| LES
ELECTIONS DEVAIENT COUTE QUE COUTE SE TENIR
Aux
esprits chagrins qui n’arrêtent pas
de moquer les élections en Russie et de soutenir
qu’on aurait pu s’en passer, il faut
leur dire qu’ils se trompent ! La Russie -sans
Vladimir Poutine- n’aurait pas pu sortir à
si bon compte de la dislocation de l’Union
soviétique. Il a su garder au pays, l’essentiel
de ses potentialités et il a préservé
intacte, sa dignité. Sur le plan économique,
on ne peut pas lui contester d’avoir réussi,
en dépit de bien de circonstances contraires,
à booster l’économie du pays
et à le maintenir au rang de super-puissance.
On a pu voir récemment un reportage dans
un village du fin fond de la Russie : il ne fallait
pas voir les gens parler de l’amélioration
de leurs conditions de vie et prier pour que Poutine
reste d’une manière ou d’une
autre, à la tête du pays ! On les sentait
sincères, vraiment ! Au plan de la démocratie,
on ne peut pas dire que Moscou en est la Mecque,
mais tout de même : pour un pays qui sort
de tant d’années de communisme, c’est
rien moins qu’une révolution à
rebours qui s’y produit. Alors, donnons aux
Russes le temps de mettre les choses en place. Les
élections qui s’y sont déroulées
le 01 mars dernier, au regard de la fragilité
des marques démocratiques du pays, doivent
être encouragées. Il existe bien de
républiques bananières en Afrique
où les consultations se déroulent
dans les mêmes conditions, souvent même
pire qu’en Russie sans pour autant provoquer
de levées de boucliers. Qu’on aille
un peu voir en Tunisie, au Tchad, au Gabon, en Centrafrique...,
comment les choses se passent et l’on comprendra
pourquoi les Russes s’offusquent du comportement
des pays occidentaux prompts à les condamner
pour déficit démocratique alors qu’ils
ne tarissent pas d’éloges et de soutiens
pour ces républiques bananières. De
toutes les façons, la situation d’un
Poutine est loin d’être comparable à
celle d’un Biya, d’un Déby ou
d’un Bozizé : personne ne conteste
qu’il fait quasiment l’objet d’un
culte dans son pays. Alors, on ne peut pas prétendre
que c’est parce qu’il courrait le risque
de perdre les élections que les standards
électoraux n’auraient pas été
tout à fait respectés qu’il
aurait pris des libertés avec la loi. Les
Russes ont voté, et si le choix sorti des
urnes ne correspondait pas à leur attente,
ils le manifesteraient dans les rues. Il n’appartient
pas aux seuls Kenyans, Camerounais de savoir défendre
au péril de leurs vies, leur liberté
!
TOMI. |
LES
ELECTIONS NE DEVAIENT PAS AVOIR LIEU
C’est
un triste spectacle que celui qu’on a vu pendant
la campagne électorale en Russie : il n’y
a même pas eu de compétition. Assuré
d’être élu pour avoir obtenu
que ses adversaires soient réduits à
l’inaction (sauf 3 d’entre eux, histoire
de faire bonne mesure), le candidat Dmitri Medvedev,
poulain de Poutine, est sûr et certain de
gagner. Il se permettra même de dire qu’il
n’avait pas de temps à perdre en allant
battre campagne. Le sens des élections, c’est
la compétition, la contradiction. Tout cela
aura manqué pour l’élection
présidentielle en Russie alors que la plupart
des candidats n’ont même pas eu l’opportunité
de se présenter eu égard aux conditions
dissuasives adoptées à cet effet.
Ceux qui sont passés au travers des mailles
n’ont même eu l’occasion de participer
à des débats. C’est une élection
pour rien. On aurait pu en faire l’économie
et consacrer ces sommes dépensées
en pure perte pour construire des hospices, des
hôpitaux, des écoles, lutter contre
la délinquance. Cette élection, tenue
dans ces conditions, est une insulte pour la démocratie,
et les pays qui ont foi en la démocratie
devraient avoir le courage de la dénoncer
sans ménagement. L'ancien champion du monde
d'échecs Garry Kasparov -qui a retiré
sa candidature- et ses alliés, ont remis
à la commission électorale centrale
une pétition qualifiant l'élection
de "farce". Pour eux, il est important
qu "Il existe encore des personnes qui pensent
que cette élection est une farce ».
Poutine, finalement, gouverne son pays comme l’ont
fait avant lui les Tsars de l’Empire comme
du régime communiste et se passer d’élections
ne lui auraient pas créé de problèmes,
lui qui peut jouer avec les institutions, trouver
les moyens de se perpétuer au pouvoir sans
qu’on ne trouve rien à y redire. Alors,
il eût mieux valu, par honnêteté,
pour ne pas faire mélange de genre, de confusion
inutile, ne pas tenir ces élections. En le
faisant, un mauvais service a été
rendu non seulement à la Russie mais au monde
entier. Il ne faut pas s’étonner si
demain, en Afrique par exemple, on invoquait la
jurisprudence Poutine pour continuer à fouler
au pied les principes de la démocratie.
TOZI.
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