L’AUTRE BURKINA /PARTI POUR LE SOCIALISME ET LA
REFONDATION
(L’AUTRE BURKINA/PSR)
(Ouagadougou, le 27 Janvier 2008)
COMMUNIQUE
DE PRESSE DU BUREAU POLITIQUE NATIONAL
Le
bureau politique national (BPN) de l’AUTRE Burkina/PSR
a conclu les travaux de sa première session le
dimanche 27 janvier 08 sur 03 points essentiels : la
vie de parti depuis sa création, la situation
nationale avec ses tendances d’évolution
et la situation interafricaine.
I-
LA VIE DU PARTI
| La
naissance de notre parti a suscité des interrogations,
des critiques et mêmes |
Docteur
Alain Dominique Zoubga |
des attaques à peine voilées. Aujourd’hui,
le défi reste entier et les membres de
notre direction politique savent qu’ils
doivent faire preuve de courage, de solidarité,
et surtout d’esprit de parti pour une implantation
progressive du parti. Aussi, apprécient-ils
les efforts continus des militants qui se sont
engagés dans l’AUTRE Burkina/PSR
depuis sa création. En ce qui concerne
les relations avec les autres forces politiques
et sociales du pays et de l’extérieur,
le BPN a formulé des directives et recommandation
en vue de les rendre plus dynamiques et visibles. |
II-
SITUATION NATIONALE
Après une analyse des caractéristiques
qui on marqué l’année 2007 et dans
la perspective de 2008, certains aspects ont retenu
l’attention de notre parti :
1- L’action gouvernementale est actuellement marquée
par les idées, engagements et autres mesures
que nous propose le Premier ministre à travers
des déclarations et des initiatives depuis sa
nomination. A l’instar d’autres forces politiques
et observateurs, nous sommes d’avis que le chef
du gouvernement est en première ligne dans l’imagination
des idées et autres engagements et qu’il
a adopté une méthode de contact assez
directe, un « style » en apparence plus
visible de communication. Nous notons principalement
: ses critiques sur les conditions d’attribution
des marchés publics de l’Etat (projets
Roodwoko, Zaka..), les conditions de nomination des
DG, l’utilisation abusive des véhicules
de l’Etat ; ses toutes premières décisions
au sujet de l’affaire du DG de la Douane inculpé
par la justice ; son engagement à faciliter l’accès
aux sources d’information à la presse nationale
; la création de l'Autorité supérieure
de contrôle de l'Etat (ASCE). Tous ces engagements
et idées, dignes d’une certaine volonté
de rupture- voire de refondation- peuvent être
mis à l’actif du PM. D’ailleurs on
constate une certaine insistance dans sa méthode
comme en témoigne cette autre déclaration
au journal le Pays : « Quand j’ai présenté
le dossier (ASCE) en Conseil des ministres, il y en
a qui m’ont dit que je vais leur créer
des problèmes. J’ai rétorqué
qu’ils vont effectivement avoir des problèmes
parce que c’est ce que le chef de l’Etat
veut et s’ils ne sont pas disposés à
l’accepter, qu’ils quittent le gouvernement.»
Mais en a t-il la volonté certaine ? A t-il les
épaules suffisamment larges pour mettre en œuvre
tout cela, dans ce système des nouveaux riches
? C’est tout le mal que l’on peut lui souhaiter
! Mais le tout n’étant pas d’avoir
l’imagination fertile, il faut pour le Pm oser
aller jusqu’au bout, car « tout ce qui vient
de l’imagination de l’homme est réalisable
par l’homme » nous disait le chef de la
révolution d’Août ! Du reste, quand
le Pm a déclaré en 2007 :« le ciel
devrait être la seule limite à nos rêves
et nos actions », l’AUTRE Burkina/PSR avait
déjà dit que cette affirmation a un contenu
révolutionnaire et patriotique mais que malheureusement
notre premier ministre ne semble pas porter dans son
coeur les révolutionnaires et les patriotes !
Nous ne sommes ni des illusionnistes ni des nihilistes,
mais les événements semblent se dérouler
malheureusement dans le sens de nos interrogations et
inquiétudes : l’affaire GUIRO semble en
voie d’être classée avec le dessaisissement
du juge SORY même si le Pm dit : « ..personne
n’est au-dessus de la loi. Ce dossier va donc
aller jusqu’au bout » (sic..). En ce qui
concerne l’utilisation abusive des véhicules
de l’Etat, les nombreux laisser passer qui sont
à délivrer permettent de contourner la
mesure ; la politisation des postes dans l’administration
se renforce et dans beaucoup de ministères et
autres institutions , seuls « les camarades »
peuvent être des DG ou même de simples chefs
de services; en outre, le dossier de la Mairie de Ouaga,
le pitoyable marché de fourniture d'habillements
des gardes pénitentiaires, l’implication
douteuse et illégale des hommes politiques si
ce n’est de leurs proches dans les transactions
commerciales préoccupent assez peu le gouvernement.
Et comme si cela ne suffisait pas, l’Assemblée
Nationale elle aussi décide de s’offrir
régulièrement des avantages financiers
et matériels.
Du côté de la justice, dans le dossier
Norbert ZONGO c’est toujours le NON lieu ; cependant,
nous notons quelques frémissements positifs comme
dans l’affaire du journaliste Newton Amed BARRY
de l’Evénement, celle du capitaine Boukary
KABORE dit le lion, et l’affaire du PAI.
C’est dans ce contexte que le mauvais classement
de notre pays (176/177) dans le rapport du PNUD provoque
indignation et rejet au niveau ce ceux qui croyaient
que le nombre de sommets et fêtes organisés
(500 000 000 de Fcfa dépensés pour la
seule journée du 11 Décembre), les médiations
dans les conflits et le nombre de villas à Ouaga
2000 sont des indicateurs de développement à
prendre en compte dans l’IDH. Le Burkina Faso
est dernier dans l'UEMOA et avant dernier au sein de
la CEDEAO !
Pour l’AUTRE Burkina/PSR, ce classement est bel
et bien justifié ! Le Pm qui se présente
en « redresseur »veut des résultats,
mais est-il possible d’avoir des résultats
avec cette équipe qui est au service d’un
système injuste ? Une chose est sûre, au
pays des hommes « intègres », c’est
tout le contraire de « l’homme qu’il
faut à la place qu’il faut», et nombreux
sont ceux qui ne travaillent pas ! Nous devrions travailler
maintenant ! Et ceux qui ont fait la preuve de leur
incompétence et paresse doivent rendre le tablier,
les autres qui sont impliqués directement ou
non dans les dossiers sales doivent être démis
et poursuivis selon la loi !
2- Les perspectives de l’année
2008
Après les vœux, place à la réalité
! Ce qui caractérise 2008 c’est le fait
qu’elle ne sera pas une année électorale
donc moins politique en principe ! Toutefois il ne faut
pas se tromper, elle sera difficile et rude. Depuis
2007, les prémisses d’une telle évolution
sont nombreuses :
- la vie chère marquée une augmentation
jamais égalée des prix des céréales,
du savon, de l’huile, du pain, du lait, du sucre,
de l’eau, de l’électricité,
du ciment et récemment des hydrocarbures, ce
qui ne manquera pas d’allumer le front social.
- le désordre dans nos écoles et Universités
où le limogeage du Pr Odile NACOULMA, ne sera
pas une solution à la situation de blocage car
les problèmes sont ailleurs!
- la révolte de la rue contre les « Ets
KUNDE » suite à un acte d’assassinat
crapuleux, l’affaire dite de la Mercedes tueuse,
les affrontements entre forces militaires et de police,
la fronde des militaires retraités, les attaques
inter villageoises, le banditisme sur nos routes, l’assassinat
du cambiste Idrissa Ouédraogo, etc., sont des
signes d’un ras le bol et de désespoir
! Sur ce dernier point, félicitation aux autorités
pour avoir réagi rapidement, une fois n’est
pas coutume, même si nous croyons savoir que la
peur d’une révolte populaire contre des
intérêts où sont associés
les affairistes politiciens au pouvoir explique en grande
partie cette « admirable » opération
de nos gouvernants. Toutefois, cette affaire renferme
beaucoup de zones d’ombre !
Pour la suite, au-delà de l’absence d’accord
d’extradition entre nos deux pays, et malgré
l’envoi de deux de nos avocats à Beyrouth,
notre pays doit demander l’extradition de l’assassin,
car il s’agit d’un crime crapuleux, commis
chez nous et contre un burkinabè ! Le point de
vue du consul du Liban chez nous indique qu’il
s’agit d’une question de souveraineté:
« Même avec des conventions, ils (les libanais)
refusent d’extrader leurs compatriotes ».
- le flux inévitable et souhaité du mouvement
TROP C’EST TROP (TCT) ! Après des périodes
de reflux, ce mouvement va certainement rebondir si
l’on tient compte du sentiment général
au sein des travailleurs et de la jeunesse ; en outre
le message du nouveau président du Collectif
le 13 décembre 2007 va clairement dans ce sens.
C’est pourquoi, l’AUTRE Burkina/PSR s’interroge
sur la politique réelle du Gouvernement face
à la chute du pouvoir d’achat des populations,
alors que depuis plus de 30 ans l’augmentation
cumulée des salaires n’atteint pas le 1/4
de cette chute ! Et plus près de nous, notre
parti apprécie mal l’attitude de notre
gouvernement face la situation de la SOSUCO où
la mévente est le résultat de la fraude
organisée par des hommes d’affaires véreux
et leurs complices proches du pouvoir ! C’est
une telle évolution inquiétante de notre
société qui fait dire à un notable
sénoufo que : « le Burkina est une sorte
de volcan entrée en activité depuis le
15 octobre 1987 et qui a commencé à laisser
échapper des gaz depuis le 13 décembre
1998 ; bientôt il pourrait cracher des laves de
feu sur nous ! »
3-la question du changement !
L’évolution telle que décrite ne
doit pas constituer une fatalité, ne la rendons
pas irréversible ! Trois grands acteurs ont la
responsabilité historique de sauver notre pays
: le régime d’abord, principal responsable
du mal national, doit ouvrir les yeux face à
la réalité, sortir de son entêtement
et de l’autosatisfaction. Dans le cas contraire,
l’histoire peut se répéter chez
nous comme au Mali ou ailleurs ; la société
civile ensuite doit continuer ses luttes, renforcer
son unité pour conduire les populations à
la victoire sur le front social ; enfin l’opposition
politique doit comprendre plus que par le passé
qu’elle a un rôle historique à jouer,
une mission fondamentale à accomplir, à
savoir la refondation nationale car il est incontestable
que les petites réformes superficielles ne peuvent
plus guérir notre mal. Et c’est justement
parce que 2008 n’est pas une année électorale,
qu’elle doit être une occasion pour fonder
les bases du changement : la refondation, que nous voulons
certes révolutionnaire mais sans pour autant
rejeter les autres visions et orientations de toutes
les forces qui croient à la refondation !
III-
SITUATION INTERAFRICAINE
Les luttes démocratiques continuent de vivre
des moments difficiles dans plusieurs pays en Afrique.
En exemples les cas du Cameroun, du Gabon et surtout
le Kenya, une situation horrible et humiliante pour
notre continent. Néanmoins, on note ailleurs
quelques cas isolés où la démocratie
semble avoir gagné : le Bénin et le Mali
à côté de nous, les votes au congrès
de l’ANC et à un degré moindre,
le renversement du gouvernement au Niger par une motion
de défiance, ce dont ne peut rêver le burkinabè.
A moins que dans sa timide « croisade »
le Pm ne remette en cause les intérêts
des puissants du régime qui décident alors
d’arrêter ses velléités !
Dans l’actualité africaine, la question
des APE est essentielle au moment où les USA,
l’UE et la Chine se livrent une guerre économique
; ces APE que tente d’imposer l’UE à
nos Etats recouvrent des enjeux économique, politique
et social à l’instar des PAS. Dans les
conditions actuelles, ils pourraient fragiliser davantage
nos économies en général et les
budgets de nos Etats en prendront un coup. Aussi, tout
en appréciant la démarche intelligente
de l’UEMOA et de la CEDAO sur cette question,
nous souhaitons que les forces sociales de notre pays
et du Continent en fassent une priorité de lutte.
Quant à la crise ivoirienne, elle demeure une
grosse préoccupation du continent. Nous encourageons
les principaux acteurs à croire toujours à
la paix et félicitons les autorités ivoiriennes
et le peuple Ivoirien dont le courage et le patriotisme
ont permis de garder la Côte d’Ivoire une
et indivisible ! C’est la raison pour laquelle,
nous souhaitons une juste solution pour le cas du sergent
chef Ibrahim Coulibaly dit IB, l’un des chefs
historiques des forces nouvelles afin de consolider
l’œuvre de réconciliation nationale
pour la paix! L’année 2007 a été
difficile, l’année 2008 ne sera pas moins
difficile ! Mais nous croyons en notre peuple, capable
de s’assumer autour des valeurs comme le travail,
la dignité et l’espoir !
LE
CHANGEMENT C’EST MAINTENANT !
Le
Président national du Parti de l’AUTRE
Burkina/PSR
Dr
Alain Dominique ZOUBGA