VISITE
DU MINISTRE FEDERAL DES AFFAIRES
ETRANGERES ALLEMAND
ENTRE DISCOURS POLICE ET ALAMBIQUE, SE CACHE
PEUT-ETRE LE FUTUR CHANCELIER ALLEMAND.
En
provenance du Togo, le Ministre Fédéral
des Affaires Etrangères Allemand, Frank
– Walter Steinmeier, a effectué
une visite officielle de travail dans notre
capitale le mardi 12 février. Le chef
de la diplomatie allemande était accompagné
d’une forte délégation.
Walter
Steinmeier a été reçu en
audience par le chef de l’Etat et les
discutions portaient essentiellement sur les
relations bilatérales et aussi sur des
question internationales.
Le clou de la visite était sans conteste
la rencontre avec les hommes de média
à l’Hôtel Lybia de Ouaga
2000. Une salle de conférence bondée
et fortement sécurisée surtout
par les gardes du corps du diplomate. La presse
nationale et internationale, qui n’avait
pas monnayé son déplacement, a
trouvé un diplomatique aguerri dans l’exercice
des questions-réponses. Et c’est
avec une aisance sans pareille qu’il a
abordé les questions touchant à
notre monde.
Il
dira à son auditoire du jour, dans
un rapide speech, que ce qui l’a
amené au Faso, c’est certainement
la paix et la stabilité du pays
en même temps que les mérites
du chef de l’Etat burkinabé,
en tant que médiateur au Togo et
en Côte d’Ivoire. Ceux-ci
sont reconnus au bord du Rhin. Blaise
Compaoré étant |
Frank-Walter
Steinmeier
(Photo Wikipédia)
|
Président de la CEDEAO et notre
pays, membre non permanent du Conseil
de Sécurité, le passage
de Ouagadougou était obligé.
Si en tant que membre non permanent du
Conseil de Sécurité des
Nations Unies, le diplomate allemand a
échangé sur la question
du nucléaire iranien et sur la
question du futur statut du Kosovo avec
son homologue burkinabé Djibril
Yipénè Bassolet, il ressort
de la conférence que le Burkina
et l’Allemagne s’accordent
sur les points énumérés.
Le diplomate allemand, social démocrate
bon teint, marche certainement sur les
pas de l’illustre Helmut Schmidt.
|
En
effet, aucun membre venant des sociaux-démocrates
n’avait encore pu diriger ce département
depuis 1982. Et cela a permis à un confrère
de s’interroger : ‘’Est-ce
le futur Chancelier allemand que nous avons
la chance d’avoir face à nous ?’’
Cela a surtout fait sourire Steinmeier avant
qu’il ne dise, évasif : ‘’Ce
sur quoi, je ne me suis pas prononcé
dans mon pays, ce n’est pas au Burkina
que je le ferai’’. Du Togo
en passant par le Tchad, où l’EUFOR
s’apprête à déployer
ses troupes, le diplomate allemand a joué
sur la corde du discours alambiqué et
a policé sa réponse. Pour le processus
togolais, il n’a pas manqué de
dire qu’il faudrait renforcer la démocratie
afin que ce pays retrouve son lustre d’antan
et cela passe par plusieurs phases. Quant à
l’EUFOR et aux différentes démocraties
en Afrique, Walter Steinmeier dira qu’avec
l’engagement de son pays dans les Balkans,
celui-ci avait souhaité ne pas faire
partie du contingent mais que son pays soutient
les efforts de l’Union Européenne
dans cette région. En reconnaissant que
la démocratie est un long processus qui
ne demande qu’à se renforcer, le
Ministre Streinmeier de façon insidieuse,
invite les gouvernants africains à prendre
en compte les opinions plurielles. Il dira aussi
que dans le continent, il y a plusieurs paliers
de démocratie et qu’il faudrait
travailler à renforcer les institutions
et à parfaire le processus afin que les
Etats quittent définitivement la hantise
et le spectre de l’insécurité.