San
Finna N°450 du
11 au 17 Février 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
AFFAIRE
DIDIER DROGBA
ISSA HAYATOU DOIT ETRE SANCTIONNE POUR LA CREDIBILITE
DE LA CAF ET MEME DE LA FIFA
L’état
de non droit a cette particularité négative
d’avoir conduit les dirigeants, qu’ils
relèvent de la gouvernance des Etats, des institutions
internationales, non gouvernementales…, à
se considérer au-dessus de la loi. A tous ces
niveaux, on constate la confusion des rôles,
l’identification des pouvoirs en la personne
des dirigeants. C’est le cas entre l’Etat
et celui qui le dirige, entre l’organisation
internationale et celui qui en assume la présidence
du moment… Quoi d’étonnant que
Issa Hayatou, Président de la Confédération
africaine de football (CAF), finisse par croire qu’il
est la CAF, que le personnel de la CAF, les joueurs,
les entraîneurs, tout ce beau monde-là,
sont ses obligés qui lui doivent allégeance.
C’est ainsi qu’il faut interpréter
le comportement tout à fait inadmissible qu’il
a eu par rapport à Didier Drogba.
En
pleine CAN 2008, au moment même où
Didier Drogba, de surcroît Capitaine des
Eléphants, avait besoin de toute sa concentration
pour lui-même personnellement et pour
pouvoir aussi aider à celle de ses coéquipiers,
on lui demande de venir assister à une
cérémonie de remise de prix dans
un autre pays !
Qu’est-ce
qui empêchait, connaissant le calendrier
de la CAF, que des dispositions soient prises
pour éviter la coïncidence des dates
? Ca n’a pas été le cas
! C’est une faute de gestion, d’anticipation
à relever de la part de la CAF.
Qu’est-ce
qui empêchait des solutions de substitution
? Qu’on accepte la jurisprudence Eto’o
qui, en Afrique du Sud, avait permis que son
épouse aille prendre le Prix à
sa place. En 2005 en effet, quand il avait remporté
pour la troisième fois consécutive
le titre de Meilleur joueur africain, c’est
son épouse, Mme Eto’o née
Georgette Tra Lou, qui avait représenté
son mari, empêché. Ce jour-là,
il devait disputer un match du championnat espagnol
avec le Barça et la CAF n’avait
rien trouvé à y redire.
Fort à propos et faisant des développements
intéressants, l’Observateur du 08/02/2008
revient sur le fait qu’on ait refusé
à Drogba ce qu’on a accepté à
Eto’o : «Maintenant, est-ce parce qu’un
match de championnat, fût-il de l’Espagne,
est plus important qu’un match de quart de finale
de Coupe d’Afrique des Nations ? Est-ce parce
que Samuel Eto’o est Camerounais comme lui Hayatou
qu’il a eu cette faveur ? Est-ce parce que M.
Hayatou n’aime pas la personne de Didier Drogba
et partant, la Côte d’Ivoire qu’il
a donné ‘la chose’ de Drogba à
Kanouté ? Est-ce une autre façon de
régler les différends qui l’opposent
à Jacques Anouma, le président de la
Fédération ivoirienne de football (FIF)
? »
Pour sa part, le site www.afrik.com a rédigé
un article dont le seul titre suffit à tout
comprendre : « Affaire Drogba : la CAF se décrédibilise
en pleine CAN ».
En
tout cas, Issa Hayatou, qui se prend pour un
surhomme à n’en pas douter, a été
clair et définitif, concernant cette
remise du prix à Didier Drogba : «
C'est la
Issa
Hayatou
(photo http://cache.viewimages.com)
Confédération qui organise la
soirée des oscars. C'est la Confédération
qui décerne. Et c'est la Confédération
qui a pris des mesures eu égard à
certaines considérations que nous devons
avoir vis-à-vis de nos chefs d'Etat qui
acceptent de présider l'évènement,
vis-à-vis du grand public qui honore
aussi la cérémonie des oscars.
Il est tout à fait indiqué que
les nominés soient présents. Parce
que ça présente mal qu'on dise
que c'est ‘X’ qui a gagné
et on voit une femme ou un autre monter à
la tribune pour prendre le trophée devant
tout ce monde là. » Presque insultant
au demeurant, si on y regarde bien, à
l’endroit de la gente féminine,
et au contraire tout à fait obséquieux
vis-à-vis de chefs d’Etat !
Cette politique de « deux poids, deux mesures
» de Issa Hayatou est en tout cas inadmissible
et ne devrait pas pouvoir passer. C’est bien
d’avoir une panoplie de sanctions contre les
arbitres, les joueurs mais de temps en temps, quand
les dirigeants en font trop, il faut aussi leur dire
qu’ils ne sont pas au-dessus de la loi. Il en
va de la protection voire du relèvement du
football comme de celle du droit particulièrement
malmené aussi bien dans nos Etats qu’au
niveau de la communauté internationale.
Alors qu’Issa Hayatou serve un peu d’exemple
comme Taylor sert d’exemple, à la Haye
!