre. De plus, l’Afrique ne compte que deux centrales nucléaires sur les 442 existantes dans le monde. Les technologies ont bien pris le temps d’avancer, les besoins énergétiques deviennent de plus en plus importants, notamment avec le géant Nigeria, et le coût du pétrole va toujours crescendo. Nous assistons aujourd’hui à des besoins spectaculaires jamais enregistrés dans le monde ; la Chine et l’Inde en pleine croissance soutenue provoquent une envolée du prix du brut qui atteint de nos jours le seuil de100 dollars le baril. On ne peut passer sous silence les questions environnementales qui obligent nos pays à de plus en plus de restrictions. Les pays se penchent vers des énergies renouvelables pour faire face à la pénurie du pétrole, mais aussi pour une question de la préservation de l’environnement. Chez nous, le hic provient du fait qu’en matière de biocarburant nous ne pouvons que rester à la traîne puisque pour en faire il faudrait d’abord avoir une agriculture forte pouvant produire assez pour fournir de la matière première aux industries qui en seront producteurs Voilà encore ajoutés, des arguments qui forcent à dire que la seule alternative sérieuse en matière d’énergie pour les pays de la sous région est l’énergie nucléaire ; il y va de notre souveraineté énergétique. La conclusion de la toute dernière réunion à Alger de l’AIEA est claire : l’Afrique doit se lancer dedans !



TOMI.

TRES MAUVAISE IDEE CAR IL Y A BIEN D’AUTRES URGENCES AU BURKINA FASO

N’est-ce pas mettre la charrue avant les bœufs ? Les besoins en énergie du Burkina doivent être réévalués certes, mais ils sont encore loin de ce qu’une centrale nucléaire va produire. Avant d’exploiter ce type d’énergie de pointe, l’Afrique et la sous région en particulier doivent se réapproprier leurs économies. Des investissements doivent être faits au Burkina et ailleurs pour qu’une agriculture et une industrie dignes de ce nom fonctionnent et aient besoin de cette production d’énergie. Une centrale nucléaire civile dans la sous région doit avoir comme priorité de servir le bien des populations et leurs besoins réels. Et pour le moment, il est évident que la priorité pour beaucoup est de manger, non pas d’enrichir encore l’industrie nucléaire française qui endettera encore nos pays pour nous faire acheter une centrale pas adaptée à ce que nous produisons.
La question de l’environnement concernant l’énergie nucléaire est aussi un problème majeur. Les déchets radioactifs sont dangereux et impossibles à recycler. Quant au fonctionnement même d’une centrale, il doit être irréprochable, auquel cas il risque de se produire sur nos terre d’Afrique un drame comme celui de Tchernobyl. La législation et la réglementation doivent encadrer strictement le fonctionnement d’une centrale. La mauvaise gestion des infrastructures, la mal gouvernance et l’impunité qui règnent en maîtres aujourd’hui au Faso et dans la plupart des pays de la sous région laissent craindre le pire pour la sécurité des populations et le contrôle du bon fonctionnement si le nucléaire civil devenait une réalité. Et si l’on s’attarde sur l’instabilité qui règne entre les différents pays de la sous région, on peut se demander si les politiques de ces pays pourront garantir la paix et la sécurité autour de ces centrales. Nous avons chez nous déjà investi beaucoup en matière d’énergie notamment dans des centrales hydroélectriques telles que Bagré, Ziga, la Kompienga…, l’interconnexion électrique en cours entre la Cote d’Ivoire et le Burkina Faso est aussi en cours et on parle de plus en plus d’une autre connexion avec le Ghana. Tout cela nous laisse croire que nous sommes sur le chemin de la sécurisation énergétique de notre pays. Alors, n’allons pas nous fourrer le nez dans cette histoire de nucléaire parce qu’elle pourrait autant nous desservir que nous créer les pires problèmes.


TOZI.

Citation de la semaine

« J'ai vu en mon temps cent artisans, cent laboureurs, plus sages
et plus heureux que des recteurs de l'université »

Montaigne






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