Mise à jour le 10/02/2008
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San Finna N°450 du 11 au 17 Février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

Tribune de la femme

* Idriss Déby, contrairement aux affirmations selon lesquelles il serait resté tout au long des combats à son poste de commandement dans les murs de son palais de N’Djamena, aurait été en fait exfiltré en Ouagadougou, son ancienne base : c’est le bruit qui court ! C’est le bruit qui court. Ca fait rire pour différentes raisons. Pour les uns, il s’agit là d’un canular dont il vaut mieux en rire, sans plus ! Il en est aussi qui rient, arguant que des leurres, il n’y en a pas eu seulement venant des Mirage décollant soi-disant de N’Djamena pour Libreville ; il y en a eu aussi dans ces coups de téléphone quotidiens entre Paris et N’Djamena alors qu’Idriss Déby se trouvait planqué à Ouagadougou. Les leurres, on les voit enfin dans ces récusations de l’offre de médiation de Kadhafi, sous prétexte qu’il soutiendrait les rebelles alors que c’est par le même Kadhafi que les armes, sur diligence de la France, auraient été acheminées dans la capitale tchadienne. Alors, Déby à Ouaga ? Il ne faut jurer de rien !

* Le NDI (National democratic institute) organisait la semaine passée, un Atelier national des femmes cadres de partis politiques. 10 partis sur les plus de 130 existant étaient représentés. Les grandes conclusions auraient abouti à la nécessité de redynamiser la Convention des femmes politiques (ou de réviser ses textes), de mettre en place ou de redynamiser les structures spécifiques au sein des partis politiques (de la base au sommet) et de les doter de ressources financières, enfin de mettre en place des groupes de pression au sein des partis. Nous y reviendrons.

* Justement, au cours de cette rencontre au NDI, une étudiante, représentant d’un parti politique, Désirée Kanyala, a suggéré la création d’une structure ouverte à toutes les tendances, dénommée « 15.000 femmes contre la vie chère ». L’argumentaire qui justifie cette initiative reposerait sur la hausse des prix de l’essence, des produits de première nécessité, sur la réactivation de la vignette… L’appel aux femmes a d’autant plus trouvé un écho favorable qu’elles sont celles qui subissent en première ligne les contrecoups de la cherté de la vie.

* La réfection de l’hymen par la chirurgie, prévue pour aider à retrouver la virginité notamment pour se conformer à certaines coutumes qui imposent la virginité au mariage, connaît en ce moment une grande vogue aux USA mais il s’agit là d’un phénomène de mode où le snobisme prend le pas sur les considérations religieuses, coutumières.

* A l’occasion du drame qui se déroule au Kenya, on apprend par le quotidien « Le Monde » du 22 janvier dernier, que l'opposition a porté plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) pour crime contre l'humanité contre le gouvernement du président Mwai Kibaki, du fait des répressions des manifestations organisées en contestation des résultats de l'élection présidentielle. Fort de l’appui de l’Occident et des pouvoirs africains en général, le gouvernement kényan a décidé de saisir lui aussi la CPI contre les dirigeants de l'opposition pour les violences post-électorales et pour nettoyage ethnique. Et le quotidien de conclure : « A La Haye, la CPI est inondée de telles demandes de poursuites venant de différents pays, qui restent sans suites. La Cour a même arrêté d'en donner le décompte. Le dernier chiffre publié, en janvier 2006, est de 1 732 demandes provenant de 103 pays ». C’est vraiment inquiétant et il y a lieu que la CPI soit appuyée au niveau mondial pour pouvoir répondre efficacement à toutes ces demandes sinon elle va décourager les personnes ou organismes qui l’appellent au secours, et sa mission va être complètement compromise alors qu’elle était un espoir pour tant de gens !

* Chez nous, le dernier conseil des Ministres du 6 février 2008 a adopté un décret portant statuts particuliers du Fonds national d’appui aux travailleurs déflatés et retraités (FONA-DR) qui avait été créé le 27 décembre dernier. Ce décret fixe donc sa forme juridique et précise les missions, la composition, l’organisation, les attributions et le fonctionnement des différents organes. San Finna fera tout pour obtenir lesdits documents et en dire plus à ses lecteurs.

* Dans le dernier numéro de « La Lettre du continent », il est ressorti qu’au Gabon, plusieurs ONG, accusées de ‘faire de la politique’ ont été suspendues durant toute une semaine ! Le pouvoir n’y est pas allé de main morte mais cela n’étonnera personne : le Gabon n’est pas une démocratie normale. En tout cas, il est clair que si la société civile en Afrique veut vraiment se lancer dans la politique, elle ne pourra qu’avoir des ennuis, au même titre que les partis !

* Chez nous, les étudiants UNDD ont dû remettre leur FOCAL (NDLR : Forum de communication alternative) sur la contribution des intellectuels dans le processus démocratique parce que le « Boss » de la télé SMTB aurait refusé qu’on « étiquette son média ». Il aurait, à ce qu’on dit, menacé son bailleur (qui avait loué le rez-de-chaussée de l’immeuble loué à SMTV, aux jeunes de l’UNDD pour leur manifestation) de résilier le contrat de bail qui les lie.

* Le jugement en cours de Charles Taylor fait toujours couler beaucoup d’encre sur les responsabilités de ceux qui ne seront peut-être jamais inquiétés ; ainsi, le journal de Lutte Ouvrière, a relevé ceci : « Les grandes multinationales européennes, les grandes compagnies minières cotées en Bourse, à Paris, Londres ou New York, s'appuyant sur des armées de mercenaires anglais et sud-africains, ont profité du chaos politique, quand elles ne l'ont pas encouragé directement, pour piller les bassins diamantifères de cette région d'Afrique pendant cette période, tout comme les grandes compagnies forestières occidentales ont saccagé la forêt tropicale. D'autres dictateurs locaux, protégés de la France, comme Blaise Compaoré au Burkina Faso, ont fourni des armes en pagaille aux bandes armées de Taylor, entretenant ainsi les foyers de guerre civile et favorisant le trafic d'armes et de diamants ». (http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2062&id=36).

* Toujours sur le sujet de Taylor, le quotidien Libération du 6 février dernier nous apprend que les témoins qui accusent l’ancien dictateur, ont commencé à être victimes de menaces : « Au Libéria, la famille de Varmuyan Sherif, un ancien bras droit de Charles Taylor, a été la première à recevoir des menaces de mort. Varmuyan Sherif, ancien assistant du commandant des Services spéciaux de sécurité (SSS) libériens, fait partie des 59 anciens inside men (NDLR : gens proches de Taylor) ayant accepté de parler, pour la plupart sous couvert d’anonymat ». Cela devrait être pris très au sérieux et fortement dénoncé car il s’agit ni plus ni moins que de terrorisme sur des témoins, et il faut une réaction à la hauteur ! A quand aussi un coup de gueule de Mme Ellen Johnson Sirleaf ?

* Les pays sahéliens consomment dix fois moins de fruits que ce qui est indispensable à leur santé (Article du CIRAD du 5/ 02/08) ! Il est expliqué que « les maladies dites ‘de surcharge’ (obésité, maladies cardio-vasculaires, diabète, certains cancers, etc.) ne sont pas le monopole du Nord. Elles concernent désormais aussi les pays du Sud, surtout en milieu urbain ». Et l’écrit de rappeler que, hélas en Afrique, l’ « embonpoint reste socialement valorisé ». Comme c’est vrai et comme on aimerait qu’à l’instar de l’Europe ou des USA (où des campagnes sont engagées pour faire connaître aux populations, les conséquences sanitaires graves de l’embonpoint) que la même chose soit entreprise en Afrique pour que les gros ventres soient regardés avec beaucoup plus de peur, de dédain que d’attrait et comme étant un signe extérieur de richesse !

* Du coup, on se demande s’il ne faudrait pas stopper les concours, chez nous, de « Miss Pognéré » à travers lesquels on fait la promotion des charmes de femmes de 125 kg voire plus, avec le risque avéré d’encourager des jeunes femmes ou des sponsors véreux à favoriser des opérations de gavage, au mépris de la santé des candidates.

* Dans la journée du 8 février 2008, les agents du ministère des Finances ont bruyamment manifesté leur mécontentement devant les bureaux qu’ils ont dû réintégrer après l’intervention des CRS. C’était leur façon à eux de protester contre les montants actuels du Fond commun qui ne correspondent pas aux importantes entrées fiscales engrangées. Dans tous les cas, ils envisagent un débrayage si d’aventure, le fond commun habituel partagé n’est pas revu à la hausse.

* Le Courrier International nous apprend que « La Roumanie est le pays des taxes les plus invraisemblables. Après la célèbre taxe auto dite de pollution…, la taxe sur la récupération des eaux de pluie, voilà que vient d'être inventée la taxe sur... l'accouplement des animaux ! Il est expliqué que si la loi votée par le Sénat passe dans ce sens à l’Assemblée, «les resquilleurs risqueront une amende pouvant aller jusqu'à 10 000 lei ([NDLR : soit près de 2 millions de fcfa) ». Et l’auteur de l’écrit de se poser les questions suivantes, qui devraient vous faire sourire : «Et si votre chat ne demande pas la permission avant de s'unir à l'être aimé ? Et si, sortant se promener, votre toutou s'abandonne à la passion amoureuse dans le premier buisson venu sans que son propriétaire s'en aperçoive ? Puisque les propriétaires d'animaux doivent s'acquitter d'une taxe pour que ces derniers puissent s'accoupler, je propose que nous donnions des papiers d'identité aux fruits de ces unions. Puisqu' ils paient l'impôt, que ces animaux soient pourvus d'un passeport et qu'ils puissent voter ! ». San Finna est d’accord avec l’auteur de cette réflexion puisque, comme lui, il aime plaisanter !

* Le samedi 9 février, l’association « Le Tocsin », que dirige le professeur Albert Ouédraogo, était dans la bourgade de Saaba. L’objet de cette visite était d’apporter du soutien aux rapatriés de Côte d’Ivoire. Un soutien matériel composé de couvertures et d’habits pour tout âge. La cérémonie a été rehaussée par la présence de la députée Eulalie Yerbanga.

* Enfin, une bonne nouvelle au niveau de la situation au Kenya : l’opposition et le camp du président Mwai Kibaki sont parvenus à un accord sur un gouvernement conjoint intérimaire, selon la BBC. On devrait en savoir plus sous peu. Pourvu que tous ces massacres cessent et qu’un nouveau départ soit donné pour la bonne gouvernance et la vraie démocratie !

* Human Rights Watch (HRW) a publié jeudi soir son rapport annuel 2008. Il y épingle notamment les pays occidentaux qui tolèrent que "des autocrates se posent en démocrates". "De nos jours, il est très facile pour les autocrates de n'en faire qu'à leur tête en montant un simulacre de démocratie", souligne Kenneth Roth, directeur de l'organisation. Selon lui, "Washington et les gouvernements européens acceptent toujours les élections les plus douteuses lorsque le gagnant est un allié stratégique ou commercial". Par exemple, si les Etats-Unis ont haussé le ton face à l'explosion de violence politique au Kenya, ils avaient accepté l'an dernier les résultats des élections au Nigeria, pays riche en pétrole, en dépit d'accusations crédibles de fraudes » (lu sur le quotidien L’Express). Oui mais dans son rapport, HRW se contente de parler des grands pays fraudeurs d’élections et non des petits. Ils ont droit aussi, ces pays, à la même révolte de la part de la grande organisation car les actes délictueux sont exactement les mêmes.

* Chez nous, dans la presse de la fin de semaine passée, on a pu lire que Ousmane Guiro, le DG de la Douane a rencontré les commissionnaires en douane le 7 février pendant près de 3 heures, pour discuter de l’application de certains textes qu’ils réprouvent. Si cette façon de porter ses activités à la connaissance de l’opinion n’est pas une manière de le remettre en selle, en tout cas ça y ressemble encore et surtout que tous les commentaires qui ont suivi la relation de ces activités, ont fait le « black out » sur les implications qui pèsent sur lui et qui, de l’avis de beaucoup, auraient dû conduire à le décharger de ses responsabilités.

* Les propos tenus par le ministre d’Etat Salif Diallo à l’endroit du président de l’UNDD ont provoqué une quasi-onde de choc dans l’opinion. Qu’il ait pu reconnaître tout ce qu’il a fait pour déstabiliser Me Yaméogo à travers tous les partis qu’il a créés et reconnaître qu’il mérite respect, est quelque chose qui a positivement été apprécié parce qu’on avait fini par croire qu’au Faso, haine rimait avec politique. Le président du parti de la panthère n’a pas moins étonné dans son témoignage, en reconnaissant la qualité, à celui qui ne lui a pas épargné des coups politiques, de savoir contrairement à beaucoup, assumer ses convictions et ne pas approcher ses adversaires, le sourire aux lèvres mais le couteau dans le dos !

* Le bourgmestre de notre capitale entend relancer son offensive contre le racolage et le proxénétisme à travers notamment des procédures de retraits de parcelles d’habitation érigées en chambre de passe (celles-ci seraient estimées à 99).La question qui reste en suspens est celle de savoir si ce sont les chambres de passe qui sont combattues ou le racolage et le proxénétisme quand on sait que des hôtels et pas des moindres ne sont pas en reste vis-à-vis de la prostitution.

* Les Burkinabé ne sont aussi en marge de l’analyse des questions politiques comme on pourrait le faire croire ; en effet lors de son Journal télévisé de 20 heures de samedi dernier, Canal 3 a fait une espèce de sondage pour avoir l’opinion des Ouagavillois sur les crises en Afrique notamment en Cote d’Ivoire, au Tchad et au Kenya. Le résultat était pertinent, les Burkinabé pensent que pour éviter les situations similaires, on doit éradiquer la mal gouvernance et s’affranchir de la puissance colonisatrice.

* Et pour finir, une blague pour vous détendre un peu : « Au beau milieu de l'Atlantique Nord, un chalutier vient de faire naufrage. Dérivant à bord de leur canot de sauvetage, les marins commencent à crever de froid, de faim et de soif lorsqu'un gigantesque paquebot les repère enfin. Le commandant du paquebot dit à son équipage : ‘Faites vite, montez ces naufragés à bord et donnez leur à boire, à manger et de quoi se réchauffer’. Quand les pêcheurs sont à bord du paquebot, le commandant les accueille : ‘Vous avez de la chance que notre bateau passait par-là, je vous souhaite la bienvenue à bord du Titanic!’ ».





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