Mise à jour le 03/02/2008
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°449
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope
PUBLICITES

Galerie de photos

 
 
LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni

RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°449 du 04 au 10 Février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

INTERVIEW DE L’AMBASSADEUR DE FRANCE AU JOURNAL « LE PAYS »
LA CONTREVERITE A DENONCER

L’interview océan que l’Ambassadeur de France, François Goldblatt, vient d’accorder au journal Le Pays qui, l’après avoir annoncée, l’a publiée dans son édition du 29 janvier 2008, suscite beaucoup de commentaires et de critiques notamment dans les rangs de l’opposition. Ce qui est ici attaqué, ce n’est pas la compétence du diplomate, sa maîtrise des chiffres, la rigueur de ses analyses en économie de développement, c’est son alignement aux côtés de ces diplomates étrangers, particulièrement appréciés des dictateurs africains, parce qu’ils ont pris le parti de supporter la stabilité, la sécurité au détriment d’une
démocratisation équitable du continent. Beaucoup d’opposants l’auront ainsi identifié, à travers cette interview, et particulièrement au détours de certains de ses propos franchement partisans et réducteurs, comme ceux qui ont fait suite à cette question du Pays : «quelle est votre appréciation du processus démocratique au Burkina ? », à laquelle Mr Golblatt a répondu : «… Je crois que le processus est vraiment en bonne voie. Les élections législatives l’ont encore montré. Il y a eu quelques imperfections ici ou là mais globalement le scrutin et ses résultats n’ont été contestés par personne ».

François Goldblatt

Il y a dans la réponse, une contre-vérité inacceptable qui ne devrait pas être passée sous silence parce que trop méprisante et grave de dangers.

En effet, des protestations contre les scrutins sont un fait récurrent au Burkina Faso depuis la fondation de la 4ème République et celui portant sur les dernières élections législatives n’a pas échappé à cette règle. En amont et en aval de ladite consultation, les contestations n’ont pas manqué. Elles ont concerné d’abord la composition de la CENI, dont le caractère déséquilibré, en raison de la surreprésentation de la mouvance présidentielle, de la méconnaissance de fait du principe de la différenciation entre majorité et opposition, de l’engagement partisan du président de la CENI du côté du pouvoir (comme il l’a montré en attaquant par la voie de la télévision nationale et de RFI des chefs de parti comme Me Hermann Yaméogo et Nayabtigungu Congo Kaboré) lui enlevait toute indépendance. Cela ne peut pas être contesté par l’ambassadeur.

Le code électoral, révoqué en nombre de ses dispositions comme bien de ces acquis obtenus à la suite du drame de Sapouy, a continué à être critiqué en certains de ses points par bien de partis politiques sans que rien ne s’améliore ! Un parti d’opposition, avant le début du scrutin législatif, a même saisi le Conseil constitutionnel à cet égard au sujet du découpage électoral inique et contraire à la loi électorale puisque ayant juxtaposé dans les faits, un scrutin de liste à un scrutin uninominal, grâce à l’érection de circonscriptions n’ayant qu’un seul siège à pourvoir. Cette procédure aurait pu (et dû, à elle seule) stopper la forfaiture électorale en marche. De cela, l’Ambassadeur est informé comme il est informé qu’il n’existait aucune disposition légale qui permettrait de recourir à des systèmes de votation différents par circonscription.

Pendant le scrutin à proprement parler, les fraudes ont été constatées et dénoncées dans la plupart des circonscriptions et nombre de journaux ont touché eux-mêmes du doigt ces fraudes. Retenons juste ce titre, parmi la multitude des articles y consacrés, à la Une du quotidien Le Pays du 10 mai 2007 : « Usage de faux extraits de naissance : ‘La fraude était visible et claire à Bobo’ » !!

Mr Goldblatt n’a pas ignoré ces réalités.

Après les élections, les partis ont encore réagi par voie de presse ou en saisissant les juridictions. Des constitutionnalistes comme les Professeurs Augustin Loada, Jean-Luc Ibriga, ont eux aussi réagi en critiques lors du dernier séminaire atelier de restitution d'une étude sur le fonctionnement du système des partis politiques au Burkina, organisé par le GIGA. Fâché par le recul démocratique dans notre pays (c’est le moins qu’on puisse dire), Augustin Loada y déclarera qu’ « on peut tout faire avec la démocratie sauf s’asseoir dessus ». Un film documentaire a même été réalisé par un parti d’opposition, l’UNDD pour ne pas le citer. De tout cela, l’ambassadeur de France n’est pas ignorant.

Le diplomate sait aussi que de nos jours, les contestations continuent et s’intensifient même, aboutissant à des demandes convergentes autour d’une refondation nationale, demandes portées au-delà de partis d’opposition, par des chefs coutumiers, des intellectuels, des associations et même par des partis peu ou prou de la mouvance présidentielle : PARIS, RDM.

On peut tout dire sauf qu’il n’y a pas eu de réactions, de plaintes non seulement contre les dernières élections législatives (qui ont encore montré, non pas comme le dit l’Ambassadeur, que le processus est en bonne voie mais qu’au contraire, il continue de déraper) mais contre tout le processus même de démocratisation au Burkina Faso.

C’est vrai que la contestation ne prend pas la forme de manœuvres politiques comme en Ethiopie, au Nigeria, de tueries ethniques comme actuellement au Kenya mais les causes qui les ont provoqués existent, tapies, et même en exacerbation croissante chez nous malgré une vitrine avenante.

Les causes sont justement dans les fraudes, dans le tripatouillage des constitutions, dans les fractures sociales et nationales qui résistent à la croissance tant vantée. Elles sont dans la désespérance en la capacité de la démocratie de changer le quotidien comme dans le mépris vis-à-vis des droits de l’homme et de ceux qui l’animent.

Aristide Ouédraogo
oudera@yahoo.fr






Site réalisé par Come Tell The World