San
Finna N°450 du
11 au 17 Février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
CASEM
DU MINISTERE DE LA JUSTICE
COMME SISYPHE, TOUJOURS A SON OUVRAGE SANS FIN
!
La
justice est la poutre maîtresse, le métronome
de toute société démocratique.
La position de sa balance, en équilibre
ou en inclinaison, reflète l’état
général de la gouvernance dans un
pays. Dès lors, si l’on s’en
tient à l’opinion générale
qui dit que la démocratie va de guingois
au Burkina Faso, il suffit d’observer l’état
de la justice pour voir si ce constat est vrai
ou non.
Si l’on s’en tient au CASEM qui vient
de se tenir les 7 et 8 février 2008, il
y a des raisons de donner foi à ce jugement.
C’est vrai que le maître des lieux,
le ministre de la Justice Zakalia Koté,
a dans un discours plutôt tonique, conclu
en beauté sur les capacités humaines,
techniques de ce monde qui compose la maison Justice
mais tout optimiste qu’il soit, comme l’exige
du reste sa fonction, il n’ a pas manqué
de faire montre d’un minimum de mesure,
ce qui en soi est significatif qu’il ne
faut pas se laisser aller à un optimiste
béat, loin s’en faut.
Le
Plan national pour la réforme de
la justice, en abrégé PNRJ,
lancé en grande pompe en 2000, est
à son terme depuis 2006, et depuis,
les bilans de rigueur qui devaient se tenir
notamment à travers la tenue de CASEM
annuels, n’ont pas eu lieu. Le ministre
s’en explique, les justifiant par
des considérations multiples notamment
d’ordre technique et financier. Mais
on peut aussi se dire qu’un tel bilan
était difficile à faire compte
tenu de l’état de la justice
malgré les énormes fonds consacrés
à sa refondation.
Zakalia
KOTE
(Photo www.lefaso.net)
C’est
vrai qu’il y a eu l’éclatement
de l’ancienne Cour Suprême,
une volonté de rationalisation qui
a débouché sur la création
des 4 institutions judiciaires que sont
la Cour de Cassation, la Cour des comptes,
le Conseil d’Etat et le Conseil constitutionnel.
C’est vrai, et du reste le ministre
l’a souligné, qu’il y
a eu des efforts patents sur le recrutement,
la construction de palais de Justice, de
maisons d’arrêt, mais l’un
dans l’autre, tout cela est loin d’avoir
été à la hauteur des
espoirs. Et Zakalia Koté le reconnaît
lui-même à sa façon,
en reconnaissant que le Plan a été
réalisé à 48 %.
Pour beaucoup, cette estimation est plutôt
généreuse au vu de la montée
en flèche de la défiance du Burkinabé
lambda vis-à-vis de la justice.
La réforme en effet, loin d’avoir
rapproché le justiciable de la justice,
d’avoir désengorgé les rôles
des tribunaux, a laissé à leur soif,
les Burkinabé. Pire, elle a favorisé
une administration de la justice déséquilibrée,
plus soucieuse de protéger les riches que
de rendre justice aux pauvres, plus attachée
à servir le pouvoir public que d’aider
à la construction d’une société
démocratique qui se reposerait sur la garantie
d’une justice indépendante, au service
de tous.
C’est ça le constat auquel a abouti
l’opinion mais qu’il ne faudrait pas
rêver de voir consacré au travers
de ce CASEM !
C’est vrai que l’objectif global,
comme a dit le Ministre, c’est « renforcer
la place du pouvoir judiciaire au sein de l’Etat
et de la société de manière
à faire du pouvoir judiciaire, un secteur
essentiel de la construction démocratique
et de régulation des litiges privés
et publics ». Mais il ne faut pas rêver
: une telle ambition, pour être satisfaite,
nécessite des réformes structurelles
qui visent la réorientation de la gestion
du pouvoir vers des objectifs moins soucieux de
la captation des organes de l’Etat par le
pouvoir en place. Or, rien n’indique, en
l’état des choses, et compte tenu
surtout de la marche à pas forcés
vers la monarchie républicaine, qu’une
telle option soit à l’ordre du jour
! Alors, ce CASEM a toutes les chances de n’être
qu’une illustration de Sisyphe, à
la bourre !
Aristide
Ouédraogo
oudera@yahoo.fr
BILLET
ASSOCIATION DES ENTREPRENEURS DU FASO
RAFFUT, REMUE-MENAGE ET ENFIN, LE CHEVAL GAGNANT !
Ils
ont lutté pendant des mois, secoué
monts et vallées pour rentrer en possession
de leur argent suite aux marchés qu’ils
avaient réalisé pour l’ouverture
des routes et leur entretien. Nous avons plusieurs
fois évoqué le sujet. Où en
est-on aujourd’hui ?
Mr
Jules W. Ouédraogo, président
de l’Association des entrepreneurs du
Faso (AEF), nous l’explique.
«
Nous nous sommes rencontrés le 7
février dernier pour faire le bilan
et nos démarches et aussi, informer
nos militants de l’état de
celles-ci. Je dois dire qu’elles commencent
à porter fruits. Dans la chronologie
de ce que nous affirmons, le gouvernement
a déjà décaissé
2 milliards 300 millions fcfa ».
Lorsque
nous lui posons la question sur le reste
des 11 milliards toujours dus, il nous répond
:
Lorsque
nous lui posons la question sur le reste des 11
milliards toujours dus, il nous répond :
« Il y a eu des retards à cause de
la paperasserie sinon, la disponibilité de
l’argent n’est plus un débat
et cela suffira à payer toutes nos dettes.
Une promesse ferme nous a été donnée
que nous aurons notre argent dans cette semaine.
Cela va permettre à tous de régler
tous les problèmes qui nous tenaillaient.
Tout le monde est content surtout des performances
de notre association. Nous remercions le gouvernement
et les autorités pour leur diligence et leur
compréhension ».
Mr Jules W. Ouédraogo, pour finir, lancera
un appel à l’endroit de ceux qui évoluent
dans le secteur des routes pour qu’ils rejoignent
sa structure, « non politisée »
précisera-t-il, pour défendre leurs
intérêts.
Gageons que l’appel sera entendu !