Mise à jour le 03/02/2008
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°449
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope
PUBLICITES

Galerie de photos

 
 
LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni

RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°449 du 04 au 10 Février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Au courant de la plume

L’UNION AFRICAINE, LE PLUS GRAND ENNEMI DE L’UNITE AFRICAINE
AU POINT OU ON EST RENDU
NE VAUT-IL PAS MIEUX SURSEOIR A CELLE-CI ?


Quand on prend les mêmes pour recommencer une entreprise qui a mal tourné, on court le risque de se retrouver devant les mêmes contre-performances. Avec l’Union africaine, on avait juré que les choses changeraient et que l’Afrique referait tous ses retards pour réaliser en un temps record, son unité. Mais on avait parlé trop vite.

On avait oublié que bien de ceux qui n’ont cessé de freiner des quatre fers pour empêcher cette unité de se réaliser, étaient toujours aux commandes de leurs Etats.

On avait oublié que l’attachement aux privilèges de souveraineté, si valorisant pour l’ego, la puissance des chefs d’Etat, primait toujours sur la nécessité de cette intégration si bénéfique aux peuples d’Afrique.

On avait oublié que le renouvellement à la tête des Etats ne s’était pas suffisamment fait en qualité pour qu’il y ait une fournée de dirigeants pétris des nécessités de l’intégration.

C’est vrai qu’il y a eu par ci par là des voix qui ont parlé avec crédibilité et connaissance des priorités de cette intégration mais elles se sont perdues dans le silence des difficultés nationales et des interférences et pressions internationales.

C’est vrai qu’il y a eu et qu’il y a Kadhafi, maître d’œuvre de l’Union africaine, qui a délié bourse pour sa naissance et qui s’est dépensé sans compter pour tenter de réaliser ce que N’Nkrumah n’a pu faire. Mais l’aventure était condamnée par
avance, comme frappée d’un vice profond. C’est que Kadhafi n’est pas N’Nkrumah ; il n’est pas non plus Schuman ! L’Union africaine qu’il veut construire, lui, n’est pas une entreprise pour le bonheur des peuples d’Afrique mais pour sa propre grandeur. L’Union africaine qu’il veut réaliser selon les principes qui sont les siens et qu’il applique dans son propre pays, ne s’appuient pas sur les valeurs dont se réclament les peuples d’Afrique, immergés au travers de sa jeunesse dans ce monde interdépendant qui se réclame des mêmes standards démocratiques. Son Union africaine enfantera d’une Jamahiriya africaine et la boucle sera ainsi bouclée pour l’éternité, pour lui et ses descendants.

Jakaya Kikwete, Président l’Union Africaine et Président de Tanzanie


 

 

 

 

 



Voilà pourquoi malgré sa force de persuasion, basée sur sa capacité de nuisance, ses pétrodollars, il butte sur la résistance des chefs d’Etat qui savent que dans l’entreprise, ils ont tout à perdre, pas seulement le peu de soutien de leurs peuples mais surtout leurs privilèges dès qu’ils auront fait abandon de souveraineté et qu’ils se retrouveront à sa merci. L’ « OPA » de Kadhafi sur le continent, malgré ses dernières menaces de transporter ses pénates et ses pétrodollars ailleurs si on ne le suivait pas, ne pouvait pas marcher.

C’est ce qui fait qu’à Addis-Abeba, on a encore assisté à une triste répétition d’une comédie qui agace de plus en plus jusqu’à l’écoeurement. En ce moment, le Soudan est au bord d’un génocide et le Kenya y avance à grands pas à son tour ; la Somalie s’ « irakise », les irrédentismes en dépit d’une inflation d’accords, mènent la vie dure à la refondation démocratique en RDC… Pendant ce temps, l’Union africaine se retrouve à Addis-Abeba autour d’un ordre du jour surréaliste : l’industrialisation du continent, le serpent de mer qu’est l’élection du président de la Commission de l’Union africaine...

Sur cette industrialisation, le NEPAD s’est déjà cassé les dents. On n’a même pas encore tiré toutes les conséquences de son échec qu’on remet ça à un moment des plus inopportuns. Sur le sujet, Abdoulaye Wade a eu des sorties pertinentes.

Quant à l’élection du successeur d’Alpha Oumar Konaré, elle semble intervenir parce qu’il faut qu’elle intervienne, beaucoup plus pour le principe que pour autre chose et surtout, sans les réformes nécessaires prises pour l’émancipation de la Commission. Le fait qu’on ne se soit pas vraiment bousculé au portillon pour élire un nouveau président et qu’on se soit perdu de report en report, est significatif de la réalité de la crise dénoncée par Alpha Oumar Konaré au sein de l’institution qui vient de produire un audit éloquent duquel il est ressorti que les chefs d’Etat ne veulent pas évoluer vers des objectifs économiques et politiques de l’intégration.
Effectivement, c’est pour cela qu’ils refusent, comme le voudrait toute intégration digne de ce nom, un processus d’institutionnalisation qui délègue des pouvoirs subséquents à la Commission, qui débouche sur des transferts de prérogatives au niveau supranational ! C’est pour cela qu’ils font fi des recommandations de la Commission, notamment celle courageuse et spectaculaire émise à Brazzaville qui, sur le constat de la déroute des processus démocratiques en raison des fraudes électorales, des mauvaises structures électorales, de la pérennisation au pouvoir notamment par le charcutage des constitutions, avait préconisé la tenue d’un sommet spécial pour tout remettre à plat et pour procéder à la refondation de la démocratie.

C’est pour cela qu’ils ont finalement élu le Gabonais Jean Ping qui, pour avoir de l’expérience et même de la compétence, n’a pas la volonté, l’autorité, le charisme d’un Alpha Oumar Konaré pour résister au « syndicat des chefs d’Etat » et moins encore pour lutter pour ces réformes dont l’Union africaine a tant besoin. Qu’on en finisse au plus vite, pensent certains qui voient englouties des millions de dollars dans une entreprise inutile et de surcroît dégradante pour les Africains. Le fameux audit y encourage, lui qui a fait ressortir la gabegie (le budget des voyages a explosé en quelque temps, de 4 à 7 millions de dollars !), la corruption, l’incompétence, le manque de communication... Mieux vaut dans ces conditions une Afrique sans union africaine.

Tout cela nous ramène au fond à la préoccupation de départ : ce ne sont pas avec les chefs d’Etat qu’on a actuellement, qui gèrent mal leurs pays, qui se fichent royalement des droits de l’homme, de la démocratie, qui n’entendent pas grand mot aux priorités qu’impose la mondialisation (notamment l’intégration africaine) qu’il faut demander de travailler à l’unité du continent ! Ils viennent de le prouver avec la dernière élection de Jean Ping, un homme de Omar Bongo qui aura peu de chance de gérer l’institution par lui-même mais plutôt par procuration. Le tableau, on le voit d’ici !

La Rédaction






Site réalisé par Come Tell The World