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San Finna N°452 du 25 Février au 02 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

NICOLAS SARKOZY CHANGE DE STRATEGIE

Insatisfactions sur le pouvoir d’achat et surexposition de sa vie privée… Nicolas Sarkozy est en chute libre dans tous les sondages. Pour inverser la tendance, il ressuscite la politique du terrain.

Rarement un chef de l’Etat aura connu « une défection aussi massive », juge François Miquet Marty, directeur des études politiques de LH2. Selon un sondage LH2-Libération du 4 février, le chef de l’Etat français a perdu 13 points de sa côte de confiance, avec pour la première fois, 55% d’opinions négatives. Et la chute continue. Après une longue période d’état de grâce consécutive à son élection, Nicolas Sarkozy dévisse dans les sondages. Au point d’être devancé par son premier ministre François Fillon, plus populaire, mais aussi franchement plus discret.

Le chef de l’Etat paie le lourd tribut des insatisfactions persistantes sur le pouvoir d’achat. Le sondage du 4 février révèle que « 84% des français ne sont pas satisfaits de la politique concernant le pouvoir d’achat ». Les effets de la
défiscalisation des heures supplémentaires se font attendre. Il a fait aveu d’impuissance en martelant que « les caisses de l’Etat sont vides ». Et ramené les citoyens à la réalité d’une politique de rigueur. Même si l’on maintient à l’Elysée qu’il s’agit plutôt « d’une politique d’austérité ».

Son mariage avec Carla Bruni a été célébré dans la discrétion la plus totale. Mais le feuilleton précédant leur union a été médiatisé au plus haut point. Selon LH2-Libération, 75% des interviewés désapprouvent la surexposition de sa vie privée. Alors depuis que les sondages le malmènent, le chef de l’Etat change de stratégie.

Nicolas Sarkozy
(photo http://triselectif.blog.20minutes.fr

Il est beaucoup moins bavard avec les médias. Et a attaqué pour usage de faux le Nouvel Observateur qui prétendait qu’il avait envoyé un message à Cécilia ex-Sarkozy peu avant son mariage, lui disant «Si tu reviens, j’arrête tout ». Il a reculé sur la politisation des élections municipales prévues les 9 et 16 mars prochains et renoue avec la politique du terrain. Il multiplie les déplacements un peu partout en France et était encore jeudi à Noyelles-Godault, à Métaleurop, dans le nord, à la rencontre des ouvriers pour parler… pouvoir d’achat.

Mais ce revirement s’accompagne de dérapages au sein de l’UMP qui lui font de l’ombre. Dans la bataille pour le fauteuil de maire à Neuilly-sur-Seine - ville chic de banlieue parisienne qui a longtemps été dirigée par Nicolas Sarkozy - le Chef de l’Etat a dû revenir sur le parachutage de David Martinon, le porte-parole de l’Elysée. Celui-ci a été écarté par des dissidents de l’UMP, obligeant Nicolas Sarkozy à une sérieuse reculade.

Et la polémique enfle depuis mercredi suite à des propos tenus dans VSD par sa directrice de cabinet, Emmanuelle Mignon, qui aurait affirmé que « les sectes sont un non problème ». Propos qu’elle a ensuite démentis, en partie, nourrissant confusion et suspicions qui placent le chef de l’Etat dans une position bien inconfortable.

Starifié, glorifié, le chef de l’Etat a perdu de sa splendeur. Le temps où il faisait un jogging près de l’Elysée sous les caméras est révolu. Il semble être revenu à une pratique de la politique plus traditionnelle. Sans pour autant avoir répondu pour le moment, aux attentes de son électorat.

Matthieu Herault




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