Mise à jour le 24/02/2008
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San Finna N°452 du 25 Février au 02 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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GOUVERNANCE APAISEE AU FASO
MME ANTOINETTE DINGA DZONDO BRISE LE CHARME TROMPEUR
On a fait état, comme étant l’évènement qui a marqué les premières Assises ordinaires 2008 du Cadre général d’organisation des appuis
budgétaires en soutien à la mise en œuvre du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CGAB-CSLP), la petite gueulante du ministre Jean-Baptiste Compaoré à propos des inquiétudes des partenaires techniques et financiers au sujet de la corruption, soulevées par la Représentante des partenaires techniques et financiers, Mme Antoinette Dinga Dzondo, Economiste à la BAD et Représentante Résidente de la Banque africaine de développement affectée au Burkina depuis 2006. En fait, le fait remarquable devait plutôt venir de la manifestation de cette inquiétude à une telle cérémonie.

En effet, il n’est pas coutumier qu’on tire les oreilles ou qu’on fasse des remarques au Burkina Faso par rapport à la bonne gouvernance. Tout a été mis en œuvre pour que la vitrine soit belle et que le pays soit cité en exemple aussi bien dans la conduite des affaires démocratiques qu’économiques et diplomatiques.

Rien n’a été négligé pour cela. Non seulement le travail a été bien fait au niveau des partenaires techniques et financiers, au niveau des médias mais on est allé jusqu’à se concilier ou s’aménager des structures qui, à intervalles réguliers, ne tarissent pas de satisfecits ou de certifications au sujet de la qualité de la gouvernance au pays des hommes intègres.

C’est vrai que depuis quelque temps, on commence à sentir des brèches dans le dispositif de protection et de promotion de l’image. Il y a eu ce fameux Rapport de Transparency International, ce classement du PNUD et autres remises en cause de la primauté accordée au Burkina Faso dans la conduite exemplaire de ses affaires nationales.

Mais tout cela ne semble pas avoir atteint le stade où une Représentante des partenaires techniques et financiers, qui plus est une dame, se permettrait en session d’interpeller le pouvoir burkinabé par rapport à la corruption. C’est pourquoi nous pensons qu’il est important de le relever avec cette appréciation qu’il n’est jamais trop tard de bien faire.

C’est vrai que pour des raisons multiples (mauvaise information, tolérance excessive, complicité), la tendance avait été au niveau de la coopération bilatérale comme multilatérale, à classer le Burkina Faso parmi les élèves modèles et à fermer les yeux sur toutes les dérives dénoncées par l’opposition au plan interne comme international.

Si aujourd’hui les partenaires techniques et financiers se rendent compte qu’ils en on trop fait et qu’ils veuillent remettre les pendules à l’heure, on peut penser qu’ils ont mis du temps pour se décider mais tout en leur reconnaissant le mérite de vouloir rattraper les choses. D’ailleurs, Mme Antoinette Dinga Dzondo a enveloppé son interrogation dans des termes si diplomatiques ( « .. il convient de noter que certaines mesures-clés de la matrice 2007 sont en retard et il est important d’accélérer leur mise en œuvre afin de ne pas compromettre le niveau des décaissements des appuis budgétaires. Dans le domaine de la corruption, le classement du Burkina nous interpelle tous ».) que l’on s’étonne de cette véritable réplique cinglante venue de son vis-à-vis

Jugez-en : «Nous avons engagé un plan d’action depuis tris ans pour lutter contre la corruption. S’il y a des indicateurs appliqués dans les pays voisins, donnez-les nous. Nous allons nous en inspirer. Nous devons tous jouer franc-jeu. Nous féliciter quand nous sommes sur place et nous critiquer une fois qu nous avons le dos tourné n’est pas aussi la meilleure des attitudes ».

S’il y a ici un carton rouge à délivrer, ce serait d’autant plus au ministre que les derniers évènements qui ont embarqué le Burkina Faso dans ce tourbillon d’émeutes, perlées dans plusieurs capitales provinciales, participe aussi de l’état d’avancement des dérives de la gouvernance nationale !

Alors, si madame Dzondo pouvait faire des émules, ça ne servirait pas seulement à remettre la gouvernance du Faso sur les rails mais à relever l’image des partenaires techniques et financiers qui ont trop longtemps couvert cette gouvernance au point de donner la grosse tête à nos gouvernants qui n’acceptent plus la moindre critique, ni venant des contre-pouvoirs nationaux ni de ceux qui leur accordent des subsides !

CY





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