EMEUTES
AU FASO
APRES L’ALERTE, QUE FAIRE ?
Les
évènements qu’on a vécus
sont sérieux. Sérieux parce qu’au-delà
de la crise intéressant la cherté de
la vie, il y a de multiples revendications, notamment
politiques.
L’attaque
contre la statue de Blaise et Kadhafi à
Bobo, contre les insignes et les marques de
l’Etat, du CDP, contre les tentatives
d’attaque des sièges du parti majoritaire,
le slogan «Tertius Zongo, démission
», et plus encore «Libérez
le pays ! », en sont quelques signes,
s’il en était besoin. Le mal est
profond. Il |
Siège
de la MABUCIG après les émeutes
|
traduit,
on le sait, des dysfonctionnements graves dans
l’espace majoritaire mais aussi dans l’espace
national. Que faire surtout qu’on a été
prévenu par des mises en garde de certains
opposants mais aussi par les répétitions
qu’ont été les émeutes
à l’occasion de cette affaire des
casques, de celles des Kunde et surtout des
militaires en colère ?
|
Pour les uns, il ne faut rien faire, sauf à
laisser les choses aller à leur terme : le
pouvoir, disent-ils, est vacant. La multiplication
des manifestations, des actes de violence, amènera
bien l’armée à tirer la conclusion.
Ailleurs, ça s’est passé comme
ça, notamment en Côte d’Ivoire.
La répétition est possible au Burkina
Faso.
Pour
d’autres, il faut user dans le lot des
expériences nationales, la solution.
En 1974, Sangoulé Lamizana a fait face
à une crise à peu près
de même nature : il a choisi de se faire
un coup de Palais. |
Pour
d’autres encore, c’est seulement
le gouvernement qu’il faut remanier avec
une petite dose d’ouverture, pour calmer
quelques affamés.
Mais d’aucuns estiment que ça ne
suffirait pas et qu’il faut aller jusqu’à
la dissolution de l’Assemblée. |
Résidence
Aziz après les émeutes
|
On en trouve aussi qui voient la solution dans la
décision patriotique de Blaise Compaoré
de démissionner.
On en trouve par ailleurs qui, entre la solution extrême
du coup d’Etat et celle de se limiter aux réajustements
au niveau des institutions, demandent d’oser
s’asseoir pour réévaluer tout
le processus démocratique, la gouvernance dans
son entièreté afin de recharger les
accus pour repartir sur des bases plus saines, bref
la Refondation.
Au menu des solutions, on peut dire que la carte est
bien garnie, sauf qu’il y en a aussi qui disent
que partisan de la moindre décision, Blaise
Compaoré pourrait aussi décider, encore
une fois, de laisser faire ou alors de prendre le
risque de s’en remettre aux Tantis, Tontons
et autres ABC constitués maintenant en holding
pour des marches de soutien
On ne peut pas dire que les uns et les autres n’aient
pas clairement de solutions urgentes à prendre
pour sortir de l’impasse dans laquelle on s’enfonce
chaque jour davantage !
VT
COMMUNIQUE
DU CONSEIL SUPERIEUR DE LA COMMUNICATION (CSC) A L’ATTENTION
DE TOUS LES DIRECTEURS DES ORGANES DE PRESSE ECRITE
ET AUDIOVISUELLE
«
Le Conseil supérieur de la communication
constate que le contexte national marqué ces
derniers temps par des manifestations de rue sur la
vie chère, donne lieu à des dérives
dans le traitement de l’information singulièrement
à travers des émissions d’expression
directe ou des micro-trottoirs. Le Conseil supérieur
de la communication, par la présente, appelle
votre attention sur la nécessité d’observer
la plus grande rigueur professionnelle dans le traitement
de l’information, afin que vos colonnes ou antennes
ne soient le cadre de dérives susceptibles,
en cette période sensible, de mettre en péril
la sérénité indispensable à
la paix sociale. Le Conseil ne saurait tolérer
la publication d’articles ou la diffusion de
propos et d’images portant atteinte à
la loi, à l’éthique et à
la déontologie ».
Pour
le Conseil, Le président, Luc Adolphe TIAO