TOUJOURS LA TAMBOUILLE AU PDDEB ?
Nous
avons reçu ce message par Internet sur une situation
qui serait condamnable si elle était vérifiée.
Nous publions donc l’écrit en espérant
que les autorités et le PDDEB auront à
cœur de vérifier les propos. Pour des raisons
évidentes, nous ne divulguerons pas le nom de
l’agent ni sa fonction.
«
Je voudrais vous informer sur quelque chose qui
s'est passé au secrétariat permanent du
PDDEB et qui est incroyable, à le dire, on croirait
à de l'amusement, et pourtant, c'est la vérité
et ils sont nombreux qui le déplorent.
Un agent du secrétariat permanent du PDDEB, signe
un ordre de mission avec la bâchée de service
bien remplie de carburant qu'il donne à son ami
étudiant afin qu'il voyage avec. Sur la route
aux environs de Koudougou, suite à un accident
de moteur, tout le moteur du véhicule se fracasse.
Mais cet agent en question est le bras droit du Secrétaire
permanent du PDDEB : il téléphone tout
simplement à un garage qui se trouve à
OUIDI qui va tracter le véhicule et procède
au remplacement du moteur à environ 700 000 f
CFA. Ca ce n'est pas normal du tout, et le ministre
de l'Enseignement de base et les autorités compétentes
devront voir cette affaire afin que des agents de l'Etat
ne se permettent quand même pas ces genres de
jeu car c'est l'argent du contribuable tout de même.
Précision : L'immatriculation de la bâchée
: 11 1284 BF
L'agent en question (…) avait été
recruté (…) sans test au PDDEB ».
La
Rédaction
COMMUNIQUE
DU B.E.N. DE L’UNDD
DU 23 FEVRIER 2008 SUR LA SITUATION NATIONALE
Sur
convocation de son président, Me Hermann Yaméogo,
le Bureau Exécutif National (BEN) s’est
retrouvé à son lieu habituel de réunion,
à Ouagadougou, le 23 Février 2008 à
partir de 18 H 00 autour d’un ordre du jour unique
: la situation nationale.
SITUATION NATIONALE
Le
BEN, après avoir échangé autour
de l’érosion du pouvoir d’achat intervenant
dans un contexte national marqué par l’échec
de la lutte contre la pauvreté, la corruption
grandissante, l’insécurité physique
et juridique structurante –sans parler du désespoir
né de la perte de confiance vis-à-vis
du processus démocratique-, a jugé qu’il
existait comme un trop-plein de frustrations ne cherchant
qu’une occasion pour déflagrer. Pour lui,
ces frustrations étaient d’autant plus
mûres que le pouvoir avait pris soin, élection
après élection, de concentrer entre ses
mains l’essentiel du pouvoir politique et économique,
de réduire à force de déstabilisations,
de fraudes et d’achats de conscience la plupart
des contre-pouvoirs politiques et de la société
civile, fermant de la sorte la porte au dialogue démocratique.
Ces contre-pouvoirs ainsi mis dans l’incapacité
de jouer convenablement leur rôle de représentation,
de critique, de pondération, les citoyens livrés
à eux-mêmes, ne pouvaient qu’être
acculés à de telles manifestations de
colère voire de rage pour leur survie.
Le BEN a dès lors posé la question du
partage des responsabilités face aux conséquences
dommageables de ces émeutes.
S’il regrette les violences et autres atteintes
aux biens privés et collectifs, il estime que
le pouvoir prévenu aurait dû prendre des
mesures de sauvegarde parce qu’il est le maître
d’œuvre de la politique économique
du pays. A ce titre, ses choix autant que les instruments
de leur mise en œuvre, auraient dû concourir
à la valorisation d’une politique sociale
efficiente qui tende à augmenter le revenu national,
à régulariser son flux et surtout à
améliorer sa répartition. Les émeutes
contre la vie chère, constate le BEN, sont la
preuve de déséquilibres qui n’existeraient
pas si le pouvoir avait une bonne politique de régulation
de la conjoncture. Manifestement, ce n’est pas
le cas avec la hausse des prix, la charge fiscale par
le bas, la stagnation des salaires…, qui contribuent
à la structuration de la pauvreté.
Les émeutes sont un révélateur
surpuissant de la mauvaise qualité de la gouvernance
que le parti ne cesse de dénoncer, un signe précurseur
indiscutable d’une grave crise de société
en marche, bref, un sérieux bémol à
la politique d’exhibition de la croissance positive,
consolidée et harmonisée du pouvoir.
Ce qu’il faut éviter de l’avis de
l’UNDD, c’est la fuite en avant, la tentation
de banaliser ces signaux en en imputant les causes aux
seuls commerçants.
Ce qu’il faut éviter, c’est l’encouragement
de la récupération du mécontentement
par des aventuriers politiques aux seules fins de noyautage.
Le BEN, à cet égard, a particulièrement
exprimé ses réserves par rapport à
tout calcul consistant à chauffer à blanc
le légitime ras le bol populaire dans l’unique
but de régler des comptes ou de « gicler
» quelques personnalités haut placées
alors qu’ici, ce qui est en jeu, c’est la
politique de réformes nécessaire qu’il
faut mettre en oeuvre, même si elle est mal vécue
par ceux qui ont construit jusqu’à présent
leurs richesses sur des passe-droits et le dos du peuple.
L’UNDD condamne avec fermeté tous les projets
de contre-manifestations en cours et cette espèce
de chasse aux sorcières qui se profile à
l’horizon et qui risque, si on n’y met pas
le holà (avec ce Numéro vert donné
par le ministre de la Sécurité aux fins
de dénonciation des meneurs) de conduire le pays
vers d’autres dérapages. Le parti exige
du pouvoir qu’au lieu de verser dans la provocation
et de jouer les fiers à bras, il opte pour la
maturité et le traitement à la base des
maux profonds qui expliquent ces émeutes plutôt
que ses épiphénomènes.
Pour ce faire, le parti demande en priorité la
libération immédiate de toutes les personnes
interpellées, des mesures adéquates et
urgentes pour doper la consommation en augmentant les
salaires et plus généralement, la redéfinition
d’une politique économique et fiscale reposant
sur des choix et des instruments privilégiant
le dialogue, une meilleure politique de transferts sociaux.
Pour le BEN en effet, ce qui est à proscrire,
ce sont les taxes sans sensibilisation qui ne concourent
dans leur finalité qu’à augmenter
la pression fiscale sur les masses laborieuses. Il en
va ainsi des taxes dites de développement communal
(en fait la patente déguisée et la nouvelle
taxe sur l’électricité) ; il en
va aussi de toutes celles qui annoncées selon
un échéancier officialisé, viendront
amoindrir encore plus le pouvoir d’achat des Burkinabé
d’en bas. Le parti réclame donc l’annulation
des taxes dites de développement qui tombent
on ne peut plus mal et qui risquent pour certaines d’entre
elles, si on les maintient, de connaître le sort
du port du casque. Pour autant, il n’est pas systématiquement
opposé à la prise de nouveaux impôts
: il préconise instamment qu’on sensibilise
préalablement les citoyens sur la situation réelle
du pays et sur les exigences de la prise de telles mesures.
Le parti demande particulièrement que le pouvoir
accompagne les efforts des populations en les payant
en retour de la transparence au niveau des comptes de
l’Etat. Il est vrai que, signe des temps, le FMI
et la Banque Mondiale menacent de ne pas reconduire
leurs programmes en raison des faiblesses de gestion
relevées particulièrement au niveau des
recettes fiscales, que cela provoque des frayeurs notamment
de la part du Directeur général des Douanes,
Ousmane Guiro, qui s’en est ouvert en ces termes
: «Si nous ne réussissons pas à
recouvrer ( ..) Il n’y aura pas de quoi payer
les fonctionnaires et financer les projets. Ce sera
la mort du Burkina ». Mais pour l’UNDD,
l’Etat n’a pu perdre à ce point toutes
ses marges qu’il ne puisse encore mettre en œuvre
une politique fiscale plus ajustée et plus acceptée.
Pourquoi en effet ne pas taxer davantage la consommation
de ceux qui concentrent le plus les richesses de ce
pays entre leurs mains : alcool, tabac, jeux de hasard,
véhicules de luxe… ? Non seulement il y
aurait des retombées intéressantes en
termes de recettes mais cela donnerait le sentiment
aux populations les moins favorisées qu’une
volonté de meilleure répartition de l’effort
national existe.
Jugeant cependant que le pire n’est peut-être
pas passé, l’UNDD a estimé par ailleurs
qu’il était temps de dire la vérité
au sujet de la production céréalière
puisqu’il n’est aujourd’hui jusqu’aux
autorités de l’UEMOA qui ne s’inquiètent
des propos apaisants de tous ces ministres de l’agriculture
de la sous région alors que la production céréalière
est loin d’être fameuse. Le parti pense
qu’il faut agir à ce niveau global et de
concert pour faire en sorte que la sécurité
alimentaire soit préservée.
Enfin et surtout, le BEN a exigé, comme il n’a
de cesse de le faire, un dialogue national refondateur
sans exclusive autour de toutes les questions intéressant
la gouvernance nationale.
Après
avoir abordé des points en divers, le BEN a clos
ses travaux à 20 h.
Ouagadougou, le 23 Février 2008
Pour le Bureau Exécutif National,
Le Président
Me
Hermann YAMEOGO