Mise à jour le 02/03/2008
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San Finna N°453 du 03 au 09 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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EMEUTES AU FASO
APRES L’ALERTE, QUE FAIRE ?

Les évènements qu’on a vécus sont sérieux. Sérieux parce qu’au-delà de la crise intéressant la cherté de la vie, il y a de multiples revendications, notamment politiques.

L’attaque contre la statue de Blaise et Kadhafi à Bobo, contre les insignes et les marques de l’Etat, du CDP, contre les tentatives d’attaque des sièges du parti majoritaire, le slogan «Tertius Zongo, démission », et plus encore «Libérez le pays ! », en sont quelques signes, s’il en était besoin. Le mal est profond. Il

Siège de la MABUCIG après les émeutes
traduit, on le sait, des dysfonctionnements graves dans l’espace majoritaire mais aussi dans l’espace national. Que faire surtout qu’on a été prévenu par des mises en garde de certains opposants mais aussi par les répétitions qu’ont été les émeutes à l’occasion de cette affaire des casques, de celles des Kunde et surtout des militaires en colère ?


Pour les uns, il ne faut rien faire, sauf à laisser les choses aller à leur terme : le pouvoir, disent-ils, est vacant. La multiplication des manifestations, des actes de violence, amènera bien l’armée à tirer la conclusion. Ailleurs, ça s’est passé comme ça, notamment en Côte d’Ivoire. La répétition est possible au Burkina Faso.

Pour d’autres, il faut user dans le lot des expériences nationales, la solution. En 1974, Sangoulé Lamizana a fait face à une crise à peu près de même nature : il a choisi de se faire un coup de Palais.
Pour d’autres encore, c’est seulement le gouvernement qu’il faut remanier avec une petite dose d’ouverture, pour calmer quelques affamés.

Mais d’aucuns estiment que ça ne suffirait pas et qu’il faut aller jusqu’à la dissolution de l’Assemblée.

Résidence Aziz après les émeutes


On en trouve aussi qui voient la solution dans la décision patriotique de Blaise Compaoré de démissionner.

On en trouve par ailleurs qui, entre la solution extrême du coup d’Etat et celle de se limiter aux réajustements au niveau des institutions, demandent d’oser s’asseoir pour réévaluer tout le processus démocratique, la gouvernance dans son entièreté afin de recharger les accus pour repartir sur des bases plus saines, bref la Refondation.

Au menu des solutions, on peut dire que la carte est bien garnie, sauf qu’il y en a aussi qui disent que partisan de la moindre décision, Blaise Compaoré pourrait aussi décider, encore une fois, de laisser faire ou alors de prendre le risque de s’en remettre aux Tantis, Tontons et autres ABC constitués maintenant en holding pour des marches de soutien

On ne peut pas dire que les uns et les autres n’aient pas clairement de solutions urgentes à prendre pour sortir de l’impasse dans laquelle on s’enfonce chaque jour davantage !

VT


COMMUNIQUE DU CONSEIL SUPERIEUR DE LA COMMUNICATION (CSC) A L’ATTENTION DE TOUS LES DIRECTEURS DES ORGANES DE PRESSE ECRITE ET AUDIOVISUELLE

« Le Conseil supérieur de la communication constate que le contexte national marqué ces derniers temps par des manifestations de rue sur la vie chère, donne lieu à des dérives dans le traitement de l’information singulièrement à travers des émissions d’expression directe ou des micro-trottoirs. Le Conseil supérieur de la communication, par la présente, appelle votre attention sur la nécessité d’observer la plus grande rigueur professionnelle dans le traitement de l’information, afin que vos colonnes ou antennes ne soient le cadre de dérives susceptibles, en cette période sensible, de mettre en péril la sérénité indispensable à la paix sociale. Le Conseil ne saurait tolérer la publication d’articles ou la diffusion de propos et d’images portant atteinte à la loi, à l’éthique et à la déontologie ».

Pour le Conseil, Le président, Luc Adolphe TIAO





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