Mise à jour le 02/03/2008
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San Finna N°453 du 03 au 09 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

CONFERENCE DE PRESSE DE RAM OUEDRAOGO
RENCONTRE INFORMELLE DE RAM OUEDRAOGO AVEC DES JOURNALISTES AUTOUR DE LA REFONDATION

En marge d’une déclaration signée par un groupe de partis politiques (L’autre Burkina / PSR, PARIS, PNR/JV, PSP, RDEBF, RDM, UDD, UNDD) sur la situation nationale et surtout sur les émeutes et manifestations contre la vie chère, le président du Rassemblement des écologistes du Burkina Faso a rencontré vendredi dernier des journalistes, pour faire part des avis du groupe et de la nécessité de la refondation de la gouvernance nationale.

C’est par une discussion sans protocole aucun que les journalistes et l’homme politique ont fait le tour de l’actualité, en passant en revue les tenants et aboutissants de l’actuelle crise qui secoue le pays.

Ram Ouédraogo et certains autres politiques parlent depuis un certain temps de refondation et Me Hermann Yaméogo surtout en a fait depuis un moment son cheval de bataille. De quelle refondation s’agit-il en fait ? C’est cette question qui a introduit les débats dans la salle de conférence de l’Espace Or.

Pour Ram Ouédraogo, il faut entendre par ce mot, le fait d’abord que les Burkinabé mesurent l’ampleur du déficit démocratique et l’ampleur de la crise de légitimité politique que nous avons. Ce dernier trouve que depuis le déclenchement du processus démocratique en 1991, les élections qui ont été organisées ont été bâclées et dénoncées. Il faut donc à son sens, s’asseoir et repenser tout le processus démocratique du début jusqu’à la fin, tout en conservant les acquis. Pour lui, rien ne va dans ce pays et la preuve a été faite, ces dernières semaines avec les émeutes, que le système est en faillite et dans l’incapacité de sécuriser les Burkinabé dans leur ensemble.

Le problème de l’absence de poids conséquents des contrepouvoirs a été évoqué. Selon Ram, le pouvoir a tout fait et il ne s’en est pas caché, pour qu’il n’y ait pas de contre-pouvoirs, pour tuer les opposants et les partis d’opposition notamment par des scissions provoquées et la remise en cause des réformes politiques de 2.000.

S’il y a selon lui un autre problème qui mine le pays et qui impose aussi une refondation, c’est ce qu’il nomme « la rupture de confiance entre les population et les gouvernant ». Ram Ouédraogo dénonce donc cette situation et déclare que le gouvernement doit démissionner pour qu’on passe à autre chose. «Personne n’a confiance aujourd’hui en ce régime, ni aux élections, ni aux hommes politiques si bien qu’il faut repenser les choses.». Par ces mots, le patron des écolos en appelle à un sursaut national pour que l’on se mette autour d’une table pour parler des problèmes du pays. Le premier des concernés dans cette affaire est bien le Chef de l’Etat Blaise Compaoré : « Il doit prendre la mesure de la situation, nettoyer autour de lui … convoquer tous les acteurs de la vie nationale pour parler de ce qui mine notre pays de nos jours.» Le pays est en crise, l’Assemblée nationale n’est pas représentative, les autres institutions aussi, la séparation des pouvoir n’est pas réelle… tout ça nécessite une refondation, précisera-t-il.

Les refondateurs ne risquent –t-il pas de se laisser tromper une seconde fois par Blaise Compaoré et son système ? Ram Ouédraogo pense qu’on ne piétine pas les c… d’un aveugle deux fois. Pour lui, en 2.000, il y a eu des garanties que les gens du CDP se sont arrangés pour brader par la suite. Une des garanties selon lui, c’était le Collège de Sages. A son avis, il y avait aussi des autorités morales, mais qui ont toutes démissionnées par la suite. Il arguera qu’ils ont tiré les leçons de 2.000 et qu’il ne dira pas tout de suite les propositions qu’ils ont dans leur aumônière.

La question de la vie chère est toute aussi liée aux dysfonctionnements de la gouvernance et de la nature des choix économiques de l’Etat ; « ils (NDLR : les gouvernants) disent qu’on est dans une économie libérale. Mais nous, nous savons que dans le système économique libéral, il y a la libre concurrence qui favorise les consommateurs parce que plus il y a la concurrence, plus les prix baissent. Comment comprendre que dans cette économie libérale, il y ait toujours des monopoles… ? » Pour lui, il y a vraiment des mesures très capitales à prendre surtout depuis le sommet de l’Etat à travers la réduction du train de vie de l’Etat, des impositions sur les grosses fortunes, la diminution des salaires des ministres, des émoluments des députés… pour résoudre la crise.

Sur la même question de résolution de la crise, l’écologiste pense que tant que les partis politiques ne seront pas assez forts pour canaliser les populations dans les situations du genre pour des accalmies, les crises ne peuvent que perdurer et entraîner de graves conséquences.

L’ancien ministre d’Etat dira que la dernière rencontre des hommes politiques et des membres du gouvernement est une bonne initiative mais n’est vraiment pas à prendre en considération. Il dit qu’aujourd’hui, l’interlocuteur principal des politiques doit être le Président. De toutes les façons, dira-t-il entre autres, « il a pris des initiatives de réformes que le premier Ministre était en train de mette en œuvre et qui peinent actuellement. S’il ne veut pas être interrogé demain sur ses échecs, il doit opérer une refondation. » Il ajoutera : « il faut en discuter profondément, voir ce qu’il faut réellement. « S’il pense qu’il doit dissoudre l’Assemblée, dégager son gouvernement… on en discutera et on arrêtera quelque chose pour le bien de la nation », a-il ajouté.

L’ambiance de cette rencontre était détendue et a permis aux journalistes présents de sentir que l’action de ces quelques partis politiques ne s’arrêtera pas prématurément. De toutes les façons, il n’est point besoin d’être un devin pour savoir que les choses ne vont plus au Faso et que sans un élan patriotique de tous, le pays va sombrer dans le néant.

Bala Sibiri


TRAFIC DE DROGUE
4 KILOS DE COCAÏNE DANS LE VENTRE DE PASSEURS NIGERIANS
A L’AEROPORT DE OUAGADOUGOU

Dans la journée du 21 février 2008, le Commissaire T. Dabiré de l’Aéroport international de Ouagadougou, appréhendait des Nigérians en transit pour détention illicite de drogue ; seulement guidé, semble-t-il par son flair, parce que sans moyen de détection approprié, le Commissaire procédera à l’interpellation des suspects.

Le 21 février 2008, en interpellant et en procédant à une radiographie à l’hôpital Yalgado Ouédraogo des suspects nigérians, le Commissaire et ses hommes étaient loin de penser qu’ils allaient trouver dans leurs estomacs, de la cocaïne. Une prise estimée à 4 kg que ceux-ci tentaient de faire passer en Europe.

Il semble qu’ils seraient détenus à la Direction de la police des mœurs et des stupéfiants en collaboration avec Interpol puisque c’est un réseau qui opère dans la sous région.

Et quand nous insistons pour avoir quelques indiscrétions du Commissaire, celui-ci nous renvoie à une éventuelle conférence de presse avec le Réseau de journalistes qui agit dans le domaine. Nous ne pourrons donc en dire davantage.

S’il est vrai que ce Réseau peut constituer un relais fiable quant à la lutte contre la drogue dans notre pays, son existence ne peut pas constituer un frein ou une entrave à la recherche de l’information des organes ou des journalistes non membres de cette structure. La recherche de l’information d’un organe de presse ne peut pas être suspendue dans l’attente d’une conférence de presse parce que les responsables du réseau sont en province !

Aristide Ouédraogo





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