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"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

HABIB KOITE DE PASSAGE A OUAGADOUGOU
UNE ETOILE POUR L’AFRIQUE

Habib Koité était de passage à Ouagadougou pour un concert au Centre culturel français ce samedi 9 février 2008. En pleine tournée à travers l’Afrique de l’Ouest, il revient pour San Finna sur son parcours et les raisons qui l’ont poussé à tarder avant de se produire sur la terre africaine.

Habib Koité est revenu dans la sous région ouest africaine pour présenter au public son nouvel album « Afriki ». Rien de moins que 14 dates sont prévues, le
tout accompagné par l’association « Culture France », une chance selon lui car « cette tournée se fait dans de très bonnes conditions, tant pour le logement que le transport ou les moyens techniques. C’est une chance inespérée de faire une tournée en Afrique dans de très bonnes conditions ! »

Habib Koité voyage beaucoup, à travers le monde entier mais reste attaché à son pays, le Mali et sa ville d’origine, Bamako. « Toute ma famille est à Bamako, ma femme et mes enfants. Même si je n’y suis pas très souvent, je considère que je vis là-bas. » Douze ans de carrière aujourd’hui qui permettent de dire qu’il est un artiste internationalement reconnu. « Desfois, je joue dans des endroits du monde où je me demande vraiment ce que je fais là, si les gens en face de moi vont comprendre quelque chose à ma musique. Et le courant passe ».

La musique n’a pas de frontière et Habib Koité peut prétendre être un digne représentant de la culture d’Afrique dans le monde. Il regrette cependant d’être éloigné du continent. « Il faut essayer de changer l’organisation du milieu du ‘showbiz’ en Afrique, pour pouvoir garder nos artistes ici, les produire et les distribuer à partir de chez nous. » Un appel à la prise de conscience de tout un chacun. Un appel à la prise en charge du destin de l’Afrique par les Africains eux-mêmes.

Habib Koité ne cache pas son plaisir à venir chanter à Ouagadougou. «J’aime la mentalité burkinabé, la modestie des Burkinabé», confie-t-il. Un point noir cependant au tableau : le fait qu’il ne soit pas distribué dans notre pays. « Il y a un réel problème de distribution en Afrique. Je suis devenu ce que je suis grâce à des Européens qui, de la France à l’Autriche en passant par l’Allemagne, ont permis à ma musique d’être reconnue et appréciée. Il faut créer un réseau de partenaires de distribution en Afrique afin de protéger nos artistes du piratage. » Habib Koité, artiste militant ? C’est en tout cas le qualificatif à la trame de son album. Ses morceaux appellent la société à exploiter ses valeurs afin de « nous protéger entre nous ». Il aborde ainsi autant de thèmes que les détournements de fonds en Afrique, ce développement du continent tant promis, souhaité et répété mais qui n’arrive pas, ou le manque d’espoir de la jeunesse africaine. « Il faut que la nouvelle génération se révolte en pensant à son avenir. Il faut que notre jeunesse ne rêve plus de l’Europe en se risquant à braver la mort sur des canaux pour fuir la pauvreté. Il faut trouver un moyen de combattre la pauvreté non pas la fuir. »

Fatoumata Touré





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