*
Idriss Déby, contrairement aux affirmations selon
lesquelles il serait resté tout au long des combats
à son poste de commandement dans les murs de
son palais de N’Djamena, aurait été
en fait exfiltré en Ouagadougou, son ancienne
base : c’est le bruit qui court ! C’est
le bruit qui court. Ca fait rire pour différentes
raisons. Pour les uns, il s’agit là d’un
canular dont il vaut mieux en rire, sans plus ! Il en
est aussi qui rient, arguant que des leurres, il n’y
en a pas eu seulement venant des Mirage décollant
soi-disant de N’Djamena pour Libreville ; il y
en a eu aussi dans ces coups de téléphone
quotidiens entre Paris et N’Djamena alors qu’Idriss
Déby se trouvait planqué à Ouagadougou.
Les leurres, on les voit enfin dans ces récusations
de l’offre de médiation de Kadhafi, sous
prétexte qu’il soutiendrait les rebelles
alors que c’est par le même Kadhafi que
les armes, sur diligence de la France, auraient été
acheminées dans la capitale tchadienne. Alors,
Déby à Ouaga ? Il ne faut jurer de rien
!
* Le NDI (National democratic institute) organisait
la semaine passée, un Atelier national des femmes
cadres de partis politiques. 10 partis sur les plus
de 130 existant étaient représentés.
Les grandes conclusions auraient abouti à la
nécessité de redynamiser la Convention
des femmes politiques (ou de réviser ses textes),
de mettre en place ou de redynamiser les structures
spécifiques au sein des partis politiques (de
la base au sommet) et de les doter de ressources financières,
enfin de mettre en place des groupes de pression au
sein des partis. Nous y reviendrons.
* Justement, au cours de cette rencontre au NDI, une
étudiante, représentant d’un parti
politique, Désirée Kanyala, a suggéré
la création d’une structure ouverte à
toutes les tendances, dénommée «
15.000 femmes contre la vie chère ». L’argumentaire
qui justifie cette initiative reposerait sur la hausse
des prix de l’essence, des produits de première
nécessité, sur la réactivation
de la vignette… L’appel aux femmes a d’autant
plus trouvé un écho favorable qu’elles
sont celles qui subissent en première ligne les
contrecoups de la cherté de la vie.
* La réfection de l’hymen par la chirurgie,
prévue pour aider à retrouver la virginité
notamment pour se conformer à certaines coutumes
qui imposent la virginité au mariage, connaît
en ce moment une grande vogue aux USA mais il s’agit
là d’un phénomène de mode
où le snobisme prend le pas sur les considérations
religieuses, coutumières.
* A l’occasion du drame qui se déroule
au Kenya, on apprend par le quotidien « Le Monde
» du 22 janvier dernier, que l'opposition a porté
plainte auprès de la Cour pénale internationale
(CPI) pour crime contre l'humanité contre le
gouvernement du président Mwai Kibaki, du fait
des répressions des manifestations organisées
en contestation des résultats de l'élection
présidentielle. Fort de l’appui de l’Occident
et des pouvoirs africains en général,
le gouvernement kényan a décidé
de saisir lui aussi la CPI contre les dirigeants de
l'opposition pour les violences post-électorales
et pour nettoyage ethnique. Et le quotidien de conclure
: « A La Haye, la CPI est inondée de telles
demandes de poursuites venant de différents pays,
qui restent sans suites. La Cour a même arrêté
d'en donner le décompte. Le dernier chiffre publié,
en janvier 2006, est de 1 732 demandes provenant de
103 pays ». C’est vraiment inquiétant
et il y a lieu que la CPI soit appuyée au niveau
mondial pour pouvoir répondre efficacement à
toutes ces demandes sinon elle va décourager
les personnes ou organismes qui l’appellent au
secours, et sa mission va être complètement
compromise alors qu’elle était un espoir
pour tant de gens !
* Chez nous, le dernier conseil des Ministres du 6 février
2008 a adopté un décret portant statuts
particuliers du Fonds national d’appui aux travailleurs
déflatés et retraités (FONA-DR)
qui avait été créé le 27
décembre dernier. Ce décret fixe donc
sa forme juridique et précise les missions, la
composition, l’organisation, les attributions
et le fonctionnement des différents organes.
San Finna fera tout pour obtenir lesdits documents et
en dire plus à ses lecteurs.
* Dans le dernier numéro de « La Lettre
du continent », il est ressorti qu’au Gabon,
plusieurs ONG, accusées de ‘faire de la
politique’ ont été suspendues durant
toute une semaine ! Le pouvoir n’y est pas allé
de main morte mais cela n’étonnera personne
: le Gabon n’est pas une démocratie normale.
En tout cas, il est clair que si la société
civile en Afrique veut vraiment se lancer dans la politique,
elle ne pourra qu’avoir des ennuis, au même
titre que les partis !
* Chez nous, les étudiants UNDD ont dû
remettre leur FOCAL (NDLR : Forum de communication alternative)
sur la contribution des intellectuels dans le processus
démocratique parce que le « Boss »
de la télé SMTB aurait refusé qu’on
« étiquette son média ». Il
aurait, à ce qu’on dit, menacé son
bailleur (qui avait loué le rez-de-chaussée
de l’immeuble loué à SMTV, aux jeunes
de l’UNDD pour leur manifestation) de résilier
le contrat de bail qui les lie.
* Le jugement en cours de Charles Taylor fait toujours
couler beaucoup d’encre sur les responsabilités
de ceux qui ne seront peut-être jamais inquiétés
; ainsi, le journal de Lutte Ouvrière, a relevé
ceci : « Les grandes multinationales européennes,
les grandes compagnies minières cotées
en Bourse, à Paris, Londres ou New York, s'appuyant
sur des armées de mercenaires anglais et sud-africains,
ont profité du chaos politique, quand elles ne
l'ont pas encouragé directement, pour piller
les bassins diamantifères de cette région
d'Afrique pendant cette période, tout comme les
grandes compagnies forestières occidentales ont
saccagé la forêt tropicale. D'autres dictateurs
locaux, protégés de la France, comme Blaise
Compaoré au Burkina Faso, ont fourni des armes
en pagaille aux bandes armées de Taylor, entretenant
ainsi les foyers de guerre civile et favorisant le trafic
d'armes et de diamants ». (http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2062&id=36).
* Toujours sur le sujet de Taylor, le quotidien Libération
du 6 février dernier nous apprend que les témoins
qui accusent l’ancien dictateur, ont commencé
à être victimes de menaces : « Au
Libéria, la famille de Varmuyan Sherif, un ancien
bras droit de Charles Taylor, a été la
première à recevoir des menaces de mort.
Varmuyan Sherif, ancien assistant du commandant des
Services spéciaux de sécurité (SSS)
libériens, fait partie des 59 anciens inside
men (NDLR : gens proches de Taylor) ayant accepté
de parler, pour la plupart sous couvert d’anonymat
». Cela devrait être pris très au
sérieux et fortement dénoncé car
il s’agit ni plus ni moins que de terrorisme sur
des témoins, et il faut une réaction à
la hauteur ! A quand aussi un coup de gueule de Mme
Ellen Johnson Sirleaf ?
* Les pays sahéliens consomment dix fois moins
de fruits que ce qui est indispensable à leur
santé (Article du CIRAD du 5/ 02/08) ! Il est
expliqué que « les maladies dites ‘de
surcharge’ (obésité, maladies cardio-vasculaires,
diabète, certains cancers, etc.) ne sont pas
le monopole du Nord. Elles concernent désormais
aussi les pays du Sud, surtout en milieu urbain ».
Et l’écrit de rappeler que, hélas
en Afrique, l’ « embonpoint reste socialement
valorisé ». Comme c’est vrai et comme
on aimerait qu’à l’instar de l’Europe
ou des USA (où des campagnes sont engagées
pour faire connaître aux populations, les conséquences
sanitaires graves de l’embonpoint) que la même
chose soit entreprise en Afrique pour que les gros ventres
soient regardés avec beaucoup plus de peur, de
dédain que d’attrait et comme étant
un signe extérieur de richesse !
* Du coup, on se demande s’il ne faudrait pas
stopper les concours, chez nous, de « Miss Pognéré
» à travers lesquels on fait la promotion
des charmes de femmes de 125 kg voire plus, avec le
risque avéré d’encourager des jeunes
femmes ou des sponsors véreux à favoriser
des opérations de gavage, au mépris de
la santé des candidates.
* Dans la journée du 8 février 2008, les
agents du ministère des Finances ont bruyamment
manifesté leur mécontentement devant les
bureaux qu’ils ont dû réintégrer
après l’intervention des CRS. C’était
leur façon à eux de protester contre les
montants actuels du Fond commun qui ne correspondent
pas aux importantes entrées fiscales engrangées.
Dans tous les cas, ils envisagent un débrayage
si d’aventure, le fond commun habituel partagé
n’est pas revu à la hausse.
* Le Courrier International nous apprend que «
La Roumanie est le pays des taxes les plus invraisemblables.
Après la célèbre taxe auto dite
de pollution…, la taxe sur la récupération
des eaux de pluie, voilà que vient d'être
inventée la taxe sur... l'accouplement des animaux
! Il est expliqué que si la loi votée
par le Sénat passe dans ce sens à l’Assemblée,
«les resquilleurs risqueront une amende pouvant
aller jusqu'à 10 000 lei ([NDLR : soit près
de 2 millions de fcfa) ». Et l’auteur de
l’écrit de se poser les questions suivantes,
qui devraient vous faire sourire : «Et si votre
chat ne demande pas la permission avant de s'unir à
l'être aimé ? Et si, sortant se promener,
votre toutou s'abandonne à la passion amoureuse
dans le premier buisson venu sans que son propriétaire
s'en aperçoive ? Puisque les propriétaires
d'animaux doivent s'acquitter d'une taxe pour que ces
derniers puissent s'accoupler, je propose que nous donnions
des papiers d'identité aux fruits de ces unions.
Puisqu' ils paient l'impôt, que ces animaux soient
pourvus d'un passeport et qu'ils puissent voter ! ».
San Finna est d’accord avec l’auteur de
cette réflexion puisque, comme lui, il aime plaisanter
!
* Le samedi 9 février, l’association «
Le Tocsin », que dirige le professeur Albert Ouédraogo,
était dans la bourgade de Saaba. L’objet
de cette visite était d’apporter du soutien
aux rapatriés de Côte d’Ivoire. Un
soutien matériel composé de couvertures
et d’habits pour tout âge. La cérémonie
a été rehaussée par la présence
de la députée Eulalie Yerbanga.
* Enfin, une bonne nouvelle au niveau de la situation
au Kenya : l’opposition et le camp du président
Mwai Kibaki sont parvenus à un accord sur un
gouvernement conjoint intérimaire, selon la BBC.
On devrait en savoir plus sous peu. Pourvu que tous
ces massacres cessent et qu’un nouveau départ
soit donné pour la bonne gouvernance et la vraie
démocratie !
* Human Rights Watch (HRW) a publié jeudi soir
son rapport annuel 2008. Il y épingle notamment
les pays occidentaux qui tolèrent que "des
autocrates se posent en démocrates". "De
nos jours, il est très facile pour les autocrates
de n'en faire qu'à leur tête en montant
un simulacre de démocratie", souligne Kenneth
Roth, directeur de l'organisation. Selon lui, "Washington
et les gouvernements européens acceptent toujours
les élections les plus douteuses lorsque le gagnant
est un allié stratégique ou commercial".
Par exemple, si les Etats-Unis ont haussé le
ton face à l'explosion de violence politique
au Kenya, ils avaient accepté l'an dernier les
résultats des élections au Nigeria, pays
riche en pétrole, en dépit d'accusations
crédibles de fraudes » (lu sur le quotidien
L’Express). Oui mais dans son rapport, HRW se
contente de parler des grands pays fraudeurs d’élections
et non des petits. Ils ont droit aussi, ces pays, à
la même révolte de la part de la grande
organisation car les actes délictueux sont exactement
les mêmes.
* Chez nous, dans la presse de la fin de semaine passée,
on a pu lire que Ousmane Guiro, le DG de la Douane a
rencontré les commissionnaires en douane le 7
février pendant près de 3 heures, pour
discuter de l’application de certains textes qu’ils
réprouvent. Si cette façon de porter ses
activités à la connaissance de l’opinion
n’est pas une manière de le remettre en
selle, en tout cas ça y ressemble encore et surtout
que tous les commentaires qui ont suivi la relation
de ces activités, ont fait le « black out
» sur les implications qui pèsent sur lui
et qui, de l’avis de beaucoup, auraient dû
conduire à le décharger de ses responsabilités.
* Les propos tenus par le ministre d’Etat Salif
Diallo à l’endroit du président
de l’UNDD ont provoqué une quasi-onde de
choc dans l’opinion. Qu’il ait pu reconnaître
tout ce qu’il a fait pour déstabiliser
Me Yaméogo à travers tous les partis qu’il
a créés et reconnaître qu’il
mérite respect, est quelque chose qui a positivement
été apprécié parce qu’on
avait fini par croire qu’au Faso, haine rimait
avec politique. Le président du parti de la panthère
n’a pas moins étonné dans son témoignage,
en reconnaissant la qualité, à celui qui
ne lui a pas épargné des coups politiques,
de savoir contrairement à beaucoup, assumer ses
convictions et ne pas approcher ses adversaires, le
sourire aux lèvres mais le couteau dans le dos
!
* Le bourgmestre de notre capitale entend relancer son
offensive contre le racolage et le proxénétisme
à travers notamment des procédures de
retraits de parcelles d’habitation érigées
en chambre de passe (celles-ci seraient estimées
à 99).La question qui reste en suspens est celle
de savoir si ce sont les chambres de passe qui sont
combattues ou le racolage et le proxénétisme
quand on sait que des hôtels et pas des moindres
ne sont pas en reste vis-à-vis de la prostitution.
* Les Burkinabé ne sont aussi en marge de l’analyse
des questions politiques comme on pourrait le faire
croire ; en effet lors de son Journal télévisé
de 20 heures de samedi dernier, Canal 3 a fait une espèce
de sondage pour avoir l’opinion des Ouagavillois
sur les crises en Afrique notamment en Cote d’Ivoire,
au Tchad et au Kenya. Le résultat était
pertinent, les Burkinabé pensent que pour éviter
les situations similaires, on doit éradiquer
la mal gouvernance et s’affranchir de la puissance
colonisatrice.
* Et pour finir, une blague pour vous détendre
un peu : « Au beau milieu de l'Atlantique Nord,
un chalutier vient de faire naufrage. Dérivant
à bord de leur canot de sauvetage, les marins
commencent à crever de froid, de faim et de soif
lorsqu'un gigantesque paquebot les repère enfin.
Le commandant du paquebot dit à son équipage
: ‘Faites vite, montez ces naufragés à
bord et donnez leur à boire, à manger
et de quoi se réchauffer’. Quand les pêcheurs
sont à bord du paquebot, le commandant les accueille
: ‘Vous avez de la chance que notre bateau passait
par-là, je vous souhaite la bienvenue à
bord du Titanic!’ ».